Menace à Winnipeg: Zachary Bolduc paye cher avec Kent Hughes

Menace à Winnipeg: Zachary Bolduc paye cher avec Kent Hughes

David Garel
Le 2026-08-04

Le rapport de force est en train de changer complètement entre Kent Hughes et Zachary Bolduc. Et si c’est vraiment le cas, le directeur général du Canadien est en train de remporter une autre négociation majeure.

Pendant une bonne partie de l’été, le clan Bolduc croyait avoir le vent dans les voiles. L’explosion du plafond salarial, les nouveaux contrats accordés aux jeunes attaquants et la confiance du Canadien envers son potentiel permettaient de rêver à une entente beaucoup plus lucrative.

Le nom de Mavrik Bourque revenait constamment dans les discussions. Six ans. 5,5 millions de dollars par saison (Nashville). C’était clairement la référence que l’entourage de Bolduc regardait lorsqu’il évaluait sa propre valeur.

Mais depuis quelques jours, le marché vient de lui envoyer un message beaucoup moins encourageant.

Tommy Novak a signé trois ans à 4,25 millions de dollars par saison. Collin Graf? Exactement le même contrat : trois ans à 4,25 millions. Deux organisations différentes. Deux profils différents. Deux dossiers complètement indépendants… et pourtant exactement le même chiffre.

Ce n’est plus une coïncidence.

C’est un véritable prix du marché.

Le dossier Novak est particulièrement intéressant. Le nouvel attaquant des Penguins possède beaucoup plus d’expérience que Zachary Bolduc.

À 29 ans, il a déjà plusieurs saisons derrière la cravate, il peut évoluer autant au centre qu’à l’aile, une polyvalence qui vaut généralement plusieurs centaines de milliers de dollars supplémentaires par année, et il a démontré qu’il pouvait contribuer dans toutes les situations. Malgré tout cela, Pittsburgh ne lui a pas accordé cinq millions de dollars. Les Penguins ont fixé sa valeur à 4,25 millions.

Puis San Jose est arrivé avec Collin Graf.

Graf vient pourtant de connaître une saison supérieure à celle de Bolduc. Il a inscrit 21 buts et 46 points, alors que Bolduc a terminé sa campagne avec seulement 12 buts et 30 points en 78 matchs. Il évolue déjà sur un trio offensif avec Macklin Celebrini et Will Smith. Les Sharks le considèrent comme un morceau important de leur reconstruction. Malgré cette production et ce rôle offensif beaucoup plus important, son contrat s’établit lui aussi à 4,25 millions de dollars.

Comment le clan Bolduc peut-il maintenant continuer à défendre une demande de 5 ou même 5,5 millions de dollars?

Voilà toute la difficulté.

Pendant des semaines, Zachary Bolduc regardait uniquement les comparables qui l’avantageaient. Mavrik Bourque. Peyton Krebs. Certains jeunes attaquants qui avaient signé de belles prolongations. Kent Hughes, lui, attendait simplement que le marché fasse son travail.

Et le marché vient peut-être de lui donner raison.

Parce qu’aujourd’hui, le directeur général du Canadien peut déposer quatre dossiers sur la table.

Kirby Dach à environ 3,6 millions de dollars, qui représente pratiquement le plancher.

Peyton Krebs autour de 4,5 millions, qui représente un plafond réaliste.

Puis Novak.

Puis Graf.

Deux signatures identiques.

Deux signatures toutes fraîches.

Deux signatures qui pointent directement vers 4,25 millions de dollars.

À partir de là, la marge de manœuvre du clan Bolduc fond à vue d’œil.

Et comme si ce n’était pas suffisant, une autre pression commence tranquillement à apparaître dans ce dossier.

Les Jets de Winnipeg cherchent exactement le même profil de joueur que le Canadien. David Pagnotta a confirmé que Kevin Cheveldayoff est toujours à la recherche d’un ailier capable d’évoluer sur l’un de ses deux premiers trios, en plus d’un deuxième centre. Winnipeg est agressif sur le marché, tout comme Montréal.

Kent Hughes n’a évidemment jamais menacé publiquement son joueur.

Mais le simple fait que Winnipeg cherche désespérément un ailier ajoute une dynamique intéressante.

Parce qu’au bout du compte, Bolduc rêvait de jouer à Montréal. Il voulait s’imposer devant les partisans québécois. Il voulait connaître du succès au Centre Bell. Une transaction demeure toujours une possibilité dans la LNH, et personne ne peut garantir qu’un jeune joueur restera éternellement là où il souhaite évoluer.

Le message est donc implicite.

Si les demandes salariales deviennent irréalistes, Kent Hughes possède d’autres options.

Et soyons honnêtes.

Même si les Jets sont une excellente organisation, peu de jeunes joueurs choisiraient Winnipeg avant Montréal s’ils avaient véritablement le choix. Le marché est plus petit, les hivers sont encore plus rigoureux et plusieurs joueurs autonomes ont déjà refusé de s’y engager à long terme. Cette réalité existe depuis plusieurs années.

Pendant ce temps, le Canadien continue de miser sur le potentiel de Bolduc.

L’organisation croit qu’il peut produire beaucoup plus que ses 12 buts et 30 points. Martin St-Louis ne lui a pas toujours offert un rôle offensif privilégié. Plusieurs à l’interne pensent qu’il possède encore une importante marge de progression.

Mais une négociation ne se fait jamais uniquement sur le potentiel.

Elle se fait sur un équilibre entre ce qu’un joueur a déjà produit… et ce qu’il pourrait devenir.

C’est précisément ce qui favorise aujourd’hui Kent Hughes.

Le DG paie la production.

Le clan Bolduc vend le potentiel.

Et entre les deux, le marché vient probablement de fixer le vrai prix.

Non pas 5,5 millions, comme le souhaitait initialement le clan Bolduc en s’appuyant sur Mavrik Bourque.

Non plus 5 millions.

Mais bien 4,25 millions de dollars par saison.

Plus les jours passent, plus on a l’impression que Zachary Bolduc est en train de perdre cette négociation.

Et si Kent Hughes réussit finalement à le signer autour de ce montant, il ajoutera probablement une autre victoire à une liste déjà impressionnante de contrats négociés largement en faveur du Canadien.