Mauvaise foi: Martin St-Louis répond aux critiques sur son traitement envers Zachary Bolduc
Zachary Bolduc et Martin St-Louis. Capture d’écran, La Presse

Mauvaise foi: Martin St-Louis répond aux critiques sur son traitement envers Zachary Bolduc

David Garel
Le 2026-10-08

Martin St-Louis a décidé de répondre aux critiques entourant l’utilisation de Zachary Bolduc.

Et sa réponse fait grincer des dents.

Le problème n’est pas qu’un entraîneur demande à un jeune joueur de gagner sa confiance. C’est parfaitement normal. Le problème, c’est le décalage entre ce discours et ce qu’on voit sur la glace depuis trop longtemps avec Bolduc.

St-Louis explique que le jeune attaquant doit continuer à convaincre le personnel d’entraîneurs qu’il mérite davantage de minutes.

« Je pense que, comme pour n’importe quel jeune joueur, il s’agit de continuer à nous convaincre du nombre de minutes qu’il devrait jouer. Et parfois, je sais que ça peut arriver qu’après un match, tu sortes de la rencontre en te disant : “Zut, j’aurais dû jouer davantage.” Mais il s’agit de continuer à convaincre les entraîneurs que tu mérites plus. »

Hum.

On parle ici d’un joueur qui vient de marquer deux buts dans un match où le Canadien avait énormément de difficulté à générer de l’offensive.

Bolduc ne demande pas une faveur.

Il produit.

Et pourtant, St-Louis continue de lui expliquer qu’il doit mériter ses minutes.

Le coach poursuit :

« Je pense que jusqu’ici, il l’a fait. Alors, on essaie de déterminer comment répartir le temps de glace avec tout le monde et tout ce qui vient avec. Il joue sur la deuxième unité du jeu de puissance. Il a marqué un gros but pour nous avec cette unité lors du dernier match. Il s’agit de continuer à gagner sa place. »

Encore une fois, le discours en surface est mignon.

Mais lorsqu’on regarde la manière dont les minutes sont distribuées, la logique devient beaucoup moins convaincante.

Bolduc marque, crée des occasions, donne de l’énergie à une attaque qui en manque.

Et malgré tout, il demeure dans un rôle où chaque minute supplémentaire semble devoir être gagnée au terme d’une audition permanente.

Pendant ce temps, certains joueurs bénéficient d’une patience beaucoup plus importante.

Quand Juraj Slafkovsky connaît un match horrible et qu'il commet des revirements à la pelletée, pourquoi joue-t-il 20 minutes?

Voilà ce qui dérange.

Le problème n’est pas que Bolduc doive travailler.

Le problème, c’est que les critères changent selon le joueur.

St-Louis va encore plus loin lorsqu’il parle de son potentiel.

« On ne sait pas vraiment quelle est sa limite. Il s’agit de continuer à le développer comme joueur complet et d’être capable d’apporter davantage que simplement marquer des buts. On sait qu’il peut marquer des buts, et il va en marquer, mais il s’agit de continuer à pousser et à nous convaincre qu’il mérite davantage de temps de glace. »

Mais depuis quand est-ce devenu un défaut de savoir marquer des buts?

Le Canadien cherche justement de l’offensive, alors que son attaque manque cruellement de constance. Mais St-Louis préfère utiliser le plombier Jake Evans davantage que Bolduc... parce qu'il est bon dans les petits détails...

Et lorsqu’un jeune attaquant démontre qu’il possède cette capacité, son entraîneur lui explique qu’il doit encore prouver qu’il peut faire autre chose défensivement.

C'est ce qu'on appelle un casseur de party.

Il y a une différence entre développer un joueur et lui faire comprendre que ses qualités offensives ne suffisent jamais.

Le plus ridicule, c’est que Bolduc vient précisément de démontrer qu’il pouvait répondre présent lorsque l’équipe avait besoin de lui.

3 buts, une passe en 3 matchs.

De bonnes mises en échec.

Une capacité à créer du danger avec son échec-avant et sa pesanteur.

Et malgré ça, il reste derrière les plombiers dans la hiérarchie du temps de glace.

La saison dernière, on avait déjà vu cette dynamique.

Bolduc avait connu une excellente séquence en début de saison, gagné en confiance et démontré qu’il pouvait produire. Pourtant, son rôle avait fini par diminuer jusqu’à le voir jouer avec des joueurs de quatrième trio ou même jusqu'aux gradins.

Aujourd’hui, le scénario recommence.

Et c’est là que la mauvaise foi devient difficile à ignorer chez le coach.

Si St-Louis veut vraiment parler de mérite, il faut appliquer le même principe à tout le monde.

Un joueur qui connaît un mauvais match devrait voir ses minutes diminuer, même si tu t'appelles Slafkovsky.

Un joueur qui produit devrait voir ses responsabilités augmenter.

C’est aussi simple que ça.

Bolduc n’a pas besoin qu’on lui fasse un cadeau.

Il a besoin qu’on reconnaisse ce qu’il apporte.

Le Canadien a investi dans son développement. Le joueur a signé son contrat de 4 ans pour des peanuts (4,2 M$ par année) en espérant justement obtenir une véritable occasion de s’établir dans un rôle plus important. Montréal a ajouté Chris Kreider, ce qui a naturellement compliqué sa route vers le top-6.

Mais Kreider n’a pas besoin de devenir une excuse pour maintenir Bolduc dans la niche de St-Louis.

Le jeune attaquant doit maintenant être jugé pour ce qu’il fait sur la glace.

Et s’il continue de marquer, de créer et d’être l’une des principales menaces offensives du Canadien, il n’y a plus beaucoup de raisons de lui demander éternellement de « gagner sa place défensivement ».

À un moment donné, il faut simplement lui donner la place qu’il a gagnée.

Martin St-Louis dit qu’il ne connaît pas encore le plafond de Bolduc.

Sérieux?

S’il veut réellement le découvrir, il faudrait commencer par lui donner suffisamment de glace pour qu’il puisse l’atteindre.

Oh que le coach du CH n'est pas honnete dans ses propos. Ça nous frustre au plus haut point.