Le pire scénario imaginable est peut-être en train de se dessiner pour les frères Xhekaj. Pendant des années, Arber et Florian représentaient une identité que les partisans adoraient : deux joueurs prêts à tout sacrifier pour protéger leurs coéquipiers, imposer le respect et changer le ton d’un match.
Aujourd’hui, cette identité semble de moins en moins correspondre à la vision du Canadien de Montréal. Arber est toujours sans contrat, son nom circule dans les rumeurs de transaction et Jeff Marek affirme ouvertement que le CH considère la possibilité de l’échanger.
De passage au DFO Rundown, le journaliste a été directement questionné à savoir si le Canadien envisageait sérieusement d’échanger Arber Xhekaj. Sa réponse n’a laissé place à aucune ambiguïté : selon lui, oui, cette possibilité est bel et bien étudiée à l’interne.
Arber est toujours sans contrat, le camp d’entraînement approche à grands pas et aucune entente n’a encore été annoncée.
Pendant ce temps, la congestion à la ligne bleue devient presque ingérable. Lane Hutson, Kaiden Guhle, Mike Matheson, Noah Dobson, Alexandre Carrier, David Reinbacher, Jayden Struble, Adam Engström, Owen Protz… il n’y aura tout simplement pas de place pour tout le monde.
Lorsqu’un joueur demeure sans contrat alors que les rumeurs de transaction s’intensifient, difficile de ne pas établir un lien entre les deux.
Plus les jours passent, plus Arber Xhekaj ressemble à un actif que le Canadien pourrait utiliser pour régler d’autres besoins, plutôt qu’à un défenseur faisant partie du noyau intouchable.
Pendant ce temps, Florian attend toujours sa véritable chance dans la LNH. Plus inquiétant encore, les décisions prises par Kent Hughes et Martin St-Louis donnent l’impression que l’organisation prépare déjà l’après-Xhekaj. Ce n’est plus seulement l’avenir d’Arber qui est remis en question. C’est celui des deux frères.
Le message envoyé cet été est difficile à ignorer. D’un côté, le Canadien multiplie les démarches pour ajouter des joueurs plus imposants, plus complets et plus polyvalents.
De l’autre, il repêche Gleb Pugachyov au premier tour, un joueur que Martin Lapointe qualifie carrément de « licorne », un qualificatif que Nick Bobrov utilisait pourtant pour Florian Xhekaj il n’y a pas si longtemps.
Pugachyov est déjà présenté comme un futur ailier de puissance capable de jouer avec Ivan Demidov et Alexander Zharovsky. Le Canadien ne parle pas de lui comme d’un simple joueur de soutien.
On le projette déjà dans le futur noyau offensif de l’organisation. Pour Florian, c’est un avertissement brutal. Le rôle qui semblait lui être réservé ne lui appartient plus.
Le scénario devient encore plus cruel si Arber quitte réellement Montréal. Plusieurs partisans avancent déjà que Florian pourrait éventuellement reprendre le rôle de son frère, devenir le nouveau joueur de caractère de l’organisation et conserver l’identité des Xhekaj au sein du Canadien.
Mais cette théorie tient de moins en moins la route. Si Martin St-Louis ne fait déjà pas confiance à Arber malgré son expérience dans la LNH, pourquoi ferait-il soudainement davantage confiance à Florian, un attaquant qui n’a toujours pas disputé une saison complète dans le circuit Bettman?
Au contraire, tout indique que l’entraîneur privilégie des joueurs capables d’apporter de la robustesse sans sacrifier la vitesse, la lecture du jeu et l’exécution. Plus le temps passe, plus les frères Xhekaj semblent appartenir à une philosophie que l’organisation tente justement de laisser derrière elle.
Voilà pourquoi plusieurs commencent à parler d’un véritable calvaire pour la famille Xhekaj. Imaginez le scénario. Arber, toujours sans contrat, est échangé dans les prochaines semaines ou au cours de la saison.
Florian demeure coincé à Laval, puis voit son chemin vers Montréal complètement bloqué par l’arrivée de Pugachyov, de Michael Hage, d’Alexander Zharovsky et des autres jeunes qui poussent derrière.
Quelques mois plus tard, Florian devient lui aussi un dossier incertain. Celui qui devait suivre les traces de son frère pourrait finalement être forcé de poursuivre sa carrière ailleurs.
Ce serait le pire dénouement possible pour deux joueurs qui ont tout donné à cette organisation et qui sont devenus immensément populaires auprès des partisans.
Plusieurs verront dans ce scénario le rêve absolu de Martin St-Louis. Depuis son arrivée derrière le banc, l’entraîneur n’a jamais caché sa préférence pour un hockey basé sur la vitesse, la possession de rondelle et l’intelligence plutôt que sur l’intimidation physique.
Les occasions accordées à Arber ont diminué, Florian n’a jamais obtenu la chance que plusieurs réclamaient et, pendant ce temps, le Canadien construit tranquillement un bassin d’espoirs composé de gros joueurs capables d’offrir beaucoup plus que de la robustesse.
Si Arber quitte et que Florian finit lui aussi par partir, il ne restera pratiquement plus rien de cette identité qui avait pourtant conquis le Centre Bell. Pour les amateurs des frères Xhekaj, difficile d’imaginer un scénario plus douloureux.
Pour Martin St-Louis, plusieurs auront l’impression que sa vision du hockey aura finalement complètement gagné.
