Ça chauffe entre Martin St-Louis et Nathan MacKinnon: la vérité fait mal

Ça chauffe entre Martin St-Louis et Nathan MacKinnon: la vérité fait mal

Par David Garel le 2025-11-29

La vérité est sortie... de la bouche de Nathan MacKinnon.

Et quand la vérité débarque du meilleur pointeur de la LNH, joueur le plus dominant de la planète en ce moment, c’est impossible de faire semblant de ne rien entendre.

«J’ai vu le but de Demidov  mercredi soir (face au Mammoth en Utah). Quel lancer!».

«Demidov a l’air très spécial. C’est facile de voir à sa manière de jouer qu’il est déjà en plein contrôle. Il connaît toute une saison et je pense qu’il deviendra un joueur vraiment spécial. Il a l’air d’un excellent fabricant de jeux avec une belle vision».

Impossible de minimiser. Impossible de se cacher derrière un système, un “man-on-man”, un cycle de match, un “il est jeune”.

Ce jeudi à Denver, MacKinnon a parlé d’Ivan Demidov comme d’un prodige, et Montréal n’a pas applaudi. Montréal a figé.

Parce que la ville entière sait que le jeune Russe… a joué 12 minutes hier.

Douze minutes pour un joueur que Nathan MacKinnon décrit comme “spécial”, “en plein contrôle”, “un fabricant de jeu extraordinaire”, “un talent unique”, “un gars qui deviendra un joueur vraiment spécial”.

Douze minutes pour un joueur que le meilleur joueur de la ligue regarde, analyse... et admire.

Humiliant constat... pour Martin St-Louis...

Parce qu’hier, pendant que MacKinnon secouait la tête en parlant du talent de Demidov, Florian Xhekaj, le plombier de quatrième trio, jouait une minute de moins seulement que Demidov.

C’est devenu le running gag du jour sur les réseaux sociaux :

“Si McKinnon savait qu’on fait jouer Demidov comme un 13e attaquant…”

Mais ce n’est plus vraiment drôle.

C’est gênant.

MacKinnon parle de Demidov comme d’un phénomène, et Martin St-Louis, lui, parle de Demidov comme d’un projet en développement, un joueur fragile qu’il faut protéger, isoler, surveiller, placer dans une niche contrôlée. Il parle d’un diamant, mais il le traite comme du plexiglas.

Quand Nathan MacKinnon dit :

« Demidov a l’air très spécial. Il est déjà en plein contrôle. Il deviendra un joueur vraiment spécial. Belle vision. Excellent fabricant de jeux. »

… il ne réalise pas que dans le vestiaire montréalais, ce même joueur ne touche pas la glace sur le premier avantage numérique, qu’il n’est jamais considéré pour accompagner Suzuki et Caufield, qu’il est le premier sacrifié dès qu’un match devient serré, et que son talent est systématiquement compressé dans un moule qui ne correspond pas à ce qu’il est.

Il ne réalise pas que Martin St-Louis a fait jouer Demidov 12 minutes, comme s’il fallait absolument éviter de lui donner trop d’influence sur le match. Comme si son talent était un risque, pas une opportunité.

La tempête sur les réseaux sociaux ne sort pas de nulle part : hier, même dans la victoire, même dans une performance structurée, même dans un match contrôlé, la frustration a explosé.

Parce que les partisans ne sont pas cons. Ils lisent MacKinnon, ils regardent Demidov, ils voient son talent, ils voient les séquences, ils voient les actions créatives… et ensuite ils regardent la feuille de match :

Ivan Demidov a moins joué qu'Alex Texier et Joe Veleno hier. Seuls les deus frères Xhekaj ont moins joué. (11 minutes)

Autrement dit : le joyau joue une minute de plus que le plombier et le shérif des pauvres.

Et ce matin, tout le monde se pose la même question :

Comment expliquer que le joueur que MacKinnon décrit comme un phénomène joue presque le même temps qu’un joueur qui, dans 28 autres équipes, serait dans les gradins?

Comment expliquer que Martin St-Louis, un coach qui a construit sa carrière sur la créativité, l’improvisation, l’instinct, est devenu soudainement l’entraîneur le plus frileux du circuit quand il est question de Demidov?

Et surtout : comment expliquer que dans une année où la moitié du top-six est blessée, où le CH manque cruellement de punch offensif, où les portes sont grandes ouvertes, St-Louis refuse systématiquement d’essayer Demidov sur un trio offensif ou sur la première vague du PP?

C’est devenu incompréhensible.

Indéfendable, même.

Hier, même la presse pro-St-Louis a noté que Demidov avait été “effacé à cinq contre cinq” pas parce qu’il n’est pas bon, pas parce qu’il ne crée rien, mais parce qu’il n’est pas mis en situation de faire ce qu’il sait faire.

Parce qu’on attend de lui qu’il soit un joueur qu’il n’a jamais été : un grinder, un coureur de man-on-man, un gars qui va user ses jambes dans un système qui ne correspond pas à son ADN.

Et pendant ce temps, Nathan MacKinnon dit l’inverse.

Le meilleur joueur au monde voit déjà ce que Martin St-Louis refuse de voir.

Et c’est là que ça devient dangereux.

Parce qu’à Montréal, quand un coach commence à aller contre le talent, contre l’évidence, contre ce que la ligue entière voit, contre ce que les superstars disent… la pente devient glissante.

Hier, même dans la victoire, la grogne a monté. Même avec deux points, la frustration a explosé. Même avec un match bien géré, une phrase revenait en boucle :

“Comment St-Louis peut humilier Demidov de la sorte?”

Nathan MacKinnon vient, sans le savoir, de l'envoyer sous l'autobus.