Au départ, ça ressemblait simplement à une publication Facebook légère, spontanée, presque affectueuse. Bianca Longpré lançait l’idée de voir Mélissa Bédard chanter l’hymne national avant un match des Canadiens de Montréal.
Rapidement, des milliers de personnes ont embarqué. Plus de 10 000 mentions “j’aime”, des centaines de commentaires, des partages partout.à

Et au milieu de cet enthousiasme, Mélissa Bédard elle-même a répondu avec humour et excitation :
“Ouiiii je veux Mélissa Bédard pour chanter l’hymne oui oui oui. J’embarque Bianca s’il me demande, j’embarque.”

Sur papier, il n’y a rien de méchant là-dedans.
Le problème, c’est le timing.
Quelques heures plus tôt, le Québec était encore extrêmement ému par les témoignages bouleversants de Ginette Reno sur sa santé fragile. Ses confidences sur sa perte de force, ses douleurs au dos, sa canne, son incapacité à chanter debout avaient frappé énormément de gens droit au cœur.
“Je suis en santé, mais je n’ai pas beaucoup de force. Je brise comme de la porcelaine. Mon dos me fait vraiment mal, je marche avec une canne et je ne peux plus chanter debout. Il y a des jours où je me réveille et j’ai l’impression de n’avoir aucune ressource. Je roule à vide, sans énergie et sans force du tout. Je reste au lit toute la journée, et ça peut durer deux ou trois jours.”
Alors forcément, voir surgir immédiatement une discussion publique sur “la prochaine chanteuse” du Centre Bell a créé un certain malaise chez plusieurs personnes.
Comme si, sans le vouloir, on était déjà en train de tourner la page sur une légende vivante.
Et c’est probablement ça qui rend le sujet aussi sensible aujourd’hui.
Personne ne remet en question le talent de Mélissa Bédard. Au contraire. Beaucoup de Québécois adoreraient l’entendre au Centre Bell. Sa voix puissante, son authenticité et son côté rassembleur correspondent parfaitement à l’émotion des séries éliminatoires.
Mais remplacer Ginette Reno? Même symboliquement? Ça touche une corde extrêmement sensible au Québec.
Ginette Reno n’a jamais été seulement “une chanteuse de l’hymne national”. Elle est associée aux plus grands souvenirs du hockey montréalais moderne.
Sa prestation de 2014 avant la série contre les Bruins de Boston est encore gravée dans la mémoire collective. Dès qu’elle chantait, le Centre Bell changeait complètement d’énergie.
Ce n’était plus juste un hymne.
C’était un moment.
Alors aujourd’hui, plusieurs internautes sont partagés entre deux émotions complètement opposées.
D’un côté, il y a l’enthousiasme sincère de voir Mélissa Bédard possiblement vivre un moment immense avec le Canadien.
De l’autre, il y a cette impression étrange qu’on commence déjà à chercher “l’après-Ginette” pendant qu’elle est encore là.
Malaise...
Même si Mélissa Bédard elle représente exactement le genre de personnalité que les Québécois adorent profondément.
Une femme à tout faire.
Depuis Star Académie, Mélissa Bédard est devenue beaucoup plus qu’une voix puissante. Elle est partout. Animation, rénovation, humour, émissions familiales, projets humains, téléréalité, variétés… elle touche à tout avec une authenticité qui désarme complètement le public québécois.
Et ce qui frappe chez elle, ce n’est même pas seulement le talent. C’est la simplicité.
Elle parle comme le monde parle. Elle rit fort. Elle improvise. Elle accepte ses imperfections. Elle n’essaie jamais d’avoir l’air plus grande que nature. Même elle admet ouvertement que son français n’est pas parfait, qu’elle n’a pas un parcours scolaire traditionnel, mais justement… c’est ce qui fait que les gens se reconnaissent en elle.
Au Québec, très peu de personnalités réussissent à créer cette impression de proximité réelle avec le public. Mélissa Bédard, elle, y arrive naturellement.
Dans les dernières années, elle est devenue une véritable chouchoute télévisuelle. Les chaînes se l’arrachent. Les cotes d’écoute suivent partout où elle passe. Et surtout, il y a quelque chose de profondément humain dans sa façon d’être avec les gens.
Pendant les tournages, elle va parler spontanément avec des inconnus, jouer avec des enfants, écouter les histoires des personnes âgées comme si elle les connaissait depuis toujours. Plusieurs producteurs racontent qu’elle agit exactement de la même façon hors caméra.
C’est probablement pour ça que son nom est revenu aussi massivement quand la question de l’hymne national a été lancée sur les réseaux sociaux.
Les gens ne voient pas seulement une chanteuse capable de livrer une performance vocale puissante au Centre Bell.
Ils voient quelqu’un de rassembleur.
Mais le malaise est bien présent.
Parce qu'au final, Ginette... n'est pas remplaçable...
