Le débat des gardiens est en train de revenir au pire moment pour les Canadiens de Montréal, et ce qui rend la situation encore plus délicate, c’est qu’il ne vient pas seulement de l’extérieur.
À Tampa, certains journalistes commencent déjà à pousser l’idée que Jacob Fowler serait, à long terme, supérieur à Jakub Dobeš, reprenant en partie un discours qu’on a aussi entendu ici, notamment de la bouche de Guy Carbonneau.
Même François Gagnon affirme que Dobeš est déstabilisé et regarde ses défenseurs pour les blâmer après chaque but:
Jacob Fowler est-il de retour dans les discussions pour les séries?👀🤔#lesickpodcast @TonyMarinaro @GagnonFrancois pic.twitter.com/aQ5lP1vmjx
— The Sick Podcast with Tony Marinaro (@thesickpodcasts) April 15, 2026
Même si, sur le plan immédiat, la hiérarchie ne fait pas vraiment de doute, Dobeš va commencer la série, le timing de ce débat soulève des questions, parce qu’il s’appuie sur une fin de saison un peu plus fragile du gardien tchèque, qui vient d’accorder neuf buts à ses deux derniers départs et qui a paru moins “square”, moins en contrôle dans ses déplacements.
Contre le Lightning de Tampa Bay, Jakub Dobeš a accordé 5 buts en 3 matchs, dans ses deux victoires plus récentes, il a été solide avec seulement 2 buts accordés sur 55 tirs.
Mais il faut aussi dire la vérité complète :
Il s’est fait sortir lors du premier affrontement.
Le 9 décembre, au Centre Bell, il accorde 3 buts sur 14 tirs et doit céder sa place en cours de match. Ce soir-là, il n’était pas prêt. Il était en retard, débordé, et le match lui a complètement échappé.
Donc on a deux réalités qui coexistent :
D’un côté, un gardien capable de voler des matchs contre Tampa.
De l’autre, un gardien qui a déjà explosé contre ce même adversaire.
Malgré les doutes récents, il demeure le choix logique pour amorcer la série. Mais logique ne veut pas dire intouchable. La laisse sera courte, parce que le contexte ne permet aucun effondrement, et parce que derrière lui, Fowler représente une option que certains, à tort ou à raison, voient déjà comme plus stable techniquement.
Et au cœur de tout ça, il y a une dynamique interne qui intrigue. Martin St-Louis semble avoir développé une relation beaucoup plus naturelle avec Fowler, une confiance qui s’est construite avec le temps, avec les performances, avec la progression visible du gardien depuis les ajustements apportés à sa technique.
À l’inverse, tout indique que le lien avec Dobes est plus distant, plus froid, comme si le jeune gardien n’était pas encore complètement intégré dans ce cercle de confiance-là.
Ce n’est pas nécessairement un problème à long terme, mais à court terme, dans une série où chaque décision est scrutée, ça donne l’impression que le filet appartient à Dobeš… jusqu’à preuve du contraire.
On a d’un côté un gardien qui a mérité son rôle, qui a livré des performances élites sur une longue période, mais qui arrive en séries avec une fin de calendrier un peu croche, et de l’autre, un espoir très prometteur qui pousse derrière, appuyé par certains analystes et même par des voix externes qui commencent à semer le doute.
Ce genre d'ambaince, normalement, tu veux l’éviter avant les séries. Montréal, lui, va devoir vivre avec.
Plus tôt cette saison, Jakub Dobeš avait lâché une phrase qui avait fait sourciller pas mal de monde à Montréal. Quand on lui avait demandé sa relation avec Martin St-Louis, sa réponse avait été directe, presque froide :
“Je n’ai jamais vraiment parlé avec lui.”
Ouch.
L'organisation qsemble beaucoup plus investie émotionnellement et techniquement dans le développement de Jacob Fowler.
Il n’y a pas de lien, pas de proximité, pas de communication installée entre le coach et son gardien.
Dobeš livre des performances incroyables, gagne des matchs, mais il y a toujours cette impression qu’il est un peu en périphérie. Un peu à part. Pas complètement dans le cercle rapproché.
En séries, ce genre de détail peut devenir énorme.
Un gardien, c’est une position de confiance totale. Si le lien avec le coach n’est pas naturel, pas solide, la laisse peut devenir très courte très vite.
Et avec tout ce qui entoure Dobeš en ce moment (ses deux derniers matchs plus difficiles, les critiques qui reviennent, et Fowler qui pousse derrière), cette vieille déclaration-là revient hanter tout le monde.
Saha à suivre...
