Il y a encore quelques mois à peine, l’idée même d’inclure Cole Caufield dans une transaction faisait bondir les partisans du Canadien.
Un marqueur de 51 buts, signé jusqu’en 2031 pour seulement 7,85 millions de dollars par saison, représentait pratiquement un joueur intouchable.
Kent Hughes avait réussi ce qui semblait impossible : convaincre l’un des meilleurs francs-tireurs de la LNH d’accepter un contrat qui risque de devenir l’une des plus grandes aubaines du circuit à mesure que le plafond salarial explose.
Aujourd’hui, le discours commence pourtant à changer.
La raison porte un nom : Connor McDavid.
Tout le monde comprend maintenant que la saison 2026-2027 représente la dernière chance des Oilers d’Edmonton.
Après plusieurs finales perdues, plusieurs printemps qui se sont terminés dans la déception et une pression devenue insoutenable en Alberta, McDavid aurait accordé une ultime occasion à son organisation de construire une équipe championne avec Mike Babcock derrière le banc.
Si Edmonton échoue encore à soulever la Coupe Stanley, plusieurs croient qu’il demandera finalement une transaction afin d’aller chercher ailleurs ce qui lui échappe depuis dix ans.
Et soudainement…
Le Canadien de Montréal apparaît comme l’une des rares organisations capables de construire une offre crédible.
Des jeunes joueurs établis. Des espoirs élites. Des choix de première ronde. De l’espace sous le plafond salarial. Peu d’équipes possèdent autant d’atouts que Montréal si jamais le meilleur joueur de la planète devenait réellement disponible.
Mais une telle transaction ne pourrait évidemment jamais se faire sans sacrifier un morceau extrêmement douloureux.
Et c’est précisément là que Cole Caufield tombe de haut.
Ses séries difficiles alimentent un débat qui n’existait pratiquement pas avant le printemps. Chaque fois que le jeu devient plus physique, que l’espace disparaît et que les défenseurs ferment les lignes de tir, les questions reviennent.
Peut-il imposer sa volonté contre les meilleures équipes? Peut-il transporter une attaque lorsque le hockey devient plus lourd? Son talent offensif n’est remis en question par personne, mais plusieurs se demandent maintenant si son impact demeure aussi important lorsque les séries commencent.
Même certains chroniqueurs qui le considéraient auparavant comme intouchable ouvrent désormais la porte à son départ dans un scénario impliquant McDavid.
À Montréal, ce simple changement de ton en dit long.
Pendant des années, les partisans protégeaient Caufield coûte que coûte. Aujourd’hui, plusieurs commencent à dire exactement le contraire : si Connor McDavid devient disponible, personne ne devrait être intouchable.
Le raisonnement est brutal, mais il existe.
Les Oilers ne voudront pas reconstruire. Ils voudront demeurer compétitifs immédiatement autour de Leon Draisaitl. Ils exigeront un marqueur capable de produire dès le premier match, pas uniquement des choix au repêchage et des espoirs. Dans cette optique, Caufield représente exactement le type de joueur qu’Edmonton pourrait réclamer : jeune, déjà établi, signé à rabais et capable de marquer cinquante buts.
Ce qui semblait impensable commence donc tranquillement à devenir… logique.
Pour Caufield, la gifle est immense.
Il a accepté un contrat bien inférieur à ce que plusieurs croient qu’il aurait pu obtenir dans quelques années afin de participer au projet de Kent Hughes.
Il est devenu le neuvième meilleur ailier de toute la LNH selon plusieurs classements récents, devant des joueurs qui gagnent pourtant beaucoup plus que lui. Malgré tout cela, le voilà aujourd’hui utilisé comme principale monnaie d’échange dans les plus gros scénarios imaginables.
C’est toute la cruauté du hockey.
Un joueur peut devenir une aubaine salariale pour son équipe… tout en devenant, du même coup, l’actif le plus précieux à sacrifier lorsqu’une véritable supervedette devient disponible.
Si Connor McDavid ouvre réellement la porte à un départ l’été prochain, une chose paraît déjà certaine.
Le téléphone de Kent Hughes sonnera.
Et le premier nom que les Oilers demanderont risque fort d’être celui de Cole Caufield.
