Malaise sur le banc: Mike Matheson expose Arber Xhekaj

Malaise sur le banc: Mike Matheson expose Arber Xhekaj

Par David Garel le 2026-02-02

Pauvre Arber Xhekaj.

Il sent qu'il y a quelque quelque chose de profondément injuste dans la manière dont il est traité par Martin St-Louis.

Dans le fond, Martin St-Louis a trouvé le meilleur moyen pour "bencher" Arber Xhekaj. Donner ses minutes... à Mike Matheson...

Mike Matheson aussi doit ressentir une forme d'injustice. En donnant littéralement un rabais de plusieurs millions à l’organisation sur son contrat ridicule de 5 ans et 6 M$ par année, vient d’officialiser son statut de pilier sous-payé de cette franchise, pendant que Xhekaj, lui, continue à errer en marge du groupe, utilisé comme un figurant qu’on sort à peine du banc.

Samedi dernier, contre les Sabres de Buffalo, c’est Mike Matheson qui a mené la charge. Encore une fois. plus de 27 minutes de temps de jeu total. 13 minutes face au premier trio des Sabres.

Le CH a remporté ces minutes cruciales. Encore. Depuis que Matheson porte l’uniforme tricolore, il affronte les meilleurs joueurs du monde presque soir après soir… et les fait taire.

À cinq contre cinq depuis 2022, il a passé 90 minutes face à Connor McDavid. Résultat : Montréal a eu l’avantage 4-2 au chapitre des buts.

Et cette saison? Il domine toute la LNH au chapitre du pourcentage de son temps de glace passé contre l’élite. 50 % de ses minutes sont jouées contre les McDavid, MacKinnon, Kucherov, Kaprizov, Crosby.

Et où est Xhekaj dans ce tableau?

Il n’y est même pas.

Xhekaj a passé 7 minutes sur la glace samedi dernier... et 53 minutes à réchauffer le banc...

Oui. Mike Matheson expose Arber Xhekaj par son talent. Le shérif au fond du trou... donne ses minutes à Mike Matheson... au top de la montagne...

Là où Matheson joue 27 minutes contre l’élite, Xhekaj joue 7 minutes contre des joueurs de quatrième trio. Là où Matheson est la clé d’un plan de match, Xhekaj est devenu un boulet tactique.

Imaginez le malaise sur le banc quand Xhekaj voit changement après changement et que son nom n'est pas appelé.

Là où Matheson est vu comme un Norris sous-estimé, Xhekaj est aujourd’hui perçu par les analystes comme l’un des pires défenseurs en Amérique du Nord dans les statistiques avancées.

Martin St-Louis, lui, ne se cache plus. Après la victoire contre Buffalo, il l’a dit clairement :

« Avec Matty, je me sens à l’aise ». Il a répété que dans les confrontations les plus critiques, quand il n’a pas tous ses soldats en santé, il envoie Matheson et Suzuki en premier, idéalement avec Dobson ou Guhle.

Mais même seul, Matheson est la base de son plan. Il a même eu droit à un « Ah, c’est gentil! » de la part de l’intéressé, lorsque les propos de son entraîneur lui ont été rapportés.

Xhekaj, lui, n’a jamais entendu une telle phrase depuis qu’il est avec le Canadien.

Il y a eu un moment où certains pensaient que le shérif allait devenir un incontournable du CH. Une présence physique, un favori de la foule, un rempart dans l’identité. Mais cette image s’est effondrée avec la vérité implacable des chiffres.

Statistiquement, Matheson est maintenant un monstre. Un différentiel passé de -25 à +15 en deux ans. Une moyenne de 25 minutes de jeu contre les meilleurs. Des missions ingrates, silencieuses, mais décisives.

Et pendant ce temps, Xhekaj a un des pires Corsi de toute l’équipe, passe moins de 10 % de son temps face à des joueurs de premier trio, et se noie dès qu’il affronte plus fort que lui.

C’est dur à lire, mais c’est encore plus dur à vivre.

Et il ne faut pas oublier : Matheson, lui aussi, a connu la tempête. Quand il est arrivé à Montréal, plusieurs le voyaient comme un chouchou du DG (son ancien agent) et du coach, qui le faisait jouer à outrance malgré ses lacunes défenives.

Il a été la cible des partisans sur les réseaux sociaux. Il lisait tout. Il le sait. Il en garde encore des séquelles. «

Ça m’a demandé beaucoup de travail et de dévouement, et j’ai dû surmonter des obstacles », a-t-il dit dimanche. Mais il n’a jamais flanché. Il a avancé. Sans pilule magique, juste du travail.

Et maintenant?

Il signe un contrat de 6 M$ par année, alors qu’il aurait facilement pu aller chercher 8 ou 9 M$ sur le marché ouvert. Il joue contre McDavid, MacKinnon, Kaprizov et Kucherov, pendant qu’Arber Xhekaj joue contre des gars qui montent et descendent de la AHL. Il joue près de 30 minutes par match, pendant que Xhekaj rit jaune sur le banc.

C’est ça, la vraie hiérarchie des extrême aujourd’hui chez le CH.

Et ce n’est pas une question de talent brut ou de gabarit. C’est une question de constance, de fiabilité, de mérite. C’est une question de respect dans le vestiaire. Chez les Oilers eux-mêmes, après la défaite, plusieurs joueurs ont parlé du brio de Matheson. On ne parlait que de lui.

Matheson n’a pas volé son contrat.

Mais on peut dire sans gêne que c’est le CH qui a volé Matheson.

Et pendant ce temps, le cas Xhekaj devient un dossier de plus en plus difficile à justifier.

Le hockey, c’est cruel. Mais c’est aussi mérité.

Tu ne peux pas être le pire défenseur de la LNH dans les statistiques avancées et espérer qu'on te traite comme un défenseur top-6.

En attendant, Xhekaj est mieux de prendre son trou. Car Martin St-Louis va continuer de donner ses minutes à son soldat numéro un.

Ainsi va la vie...