La nouvelle fait mal pour une génération entière de partisans du Canadien.
Lyle Odelein, l’un des visages les plus reconnaissables de la conquête de la Coupe Stanley de 1993, est décédé vendredi soir à l’âge de 58 ans… et la cause de son décès vient maintenant d’être dévoilée.
Selon le Pittsburgh Post-Gazette, information reprise par plusieurs médias, dont le Journal de Montréal, Odelein est décédé des suites d’une crise cardiaque.
Le décès est survenu vendredi soir, alors que l’ancien défenseur vivait depuis plusieurs années dans la région de Pittsburgh.
La nouvelle a rapidement traversé le monde du hockey, particulièrement à Montréal, où Odelein avait laissé une empreinte bien plus profonde que ses statistiques pourraient le laisser croire.

Repêché par le Canadien au septième tour en 1986, au 141e rang, Odelein avait passé les premières années de sa carrière à Montréal avant de devenir un véritable pilier défensif.
Entre 1990 et 1996, il a disputé 420 matchs avec le Tricolore, récoltant 95 points et surtout… 1 357 minutes de pénalité.
Ce total le place encore au deuxième rang de l’histoire du Canadien dans cette catégorie, derrière Chris Nilan.
Odelein n’était pas simplement un défenseur qui pouvait jouer physique. Il incarnait une époque où traverser le milieu de la glace avec la tête haute demandait parfois beaucoup de courage. NHL
Puis est arrivée cette incroyable année 1993. Le Canadien n’était pas considéré comme l’équipe la plus talentueuse de la LNH, mais le groupe possédait quelque chose de difficile à mesurer dans une feuille de statistiques.
Odelein parlait souvent de cette équipe comme d’une véritable famille, rappelant la proximité entre les joueurs francophones et anglophones et le rôle rassembleur de Patrick Roy, Guy Carbonneau, Kirk Muller et Mike Keane.
Lorsque Serge Savard entrait dans le vestiaire, racontait Odelein, le silence s’installait rapidement. Le directeur général ne venait pas souvent, mais quand il était là, tout le monde savait que le message allait passer.
Odelein avait joué un rôle important dans cette conquête. En 20 matchs de séries, il avait récolté six points, dont un but et cinq passes, avec un différentiel de plus-9.
Le genre de travail qui ne fait pas nécessairement la une après une victoire, mais qui devient précieux quand les séries s’allongent et que chaque présence devant le filet commence à coûter cher.
Son style était aussi devenu une véritable marque de commerce.
Odelein était reconnu pour son jeu physique et ses combats au point où, selon un reportage du Pittsburgh Post-Gazette, l’aréna avait même développé une chanson personnalisée lorsqu’il se battait.
Pourtant, ceux qui l’ont côtoyé retenaient également son sourire et son côté chaleureux. Cette combinaison entre le dur à cuire sur la glace et l’homme jovial dans la vie faisait partie de son identité.
Son histoire après le hockey est presque aussi incroyable que sa carrière.
En 2018, une piqûre de cactus survenue alors qu’il jouait au golf en Arizona avait déclenché une infection sanguine qui a gravement affecté son organisme.
Son état s’était tellement détérioré qu’il avait dû subir une triple transplantation, comprenant une valve aortique, un foie et un rein, dans une intervention qui lui donnait seulement une faible chance de survie.
Quelques mois plus tard, Odelein était pourtant revenu au Centre Bell pour une célébration des 25 ans de la Coupe de 1993.
Encore en récupération et utilisant normalement une canne, il avait décidé de s’en passer pour entrer devant les partisans montréalais.
« Je n’utiliserai pas de canne pour marcher devant 20 000 personnes », avait-il lancé. Il avait ensuite réussi à se tenir debout et à saluer la foule sans aide, sous une immense ovation.
Cette image résume assez bien le personnage.
Odelein avait aussi toujours conservé un attachement particulier envers Montréal.
Il considérait ses années avec le Canadien comme les meilleures de sa carrière et avait décrit le fait de gagner la Coupe avec l’équipe de son enfance comme l’équivalent de gagner un million de dollars à la loterie.
Il avait également attribué une grande partie de son développement à Jacques Laperrière, qui travaillait avec lui après les entraînements sur son positionnement et son jeu défensif.
Après Montréal, Odelein allait connaître une carrière de 16 saisons et 1 056 matchs dans la LNH.
Il allait aussi devenir le tout premier capitaine de l’histoire des Blue Jackets de Columbus, avant de terminer son parcours avec Pittsburgh en 2006. Au total, il aura accumulé 252 points et 2 316 minutes de pénalité.
Pour les partisans du Canadien qui ont vécu le printemps 1993, toutefois, Lyle Odelein restera toujours autre chose qu’un ancien défenseur.
Il sera l’un de ceux qui ont soulevé cette Coupe que Montréal attend toujours de revoir à bout de bras.
Une image, un sourire, une bagarre, une ovation au Centre Bell… et maintenant un souvenir qui prend une tout autre valeur.
Pensées et prières pour sa famille, ses proches et tous ceux qui l’ont accompagné dans cette incroyable vie de hockeyeur et de survivant.
AMEN…
