Les Oilers perdent patience avec Kirby Dach et le Canadien
Les Oilers d’Edmonton semblent avoir perdu patience avec Kirby Dach et le Canadien de Montréal. Après avoir tenté de trouver une solution avec Kent Hughes, Edmonton a finalement décidé de bouger et de régler son problème à l’interne, du moins pour le moment.
À première vue, la transaction est tellement mineure qu’elle ne devrait pratiquement pas faire les manchettes à Montréal. Les Oilers ont envoyé le défenseur Spencer Stastney aux Penguins de Pittsburgh en retour de Filip Hallander, un centre gaucher de 26 ans qui connaît un bon début de saison.
Hallander a déjà récolté un but et deux passes en seulement deux matchs. Il mesure 6 pieds 2 pouces, pèse 207 livres et ne compte que 18 matchs d’expérience dans la Ligue nationale. (voir l'offre des Oilers pour Kirby Dach après cette fiche statistique)

Ce n’est évidemment pas une acquisition spectaculaire pour Edmonton. Hallander n’arrive pas avec l’étiquette d’un joueur capable de transformer une formation, mais les Oilers avaient surtout besoin d’un attaquant immédiatement en raison des nombreuses blessures qui frappent leur groupe d’attaquants.
Le plus intéressant dans cette transaction n’est donc pas nécessairement Hallander.
C’est ce qu’elle pourrait vouloir dire pour Kirby Dach.
Selon les informations qui circulent du côté d’Edmonton, les Oilers auraient déjà présenté plusieurs propositions au Canadien afin de mettre la main sur l’attaquant québécois. La dernière offre qui aurait été soumise à Kent Hughes aurait notamment impliqué Spencer Stastney et un choix de deuxième ronde.
Montréal aurait refusé.
Et sur papier, il est facile de comprendre pourquoi Hughes n’aurait pas accepté une telle proposition. Stastney est un défenseur de profondeur de 26 ans, gaucher, mesurant 5 pieds 11 pouces, qui n’a jamais réussi à s’établir comme une véritable pièce importante dans la LNH. (voir la suite de l'article après les statistiques du défenseur)

Edmonton l’avait obtenu de Nashville en décembre dernier en échange d’un choix de troisième ronde et, depuis son arrivée avec les Oilers, il n’a récolté qu’un seul but en 36 matchs.
Il n’a même pas encore disputé un match cette saison, puisqu’il se retrouvait dans les gradins à Edmonton.
Ce n’est donc certainement pas ce genre de joueur qui allait convaincre Kent Hughes de laisser partir Kirby Dach, même avec un choix de deuxième ronde ajouté à la transaction. Le Canadien veut beaucoup plus en retour de Dach, mais le problème est que la valeur de l’attaquant continue de diminuer à une vitesse inquiétante.
Edmonton semble maintenant avoir décidé de prendre ses distances.
Les Oilers avaient besoin d’un centre rapidement. Ryan Nugent-Hopkins, Zach Hyman, Matthew Savoie, Jason Dickinson et Mattias Janmark font partie des joueurs qui sont aux prises avec des blessures, ce qui oblige Edmonton à trouver des solutions pour maintenir une certaine profondeur à l’attaque. Plutôt que de revenir immédiatement à la charge auprès de Montréal et d’accepter les exigences de Kent Hughes, les Oilers ont donc choisi une solution beaucoup moins coûteuse en allant chercher Hallander à Pittsburgh.
Le message est assez clair.
Edmonton a essayé. Des offres auraient été faites. Montréal les aurait refusées parce que Kent Hughes ne voulait pas se débarrasser de Dach pour des miettes. Les Oilers ont maintenant décidé de regarder ailleurs.
Et ils ont peut-être une excellente raison de patienter.
Edmonton sait très bien que Kirby Dach pourrait devenir disponible sans avoir à donner un choix ou un joueur important en retour. À la fin de son contrat, Dach sera admissible à l’autonomie complète. Son lien avec Edmonton est également évident puisqu’il est originaire de Fort Saskatchewan et que son frère Colton Dach évolue avec les Oilers.
Alors pourquoi Edmonton donnerait-il beaucoup aujourd’hui pour un joueur dont la valeur est actuellement en chute libre alors qu’il pourrait simplement attendre?
C’est exactement le risque que prend le Canadien.
Selon Frank Seravalli, Montréal chercherait activement une façon de sortir Kirby Dach de son alignement. Le fait qu’il soit actuellement utilisé sur le deuxième trio pourrait d’ailleurs être interprété comme une occasion de le mettre en valeur afin de tenter de relancer sa valeur sur le marché. Le problème, c’est que Dach ne fait absolument rien pour aider Kent Hughes.
Sa dernière performance contre la Caroline a été catastrophique. Il a été hué par les partisans du Centre Bell pendant la présentation des joueurs, n’a récolté qu’un seul point à ses trois premiers matchs et son temps de glace est descendu sous la barre des dix minutes lors de sa dernière rencontre.
Difficile de convaincre les autres équipes qu’un joueur est précieux lorsque son propre public ne veut plus de lui.
La situation devient donc de plus en plus compliquée pour Kent Hughes. Le directeur général du Canadien voudrait obtenir une véritable valeur en retour de Dach, mais chaque mauvaise performance fait exactement le contraire. Plus Dach joue mal, plus les autres équipes ont le pouvoir de négociation.
Certains dirigeants de la LNH estimeraient déjà que Hughes demande trop pour un joueur dont la valeur a considérablement diminué.
Et le dossier pourrait finir par se retourner complètement contre Montréal.
À force d’attendre, le Canadien risque de perdre le peu de valeur qu’il reste à Kirby Dach. Un choix de deuxième ronde pourrait éventuellement devenir difficile à obtenir. Une offre qui semblait insuffisante il y a quelques mois pourrait même finir par représenter le meilleur scénario disponible.
Edmonton vient peut-être justement de décider qu’il n’était plus nécessaire de payer le prix demandé par Montréal.
Les Oilers avaient besoin d’un attaquant. Ils ont trouvé une solution ailleurs. Ils peuvent maintenant continuer leur saison, surveiller l’évolution de Dach et attendre de voir jusqu’où sa valeur va descendre.
Parce que si Kirby Dach continue de jouer de cette façon, Kent Hughes pourrait bientôt regretter d’avoir refusé les miettes qu’on lui offrait.
Un flop reste un flop. À un moment donné, il faut accepter la réalité.
