La vidéo de trop pour Cole Caufield: le pire timing de l'histoire

La vidéo de trop pour Cole Caufield: le pire timing de l'histoire

David Garel
Le 2026-06-05

La vidéo est adorable.

Nick Suzuki qui surprend Cole Caufield avec son trophée Lady Byng. Cole Caufield qui lui remet ensuite le trophée Selke. Deux meilleurs amis qui célèbrent ensemble deux accomplissements historiques pour les Canadiens de Montréal.

Sur les réseaux sociaux, les partisans ont craqué.

On doit l'avouer: c’est difficile de ne pas sourire en regardant les images.

Mais le problème, c’est que la LNH n’est pas une ligue de vidéos adorables.

La LNH est une ligue où les séries éliminatoires définissent les joueurs.

Et c’est là que les deux trophées racontent des histoires complètement différentes. Disons que c'est le meilleur timing pour Nick Suzuki... et le pire pour Cole Caufield...

Commençons par Nick Suzuki.

Dans son cas, il n’y a absolument aucune controverse.

Le capitaine des Canadiens de Montréal vient de réaliser l’une des saisons les plus impressionnantes de l’histoire récente de l’organisation.

101 points.

72 passes.

Un différentiel de +37.

Près de 21 minutes de jeu par rencontre.

Les meilleurs trios adverses à chaque soir.

Les unités spéciales.

Les mises au jeu importantes.

Les dernières minutes d’un match serré.

Suzuki faisait tout.

Et il le faisait contre les meilleurs joueurs de la planète.

Pendant des années, les journalistes ont refusé de le placer parmi l’élite de la LNH. On disait qu’il était un excellent premier centre, mais pas un véritable joueur de concession. On disait qu’il manquait un peu de vitesse. Un peu de dynamisme. Un peu de spectaculaire.

Cette saison a détruit ce discours.

Le vote du trophée Selke le démontre d’ailleurs parfaitement.

Suzuki a récolté 151 votes de première place sur 198 possibles.

Une domination.

Une véritable démolition.

Les journalistes de la PHWA n’ont laissé aucune place au doute.

Le capitaine des Canadiens de Montréal est aujourd’hui reconnu comme le meilleur attaquant défensif de toute la LNH.

Quand on regarde l’histoire de l’organisation, c’est énorme.

Avant lui, seuls Bob Gainey et Guy Carbonneau avaient réussi cet exploit sous les couleurs des Canadiens de Montréal.

Voilà la compagnie dans laquelle se retrouve maintenant Suzuki.

Patrice Bergeron, Anze Kopitar, Jonathan Toews...

Des légendes absolues de l’histoire du club.

Cette récompense est méritée de A à Z.

Personne ne peut sérieusement la remettre en question.

Pour Cole Caufield, par contre, l’histoire est beaucoup plus compliquée.

Parce que oui, sa saison régulière était extraordinaire.

51 buts.

88 points.

Deuxième meilleur buteur de toute la LNH.

Seulement 14 minutes de pénalité.

Le premier joueur des Canadiens de Montréal depuis Stéphane Richer à franchir le plateau des 50 buts.

Sur papier, son trophée Lady Byng est parfaitement logique.

Il représente exactement ce que ce trophée récompense depuis des décennies : un joueur offensivement dominant qui accumule très peu de pénalités.

Mais le timing est brutal.

Parce que cette récompense arrive exactement au moment où Caufield s'est fait démolir publiquement pour son jeu en séries éliminatoires.

Depuis plusieurs semaines, les critiques s’accumulent. Et l'élimination du CH a fait exploser la colère du Québec.

On le trouve discret.

On le trouve effacé.

On lui reproche d’éviter les contacts.

Maxim Lapierre a même remis son niveau d’engagement en question publiquement.

Et soudainement, alors que cette tempête médiatique fait rage, la LNH lui remet le trophée du gentleman.

Disons que les blagues s’écrivent toutes seules.

Parce que dans l’esprit de plusieurs partisans, le Lady Byng demeure injustement associé à une image de douceur.

Une image de joueur qui ne dérange personne.

Une image de joueur qui évite les confrontations.

Ce n’est pas nécessairement la réalité.

Des joueurs comme Martin St-Louis, Wayne Gretzky et Pavel Datsyuk ont remporté ce trophée.

Personne ne va prétendre qu’ils n’étaient pas des compétiteurs féroces.

Mais dans le contexte actuel entourant Caufield, l’optique est terrible.

Au moment où il tente justement de convaincre les sceptiques qu’il est capable de survivre au hockey des séries, voilà qu’il reçoit officiellement le trophée qui nourrit exactement les critiques lancées contre lui.

Évidemment, il serait ridicule de réduire sa saison à cette perception.

Marquer 51 buts dans la LNH demeure un exploit exceptionnel.

Le trophée est mérité.

La saison est remarquable.

Mais les séries éliminatoires changent toujours la conversation.

Et aujourd’hui, malgré son Lady Byng, malgré ses 51 buts et malgré ses 88 points, une partie importante des partisans ne retient qu’une seule chose.

Ils veulent voir un Cole Caufield plus difficile à affronter lorsque les matchs deviennent plus physiques.

Ils veulent voir un joueur capable de résister quand l’espace disparaît.

Ils veulent voir un attaquant qui trouve une façon d’imposer sa présence même lorsque les arbitres rangent leur sifflet.

C’est injuste.

Mais c’est la réalité du hockey.

Voilà pourquoi cette vidéo entre Suzuki et Caufield est belle... mais malaisante...

Elle montre deux amis qui célèbrent des accomplissements extraordinaires.

Mais elle montre aussi deux joueurs qui arrivent aujourd’hui à des étapes très différentes de leur parcours.

Suzuki n’a plus rien à prouver.

Le Selke vient confirmer officiellement ce que tout le monde voyait déjà.

Caufield, lui, vient de gagner un trophée prestigieux.

Et malgré tout, il devra encore convaincre plusieurs personnes que son impact peut suivre lorsque les séries éliminatoires commencent.

Ouch.

C’est la partie la plus cruelle de toute cette histoire.