Les manigances de Kent Hughes vont coûter à certains propriétaires de la LNH

Les manigances de Kent Hughes vont coûter à certains propriétaires de la LNH

André Soueidan
Le 2026-07-18

Une tradition vieille de plusieurs décennies vient de voler en éclats… et ce ne sont pas seulement les amateurs du Canadien qui vont remarquer la différence.

Derrière ce changement se cache un homme qui travaillait dans l’ombre depuis plus de trois ans pour faire tomber un système qu’il jugeait désavantageux pour son équipe.

Lorsque la LNH a dévoilé son calendrier cette semaine, les partisans du Canadien ont rapidement remarqué une curiosité. Montréal disputera des matchs au Centre Bell les 26, 27 et 29 décembre.

Une rareté absolue. Depuis des décennies, le Tricolore quittait systématiquement Montréal pendant la période des Fêtes afin de laisser la place aux nombreux spectacles déjà réservés au Centre Bell.

À première vue, il ne s’agit que d’un simple détail d’horaire.

En réalité, c’est l’aboutissement d’une bataille menée par Kent Hughes depuis son arrivée à la tête du Canadien.

Selon Arpon Basu, dans son Basu & Godin Notebook, le directeur général réclamait ce changement depuis plus de trois ans.

Son premier voyage des Fêtes, lors de la saison 2022-2023, l’avait convaincu que cette tradition plaçait son équipe dans une position nettement moins avantageuse que plusieurs rivales de la LNH.

Passer Noël loin de la maison, multiplier les déplacements, jouer plusieurs matchs sur la route pendant que d’autres formations profitent davantage de leur environnement familier… Hughes y voyait un désavantage compétitif qu’il voulait faire disparaître.

Le problème n’était toutefois pas entre les mains de Gary Bettman.

Les contrats déjà signés pour les spectacles du Centre Bell empêchaient simplement le Canadien de jouer à domicile durant cette période. Hughes a donc dû patienter.

Année après année. Jusqu’à ce que les circonstances lui permettent enfin d’obtenir ce qu’il souhaitait.

Résultat… le Canadien reste maintenant à Montréal pendant les Fêtes.

Une excellente nouvelle pour Martin St-Louis, son groupe de joueurs et les familles qui pourront profiter d’un horaire beaucoup plus humain.

Mais pendant que le Canadien célèbre cette victoire discrète, certains propriétaires de la Ligue nationale risquent de voir disparaître une tradition particulièrement rentable.

Depuis des années, le voyage des Fêtes du Canadien était devenu un véritable pèlerinage pour des milliers de Québécois.

Des familles complètes prenaient l’avion vers la Floride, Raleigh, Dallas ou d’autres villes visitées par le Tricolore afin de joindre vacances et hockey.

Les amphithéâtres étaient envahis par les chandails bleu-blanc-rouge, au point où certains matchs donnaient parfois l’impression d’être disputés presque au Centre Bell.

Les images revenaient chaque année.

Des chants de « Go Habs Go » qui résonnaient à Sunrise.

Une foule montréalaise omniprésente à Tampa. Des sections entières remplies de partisans du Canadien dans plusieurs marchés américains.

Personne ne s’en plaignait vraiment.

Pourquoi le ferait-on?

Chaque siège occupé représente des revenus. Les billets se vendent plus facilement. Les concessions roulent à plein régime.

Les boutiques écoulent davantage de produits dérivés. Lorsqu’une marée de partisans montréalais débarque pendant la période des Fêtes, les retombées économiques suivent naturellement.

Voilà pourquoi la décision de Kent Hughes dépasse largement le simple calendrier du Canadien.

En mettant fin à cette tradition, le DG a d’abord pensé aux intérêts de son équipe.

Son objectif était clair… offrir à ses joueurs de meilleures conditions pour traverser une séquence importante de la saison.

Rien n’indique que les propriétaires adverses aient protesté publiquement contre ce changement, mais il est difficile d’imaginer qu’ils accueilleront avec enthousiasme la disparition graduelle d’un rendez-vous qui attirait autant de visiteurs et de consommateurs dans leurs amphithéâtres.

Arpon Basu laisse également entendre que cette nouvelle formule pourrait revenir plus souvent dans les prochaines années.

Sans garantir que le Canadien jouera à domicile chaque Noël, le précédent est maintenant créé.

Kent Hughes n’a effectué aucune transaction.

Il n’a signé aucun joueur vedette. Pourtant, il vient peut-être de réaliser l’un de ses plus grands coups depuis son arrivée à Montréal… un coup qui améliore le quotidien de son équipe tout en changeant les habitudes de plusieurs organisations de la LNH.

Et si cette tradition appartient désormais au passé, certains propriétaires pourraient bien regarder le prochain calendrier avec un peu moins d’enthousiasme qu’avant.

Ouch...