Malaise entre Jacob Fowler et Jakub Dobeš : le gardien de trop commence à le sentir

Malaise entre Jacob Fowler et Jakub Dobeš : le gardien de trop commence à le sentir

Par André Soueidan le 2026-01-14

Le Canadien de Montréal s’approche tranquillement, mais sûrement, de la fin du ménage à trois devant le filet.

Kent Hughes l’avait annoncé avant la pause olympique : une décision s’en vient.

Personne ne voulait la précipiter.

Personne ne voulait créer un malaise inutile.

Mais à force de vouloir étirer la situation, le malaise est maintenant bien réel.

Samuel Montembeault a retrouvé exactement ce que l’organisation espérait : ses repères.

Depuis son retour, la séquence parle d’elle-même.

Trois victoires, une défaite en prolongation.

Même lors des deux gains contre la Floride, malgré un mauvais but accordé dans chacun des matchs, la structure était là.

Le contrôle aussi. Puis est arrivée la rencontre contre Washington.

Près de quarante arrêts, calme absolu, présence rassurante.

Le gardien d’expérience a repris possession de son filet.

C’est précisément ce que le Canadien voulait voir.

Un Montembeault solide, capable d’encaisser la pression, capable de jouer de gros matchs sur la route, capable d’encadrer un jeune gardien sans que l’équipe sente le sol se dérober sous ses patins.

Dans ce contexte-là, revenir à un duo Montembeault–Dobeš devient difficile à justifier.

Jacob Fowler, lui, n’a rien forcé.

Les chiffres parlent.

Neuf matchs dans la LNH.

Moyenne de buts alloués à 2,46.

Pourcentage d’arrêts de ,908.

Quatre victoires, deux défaites en prolongation.

Surtout, une constance émotionnelle frappante pour un jeune gardien.

Peu de gestes inutiles. Peu de paniques. Une lecture du jeu qui correspond exactement à ce que cette organisation veut bâtir.

Ajoutons un détail impossible à ignorer : Fowler est un choix de Kent Hughes.

Repêché en 2023, troisième ronde, 69e au total.

Un projet identifié, développé, protégé.

Le futur devant le filet porte déjà son nom dans les bureaux du Centre Bell, même si personne ne le dira publiquement.

Et c’est là que Jakub Dobeš commence à sentir le sol se dérober.

Le malaise ne vient pas seulement de la rotation devant le filet.

Le malaise vient de la conscience aiguë de la situation.

Le ménage à trois ne peut pas durer.

Jacob Fowler ne retournera pas à Laval pour apprendre quelque chose qu’il est déjà en train de maîtriser.

Samuel Montembeault ne sera pas sacrifié alors qu’il vient tout juste de retrouver son niveau.

Reste donc le troisième homme.

Les questions médiatiques n’ont rien arrangé.

Les micros ont amplifié une frustration déjà bien installée.

Le discours n’a pas été maîtrisé.

Les mots ont dépassé la pensée.

Dans une organisation qui contrôle jalousement son message, offrir des munitions devant les caméras devient une faute grave.

Pas parce que l’émotion est mal vue. Parce que la perception compte.

Le Canadien cherche maintenant à éteindre le feu.

Écarter la distraction.

Revenir à une structure claire.

La solution la plus simple saute aux yeux : deux gardiens, pas trois.

Un vétéran stabilisateur. Un jeune qui progresse sans bruit.

Jacob Dobeš, paradoxalement, a été excellent en début de saison.

Le travail a été fait. Les victoires ont été livrées.

Mais le hockey est cruel.

La chute de Montembeault a ouvert la porte à Fowler.

Fowler a saisi l’occasion.

Montembeault a repris sa place. Et le prix à payer, aujourd’hui, retombe sur Dobeš.

Personne n’a volé quoi que ce soit.

Personne n’a été injuste volontairement.

Le timing a simplement décidé.

Et à Montréal, quand le filet se resserre, le gardien de trop finit toujours par le sentir.

Ouch...