Jeff Gorton protège Josh Anderson, mais laisse Arber Xhekaj dans le vide?
Ouch.
Si vous écoutez la série « La reconstruction » sur Crave, vous réalisez que Jeff Gorton est le vrai DG de cette équipe.
Il prend tellement de place, alors que Kent Hughes se cache.
C'est à se demander si c'est Jeff Gorton qui veut échanger le shérif et non Hughes.
Juste avant Noël, dans un match à Boston, il y avait de l’émotion dans l’air. Le Canadien avait besoin de quelqu’un pour mettre un peu de feu dans le match et Josh Anderson a pris les choses en main en jetant les gants pour son club... contre le monstre Tanner Jeannot.
Il l’a fait au début de la rencontre, et les caméras de Crave, installées directement dans la loge des patrons du Canadien, ont capté une discussion cinglante entre Jeff Gorton, Kent Hughes et John Sedgwick.
Gorton regarde Anderson se battre et lance simplement :
« C’est pour ça qu’on n’échangera jamais Andy. »
Kent Hughes répond :
« Mets-en. »
Voilà.
Deux petites phrases qui en disent énormément sur la façon dont Gorton considère Josh Anderson. Faire cette déclaration dans le feu de l’action, alors que l’adrénaline était élevée et qu’Anderson venait de défendre ses coéquipiers, veut tout dire.
Anderson ne sera jamais échangé, même si son contrat se termine cet été.
Mais il demeure quelque chose de très important dans cette séquence : Gorton a spontanément identifié une qualité d’Anderson comme une raison pour laquelle il ne voudrait pas le perdre.
Et maintenant, regardez ce qui se passe avec Arber Xhekaj.
C’est pratiquement l’inverse.
Xhekaj possède exactement le genre de profil physique que Gorton dit apprécier. Un défenseur de 6 pieds 4 pouces, extrêmement robuste, capable de jeter les gants, de protéger ses coéquipiers et de faire réfléchir l’adversaire avant de s’en prendre à une vedette du Canadien.
Il représente précisément le type de joueur qui peut apporter une dimension différente à une équipe. Pourtant, dans « La reconstruction », on ne voit pas Gorton tenir un discours semblable à son endroit.
On ne l’entend pas dire qu’on n’échangera jamais Xhekaj.
On ne l’entend pas expliquer pourquoi il veut absolument le conserver.
On ne l’entend pas le protéger publiquement.
Pire encore, plusieurs séquences impliquant Xhekaj ont été coupées ou ne montrent qu’une partie de ce qui s’est réellement passé.
Il existe notamment des moments où Martin St-Louis s’en prend verbalement au défenseur, mais selon nos informations, le CH a fait exprès de les couper au montage pour ne pas se mettre la population à dos.
Mais lorsqu’on met tout ça ensemble avec le fait que Xhekaj est encore sans contrat, le malaise devient difficile à ignorer.
Surtout que Xhekaj, lui, s'est fait corriger par Jeannot:
Ouch.
Arber Xhekaj est toujours sans entente avec le Canadien et les rumeurs de transaction explosent. Lorsque le président hockey parle ouvertement de l’importance d’un joueur comme Josh Anderson en raison de sa capacité à se battre et à défendre son équipe, mais qu’il ne tient aucun discours similaire concernant Xhekaj, il est parfaitement légitime de se demander si le président veut s'en débarrasser au plus vite.
C’est là que ça commence à puer pour Xhekaj.
Parce qu’il ne faudrait surtout pas se raconter d’histoires : le Canadien sait exactement ce qu’il possède avec Arber Xhekaj.
Ce n’est pas comme si Hughes et Gorton découvraient aujourd’hui qu’il est gros, robuste et capable de jouer avec une agressivité que peu de défenseurs de l’organisation peuvent reproduire. Ils savent aussi que le hockey des séries éliminatoires devient plus physique, que les rivalités de section sont difficiles et qu’un joueur capable de répondre à la robustesse adverse peut devenir extrêmement précieux.
Gorton l’a lui-même démontré avec Anderson.
Lorsque Tanner Jeannot s’est retrouvé devant Anderson durant la série, Anderson a accepté le combat. Lorsqu’un joueur comme Tom Wilson représentait une menace en 2025, Anderson était l’un des rares joueurs du Canadien capables d’aller danser avec lui.
C’est précisément cette dimension que Gorton semble valoriser chez Anderson. Alors pourquoi cette même logique ne semble-t-elle pas protéger Xhekaj?
C’est la question qui dérange.
Et elle dérange encore davantage lorsque l’on considère que Xhekaj est beaucoup plus jeune qu’Anderson et qu’il représente théoriquement une solution à long terme plutôt qu’un vétéran en fin de parcours.
Xhekaj, lui, devrait encore être en train de développer son jeu, d’apprendre à gérer son agressivité, d’améliorer ses décisions avec la rondelle et de devenir un défenseur plus complet. Si le Canadien croit réellement qu’il peut devenir ce joueur-là, pourquoi ne pas le dire?
Pourquoi laisser Martin St-Louis le méprise comme un moins que rien?
Car le Canadien possède maintenant plusieurs jeunes défenseurs qui poussent derrière lui. Owen Protz représente notamment un défenseur robuste qui gagne du terrain dans l’organisation. On le surnomme même le futur shérif.
D’autres jeunes joueurs veulent également obtenir une place. Adam Engström et David Reinbacher sont de loin plus talentueux que Xhekaj.
Qui protège Arber Xhekaj?
Kent Hughes? Il n'est pas le vrai DG.
Martin St-Louis? Il méprise le shérif.
Jeff Gorton? Il l'ignore.
Ça sent la fin.
Ça pue la fin.
