Sean Coffey n’a pas besoin qu’on lui rappelle le nom de Kent Hughes.
Le dossier Jacob Fowler avait déjà créé une véritable tension entre le clan du jeune gardien et le Canadien avant même que Fowler signe son premier contrat professionnel. Et aujourd’hui, alors que Montréal doit encore décider quoi faire avec son jeune prodige, cette vieille histoire revient à la surface.
En avril 2025, Fowler voulait accélérer les choses. Après une saison exceptionnelle à Boston College, il croyait être prêt pour la LNH. Son entourage voulait profiter de la situation devant le filet à Montréal et souhaitait que Fowler signe immédiatement son contrat d’entrée afin de commencer à brûler une année, comme Lane Hutson l’avait fait l’année précédente.
Kent Hughes a refusé.
Le directeur général ne voulait pas brûler une année du contrat de Fowler simplement pour lui faire disputer quelques matchs.
Fowler a donc signé un contrat d’essai professionnel avec le Rocket pour terminer la saison, puis son véritable contrat d’entrée a commencé en 2025-26. Le Canadien a officiellement annoncé son entente de trois ans le 4 avril 2025.
Cette décision avait même ouvert la porte à un scénario qui avait fait trembler Montréal : le clan Fowler avait laissé planer la possibilité d’un retour à Boston College.
Finalement, Fowler a rejoint Laval.
Hughes avait gagné cette première bataille.
Mais le dossier n’était pas terminé.
Lorsqu’un jeune gardien considéré comme un futur numéro un arrive avec un agent comme Sean Coffey, chaque détail du premier contrat compte. Et le contrat finalement signé par Fowler est loin d’être un contrat qui lui garantit une fortune immédiate.
Son salaire de base était de 775 000 $ pour la première année, puis 855 000 $ et 900 000 $ pour les deux suivantes. Il reçoit également 95 000 $ de boni de signature chaque saison.
Les bonis de performance de niveau A peuvent atteindre 500 000 $ lors des deux dernières années.
Sur papier, ça peut paraître intéressant.
Mais regardons les critères.
Fowler doit atteindre 1 800 minutes, obtenir au moins 20 victoires ou atteindre certains seuils statistiques parmi les gardiens de la LNH, en plus d’autres possibilités comme une sélection à l’équipe des recrues ou au Match des étoiles.
Ce ne sont pas des bonis faciles à aller chercher pour un jeune gardien qui doit encore gagner sa place.
Qui deviennent impossibles s’il est à Laval.
Et c’est là que l’histoire devient tendue comme jamais.
Fowler n’est plus le jeune universitaire qui attend son premier contrat.
Il a maintenant joué dans la LNH.
Il a gagné des matchs avec Montréal.
Il a joué en séries.
Il a montré qu’il pouvait appartenir à cet environnement.
Et pourtant, quelques mois après avoir goûté à la LNH, il se retrouve encore au centre d’une bataille qui oppose essentiellement son désir de jouer aux contraintes de l’organisation.
On prend Sam Montembeault en pitié… et on punit Fowler…
Cette fois, le problème n’est même plus le contrat.
C’est le respect.
Du moins, c’est exactement la perception toxique que cette situation est en train de créer dans l’entourage du joueur.
Fowler regarde son parcours et voit une chose : Montréal lui a demandé d’attendre en 2025, puis lui a donné un contrat d’entrée qui ne brûlait aucune année. Il a accepté. Il a fait son chemin. Il a joué dans la LNH. Il a gagné de l’expérience.
Et maintenant, il doit encore patienter.
Le Canadien possède une raison administrative très claire : Fowler est exempt du ballottage, contrairement à Samuel Montembeault.
Mais Fowler ne voit pas nécessairement les choses de cette façon.
Il voit un vétéran devant lui qui est moins talentueux que lui,
Il voit un poste qu’il pense pouvoir occuper.
Et il voit une organisation qui lui demande encore de retourner à Laval.
C’est exactement le genre de situation qui peut faire ressortir les vieilles cicatrices d’un dossier contractuel.
Sean Coffey connaît déjà la position de Kent Hughes.
Hughes connaît déjà la position du clan Fowler.
La première bataille s’est terminée avec le Canadien qui a obtenu ce qu’il voulait.
La deuxième pourrait être beaucoup plus délicate.
Parce que cette fois, Fowler n’est plus simplement un espoir qui demande qu’on lui fasse confiance.
Plus Montréal repousse son arrivée permanente, plus la frustration risque de s’accumuler.
Son agent est en guerre ouverte avec le DG du CH au moment où l’on se parle.
Coffey voulait accélérer. Hughes a ralenti.
Coffey voulait que Fowler commence immédiatement sa carrière dans la LNH. Hughes a refusé de brûler une année.
Fowler voulait maintenant rester à Montréal. Le Canadien l’a envoyé à Laval.
L’agent aurait décidé de ne plus rester silencieux. C’est Coffey qui aurait encouragé son client à parler publiquement contre les dirigeants du CH :
« Évidemment, je n’étais pas heureux de la conversation que nous avons eue avec la direction ».
« Je crois que c’était suffisant pour avoir ma place dans l’équipe. J’imagine que non… »
Ce n’est pas une phrase lancée au hasard. Fowler savait très bien que ses paroles allaient créer une tempête.
La vieille guerre froide est de retour. Et cette fois, Sean Coffey ne semble pas vouloir laisser Kent Hughes gagner aussi facilement.
