Arber Xhekaj est dans le trouble.
La raison qui explique pourquoi il a été écarté de la formation a été révélé par Sportsnet: Lane Hutson.
Ouch. Quand le meilleur défenseur du CH, et peut-être de la LNH en entier, est la raison qui explique pourquoi ton rêve de joueur en séries éliminatoires a été brisé, disons que ton coeur se fracasse en mille morceaux.
Martin St-Louis serait sans aucune pitié. En séries éliminatoires, tout devient une question de détails. Une mauvaise lecture. Un mauvais angle. Une seconde de retard dans la couverture. Et le disque est dans le fond du filet.
Voilà l'endroit où Xhekaj perd des points.
Le plus grand problème d’Arber Xhekaj, ce n’est pas son intensité maladroite ou sa sa discipline, contrairement à ce que certains répètent depuis des mois.
Le vrai problème, c’est l’équilibre du casse-tête défensif et Jayden Struble est en train de gagner cette bataille haut la main.
En ce moment, Martin St-Louis ne bâtit pas seulement six défenseurs. Il bâtit trois duos fonctionnels.
Et dans cette équation, tout commence avec Lane Hutson.
Le prodige est devenu tellement important offensivement que le Canadien de Montréal doit absolument le jumeler avec un défenseur capable de stabiliser le jeu, fermer les espaces, faire les bonnes lectures et couvrir les erreurs sans compliquer les choses.
La réalité est que Struble s’agence mieux avec Hutson.
Ça ne veut pas dire qu’il est plus talentueux que Xhekaj.
Ça veut dire qu’il cadre mieux avec ce que demande le moment.
Contre les Hurricanes de la Caroline, ça a sauté aux yeux dès le premier match. Pendant que plusieurs regardaient seulement les points ou les grosses mises en échec, Martin St-Louis regardait les détails invisibles.
Struble a terminé la rencontre à +2, avec 14:10 de temps de glace et trois tirs bloqués.
Mais surtout, il a permis au reste de la défensive de respirer.
Si Struble joue avec Hutson, ça libère alors Alexandre Carrier avec Kaiden Guhle, un duo qui a probablement joué son meilleur match ensemble, pendant que Noah Dobson peut rester avec Mike Matheson.
Le problème n’est pas seulement Xhekaj lui-même ou sa relation parfois toxique avec Martin St-Louis.
Le problème, c’est l’effet domino.
Si tu enlèves Struble pour remettre Xhekaj, tu risques de casser trois paires au lieu d’en améliorer une seule.
Dans une finale d’association, les entraîneurs ne veulent pas expérimenter. Ils veulent de la stabilité.
Martin St-Louis l’a toujours répété : il veut des joueurs fiables dans leurs notions.
Les sorties de zone.
Le positionnement.
Les rotations.
La lecture du jeu sans rondelle.
La gestion du risque.
Xhekaj continue d’avoir des lacunes qui coûtent cher.
Aussi spectaculaire soit-il, aussi aimé soit-il à Montréal, le Shérif reste parfois un défenseur à haut risque.
Une punition émotive.
Une poursuite trop agressive.
Un mauvais gap en transition.
Une couverture perdue devant le filet.
Contre une équipe rapide comme les Hurricanes de la Caroline, ça peut devenir mortel.
Le plus frustrant dans tout ça? C’est probablement le moment où Xheka sent qu'ilj serait le plus utile émotionnellement, que ce soit avec une présence intimidante, une réponse physique ou une mise en échec capable de changer le momentum avec une seule présence.
Mais Martin St-Louis n'entraîne pas avec les émotions en ce moment.
Il "coach" avec les matchups et les détails.
Arber Xhekaj n’a pas perdu sa place parce qu’il manque de cœur.
Il a perdu sa place parce qu’en ce moment, le casse-tête défensif fonctionne mieux sans lui.
Et tant que Lane Hutson brillera avec Struble, tant que Carrier et Guhle joueront leur meilleur hockey ensemble, tant que Noah Dobson et Matheson garderont leur chimie… il sera extrêmement difficile pour le Shérif de retrouver son siège.
Déjà que tu "double-shift" Lane Hutson. Autant qu'il soit à l'aise avec Struble.
Sinon, St-Louis ferait encore jouer Xhekaj moins de deux minutes. Hutson continuerait à être surtaxé de toute façon, mais à 5 défenseurs tout le monde joue trop.
Struble a joué 14 minutes lundi. Hutson en a joué 22 minutes. On est loins des 31:17 de Hutson et 1:58 de Xhekaj lors du 7e match à Buffalo.
En séries, le hockey n’est jamais sentimental. C'est une question de chiffres. Et le pauvre shérif a tiré le billet perdant...
