Matvei Michkov n’a pas eu besoin de lancer une seule flèche en direction de Montréal pour faire mal au Canadien.
Avec quelques réponses en anglais, un sourire et des mots remplis de respect envers son jeune coéquipier Porter Martone, l’attaquant des Flyers vient de donner une leçon de maturité qui risque de faire grincer des dents au Québec… surtout au moment où David Reinbacher tente péniblement de trouver sa place dans la LNH.
Samedi soir, après la victoire de 3 à 1 contre les Sénateurs d’Ottawa, Michkov s’est présenté devant les caméras avec une attitude qui tranche avec les inquiétudes qu’on entendait à son sujet depuis son arrivée en Amérique du Nord.
Les Flyers venaient enfin de mettre un terme à leur interminable séquence sans victoire, et le jeune Russe avait participé directement à deux buts en compagnie de Martone.
Sur le premier, Michkov avait préparé le but de son coéquipier. Sur le deuxième, Martone avait tiré avant que Michkov ne récupère le retour pour marquer en avantage numérique.
Deux jeunes talents qui commencent à trouver leurs repères ensemble, au moment où leur équipe avait désespérément besoin d’une étincelle.
Interrogé sur son association avec Martone, Michkov n’a pas cherché à ramener toute l’attention vers lui.
Il a plutôt décrit son partenaire comme un joueur spécial, expliquant qu’il aimait jouer avec lui et qu’il voulait le soutenir.
Quelques phrases toutes simples, prononcées en anglais, mais qui racontent quelque chose d’intéressant sur sa manière de s’intégrer au groupe.
Le jeune attaquant ne parle pas seulement de ses buts ou de son talent. Il parle d’un coéquipier, d’une relation de travail et d’une volonté de contribuer au succès collectif.
@nbcsphilly "You need support, I support him every time." Matvei Michkov and Porter Martone have teamed up for two goals against the Senators.
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Cette entrevue prend une autre dimension lorsqu’on se rappelle tout ce qui a été raconté sur Michkov depuis le repêchage de 2023.
Certains doutaient de son attitude, de sa capacité à accepter les exigences d’une équipe et de son adaptation à la culture nord-américaine.
Le Canadien avait finalement sélectionné David Reinbacher au cinquième rang, laissant le Russe disponible pour Philadelphie.
Trois ans plus tard, les deux trajectoires continuent d’alimenter les débats, et chaque nouvelle image de Michkov devant les médias risque de relancer les comparaisons.
Pendant que l’attaquant des Flyers apprend à communiquer en anglais et affiche une volonté de construire une chimie avec ses jeunes partenaires, Reinbacher sort d’une soirée particulièrement difficile à Montréal.
Contre Buffalo, le défenseur autrichien a commis une erreur coûteuse, a terminé la rencontre à moins-1 et n’a obtenu qu’environ neuf minutes de temps de glace.
Son jeu s’est stabilisé par la suite, et son patinage a même montré certains signes encourageants, mais la première impression a été difficile à effacer.
Les critiques diffusées par Sportsnet ont ajouté une couche de pression à une soirée déjà compliquée.
Il faut toutefois reconnaître que Reinbacher n’est pas dans une situation facile.
Son utilisation est limitée, Martin St-Louis lui confie peu de responsabilités et chaque présence devient une occasion de gagner ou de perdre la confiance de son entraîneur.
On ne peut pas exiger de lui qu’il arrive dans la LNH et domine immédiatement comme Lane Hutson. Les deux défenseurs n’ont ni le même profil ni le même style, et leur développement ne suivra jamais exactement la même trajectoire.
Le problème, c’est que Reinbacher approche maintenant de ses 22 ans et que les attentes entourant un cinquième choix au total ne disparaissent pas simplement parce que son adaptation prend plus de temps que prévu.
Les partisans veulent voir des progrès, une lecture du jeu plus constante et une capacité à gérer la pression.
Une mauvaise soirée ne condamne pas sa carrière, mais elle nourrit les doutes lorsque les occasions de se faire valoir sont aussi rares.
La comparaison avec Michkov devient alors particulièrement inconfortable pour l’organisation montréalaise.
Le Russe n’a pas tout réglé, et une bonne entrevue ne suffit certainement pas à effacer toutes les interrogations sur son jeu ou son comportement.
Il vient néanmoins de montrer une image positive au moment où Philadelphie avait besoin de leadership et d’une première victoire.
Reinbacher, de son côté, doit encore convaincre qu’il peut devenir le défenseur que le Canadien imaginait lorsqu’il a prononcé son nom devant les caméras du repêchage.
Personne ne sait encore lequel des deux aura la meilleure carrière. Ce débat se réglera sur plusieurs saisons, pas au lendemain d’un match difficile ou d’une entrevue réussie.
Mais pour les partisans montréalais, le contraste est cruel : Michkov semble prendre confiance dans son environnement pendant que Reinbacher tente encore de gagner sa place dans le sien.
Le Canadien avait choisi un défenseur pour bâtir l’avenir de sa brigade.
Aujourd’hui, chaque sourire de Michkov et chaque erreur de Reinbacher ramènent les partisans à cette décision.
Le jeune Autrichien a encore le temps de renverser la situation, mais il aurait bien besoin d’une soirée convaincante pour faire taire le bruit qui l’entoure.
Ouch…
