Le débat est complètement relancé à Montréal.
Alors que tout le monde s’attendait à voir Kent Hughes utiliser son 28e choix au total comme monnaie d’échange pour aller chercher de l’aide immédiate, Jeff Gorton vient peut-être d’ouvrir une porte que plusieurs croyaient fermée.
Et cette porte mène directement à Maddox Dagenais.
Depuis quelques jours, le marché des transactions est complètement déchaîné. Les choix de première ronde changent de mains à une vitesse rarement vue dans la LNH et les prix exigés pour les joueurs de centre explosent littéralement. Le Canadien, lui, demeure toujours immobile.
Les partisans commencent à perdre patience.
Mais Jeff Gorton a été clair.
« Nous ne ressentons aucune pression de faire quelque chose qui ne correspond pas à notre plan. »
Puis il a ajouté une phrase qui a immédiatement attiré l’attention.
« En ce moment, il y a de bonnes chances que nous repêchions au 28e rang. »
Malgré toutes les rumeurs de transactions, le Canadien pourrait finalement conserver son choix de première ronde.
Et un nom revient constamment dans les discussions.
Maddox Dagenais.
Le Québécois des Remparts de Québec est présentement classé autour du milieu de la première ronde chez plusieurs recruteurs. Certains le voient sortir entre le 20e et le 30e rang.

Mais une chose fait pratiquement l’unanimité.
S’il est encore disponible lorsque le Canadien parlera au 28e rang, Kent Hughes et Jeff Gorton vont le choisir selon ce qui circule.
Un joueur de centre gaucher de 6 pieds 4 pouces et près de 200 livres possédant un excellent tir ne se retrouve pas souvent rendu aussi loin dans un repêchage.
Son profil est exactement celui que toutes les organisations recherchent, surtout à Montréal, alors que la sélection d'un Québécois serait tout un coup marketing,
De gros centres sont devenus une denrée extrêmement rare dans la Ligue nationale.
Et plus le marché des centres devient fou, plus ce type de joueur prend de la valeur.
Les recruteurs adorent son potentiel.
On parle d’un joueur capable de jouer physique, de protéger la rondelle, d’utiliser son gabarit, de marquer des buts et de créer de l’attaque.
Comme il le décrit lui-même :
« Je suis un gros bonhomme qui utilise son gabarit, qui aime frapper, qui tire la rondelle et qui crée de l’attaque. »
« je suis un grizzly. » (quand on lui a demandé à quel animal il se comparait)
« J’aime mélanger certains éléments du jeu de Tage Thompson et de Juraj Slafkovský. Ce sont deux gros joueurs avec un excellent tir qui utilisent très bien leur gabarit. »
Évidemment, tout n’est pas parfait.
Le principal reproche formulé par les recruteurs concerne sa constance.
Ce n’est pas son talent qui est remis en question.
C’est son niveau d’engagement, présence après présence.
Dagenais le reconnaît lui-même.
Pendant ses nombreuses entrevues avec les équipes de la LNH, c’est le commentaire qui est revenu constamment.
« Je veux travailler justement pour ne plus jamais entendre cette phrase-là. »
Le jeune homme ne fuit pas les critiques.
Au contraire.
Il admet avoir trop pensé à son année de repêchage.
« Je pensais aux recruteurs dans les estrades. Je pensais à ce qui se disait sur Internet. »
Puis un déclic s’est produit.
« J’ai compris que je devais simplement compétitionner à chaque présence et retrouver le plaisir de jouer. »
« Quand j’étais bantam et pee-wee, je n’avais pas toujours besoin de travailler fort pour marquer des buts. En arrivant dans le junior, j’ai compris que ça ne fonctionnait plus comme ça. »
Cette maturité impressionne plusieurs équipes.
Et il y a un autre facteur qui fait énormément jaser.
Son père.
Tout le monde se souvient de Pierre Dagenais.
L’ancien attaquant du Canadien connaît parfaitement la réalité montréalaise, la pression médiatique et tout ce qui accompagne le fait de porter ce chandail.
Jeff Gorton l’a d’ailleurs reconnu sans détour lorsqu’on lui a demandé si le fait qu’un espoir soit le fils d’un ancien joueur de la LNH pouvait représenter un avantage.
« C’est toujours positif lorsqu’un joueur a un père qui a joué dans la Ligue nationale. Et c’est probablement encore plus un avantage lorsqu’il connaît déjà très bien Montréal. »
Ce commentaire vient rajouter de l'huile sur le feu des rumeurs. Montréal attend son centre québécois.
Le Canadien répète constamment qu’il ne veut pas seulement repêcher du talent.
Il veut aussi des joueurs capables de gérer la pression unique du marché montréalais.
Et sur cet aspect, Maddox Dagenais possède déjà une longueur d’avance.
Il sait exactement dans quoi il s’embarquerait.
Lorsqu’on lui demande s’il rêve d’être repêché par le Canadien, il ne cache absolument rien.
« C’est un rêve d’être repêché par le Canadien de Montréal. »
Après tout, le CH représente son équipe d’enfance.
Mais sera-t-il encore disponible?
C’est toute la question.
Plusieurs recruteurs croient qu’il sera sélectionné avant le 28e rang.
D’autres estiment qu’il pourrait glisser en raison des interrogations entourant sa constance.
Et si cela se produit, le Canadien va absolument le sélectionner. Surtout qu'il connait ça la pression, lui qui a été sélectionné au tout premier rang de la LHJMQ en 2024.
« Jouer devant près de 8 000 partisans chaque soir à Québec, c’est comme évoluer dans un amphithéâtre de la LNH. Tu ne prends jamais une présence pour acquise et tu travailles toujours fort. ».
Depuis 2009 et Louis Leblanc, le Tricolore n’a pas utilisé un choix de première ronde sur un Québécois.
Cette longue attente pourrait-elle enfin prendre fin?
Les propos de Jeff Gorton viennent d'exciter la province du Québec en entier.
Si aucune transaction majeure ne se concrétise d’ici vendredi soir, ne soyez pas surpris de voir le nom de Maddox Dagenais devenir l’un des plus surveillés par toute la planète hockey montréalaise.
Prions pour qu'il glisse jusqu'au 28e rang.
