Ce moment restera gravé dans nos coeurs à jamais.
Brendan Gallagher a finalement craqué devant les médias.
Au moment où il a simplement réalisé que tout était probablement terminé.
Devant les journalistes, Gallagher tentait d’expliquer à quel point il se considérait privilégié d’avoir porté ce chandail pendant 14 saisons. Il parlait des partisans. De l’organisation. Des entraîneurs. De ses coéquipiers. Il répétait qu’il n’avait aucun regret.
Puis il a lâché une phrase qui a glacé tout le monde.
« C’est assez clair que je vais partir d’ici. »
Quelques secondes plus tard, les émotions ont complètement pris le dessus.
Gallagher s’est interrompu. Incapable de poursuivre.
La salle est devenue silencieuse.
Puis il a expliqué ce qui venait de lui traverser l’esprit.
Sa mère.
Décédée en pleine saison la saison dernière, après une longue bataille contre le cancer du cerveau.
« J’étais en train de penser à quel point les coéquipiers m’ont appuyé à travers tout ça l’an dernier. C’est quelque chose qui va toujours rester avec moi, elle était si fière que je sois un membre du Canadien de Montréal. »
À ce moment-là, ce n’était plus le vétéran du Canadien. Ce n’était plus le guerrier qui a passé sa carrière à recevoir des coups au visage, à jouer blessé et à se relever.
C’était simplement un fils qui repensait à l’épreuve la plus difficile de sa vie.
Et soudainement, on comprenait pourquoi Montréal compte autant pour lui.
Quand Gallagher parle du Canadien, il ne parle pas seulement de hockey. Il parle d’une famille. Il parle d’un vestiaire qui l’a porté lorsqu’il était au plus bas. Il parle d’une ville qui a vécu ses plus grands moments comme ses pires douleurs.
Voilà pourquoi ses larmes ont frappé aussi fort.
Et voilà pourquoi son départ ressemble davantage à un deuil qu’à une simple transaction.
Le plus déchirant dans tout ça? De savoir que Martin St-Louis ne lui a jamais donné une chance:
" Ce fut difficile bien sûr… je pensais que je pouvais aider l’équipe, mais je n’ai pas eu cette occasion. Les gars ont bataillé, ils ont tout fait ce qu’ils pouvaient, et je croyais que si on m’en avait donné la chance, j’aurais pu les aider. "
« Je pensais que j’allais jouer contre les Hurricanes, j’avais hâte d’avoir cette chance. Je suis sûr que j’aurais pu aider, mais je n’ai pas eu cette chance, et c’est correct, j’ai dû accepter cette réalité depuis une petit bout de temps… C’est la décision de l’entraîneur, et pour moi, en tant que joueur, si on m’appelle, je dois être prêt, mais si ce n’est pas le cas, c’est probablement le temps de passer à autre chose. »
Gallagher a admis que si la décision lui appartenait, il terminerait sa carrière à Montréal.
Mais il sait que cette décision ne lui appartient plus.
Il sait que son aventure avec les Canadiens de Montréal est terminée.
Au moins, il aura son mot à dire sur sa prochaine destination. Tout le monde sait que ce sera les Canucks. Gallagher l'a même avoué.
Il parlé d’un départ vers Vancouver, là où se trouve sa famille, il n’a pas fermé la porte. Bien au contraire.
Il a clairement laissé entendre qu’il accueillerait favorablement cette possibilité et qu’il allait maintenant en discuter avec sa femme et son agent.
" Il me reste beaucoup à offrir, je sais que ce n’est pas terminé pour moi… on ne sait jamais ce qu’il reste, mais il m’en reste assez, et je sais qu’ici, cette occasion ne se présentera pas, alors j’ai besoin de me trouver un nouveau domicile, et de faire ce que je fais en tant que joueur. Vancouver semble la place parfaire pour moi".
« C’est ma décision, mais je suis un peu forcé à la prendre… j’aimerais rester et faire partie de ce groupe, mais la présente situation ici ne changera pas, alors il faut l’accepter. J’ai vu la même chose arriver auparavant à d’autres joueurs, dont Josh Gorges… ce n’est pas mon choix, mais je dois faire ce qui est le mieux pour moi. »
La transaction Montréal-Vancouver est pratiquement bouclée déjà. Les Canucks cherchent désespérément des vétérans capables d’encadrer la reconstruction et de redonner une identité à un vestiaire qui a traversé plusieurs tempêtes au cours des dernières années.
Dans cette optique, Gallagher représente exactement le profil recherché. Son leadership est unanimement respecté à travers la LNH, son éthique de travail est irréprochable et son expérience des grands marchés sera précieuse pour ce groupe en transition.
Un choix de quatrième ou de cinquième ronde pourrait suffire pour convaincre Vancouver d’absorber la dernière année de son contrat à 6,5 M$ par année.
Pour la première fois depuis des années, Brendan Gallagher ne parlait plus comme un joueur du Canadien.
Il parlait comme un homme qui dit revoir.
Bye bye Montréal. Bonjour Vancouver.
