Zachary Bolduc méritait mieux que ça hier soir.
Dans une soirée où le Canadien a été dominé pendant de longues séquences par les Hurricanes de la Caroline, où la défense montréalaise a multiplié les erreurs et où plusieurs joueurs ont connu une rencontre difficile, Bolduc a été l’une des rares véritables menaces offensives. Deux buts. Deux fois, il a trouvé le moyen de donner de l’énergie à une équipe qui en manquait cruellement.
Et pourtant, Martin St-Louis continue de le traiter comme s’il le méprisait.
C’est inacceptable.
Bolduc avait justement un objectif clair lorsqu’il a négocié son nouveau contrat avec le Canadien : il voulait avoir une véritable occasion de se tailler une place dans le top-6.
C’était une partie importante des discussions entourant son avenir à Montréal. Le jeune attaquant savait qu’il avait besoin de responsabilités et de joueurs capables de l’aider à poursuivre son développement.
Le Canadien a plutôt ajouté Chris Kreider.
Très bien. On peut comprendre la volonté d’ajouter un vétéran capable d’apporter de l’expérience et du leadership. Mais si Kreider prend une place dans le top-6, cela ne devrait pas automatiquement condamner Bolduc à se faire traiter comme un moins que rien.
C’est pourtant exactement ce qui se produit.
Hier soir, Bolduc a marqué deux buts et a été l’un des meilleurs joueurs du Canadien aux côtés de Phil Danault et Alexandre Texier.
Malgré cela, il a terminé la rencontre avec seulement 14 minutes et 7 secondes de temps de glace. Après deux périodes, il était l’avant-dernier joueur le moins utilisé par le coach.
Il a fallu attendre la fin de la troisième période pour que l’entraîneur commence enfin à lui donner davantage de responsabilités.
Mais ne vous faites pas berner. St-Louis a envoyé Bolduc dans la dernière minute et demie, après que les Hurricanes aient marqué leur but dans le filet désert.
Comme si Martin savait trop bien que les médias québécois allaient lui tomber dessus en voyant le temps de jeu de Bolduc.
St-Louis s’est sauvé le derrière en manipulant les chiffres. Il devrait avoir honte.
Il ne faut pas se raconter d’histoires. Tu ne peux pas garder ton meilleur buteur sur le banc pendant une bonne partie de la rencontre, puis lui donner quelques présences supplémentaires en troisième période et prétendre ensuite lui avoir donné une véritable occasion.
Pendant ce temps, Juraj Slafkovsky connaissait une soirée horrible et terminait tout de même avec plus de 20 minutes de jeu.
C’est là que ça devient difficile à justifier.
Bolduc marque deux buts dans une défaite de 6-4. Il aurait facilement pu marquer un tour du chapeau. Il est l’un des rares attaquants montréalais à constamment représenter une menace. Il démontre qu’il peut trouver le fond du filet dans un match où son équipe peine à générer de l’offensive.
Et malgré tout, son entraîneur continue de le garder dans sa niche.
On a déjà vu ce film.
La saison dernière, Bolduc avait connu une séquence où il était littéralement en feu en début de saison. Il produisait, il gagnait en confiance et il commençait à démontrer pourquoi le Canadien croyait autant en son potentiel. Au lieu de profiter de cette progression, Martin St-Louis l’avait progressivement relégué dans un rôle de plombier sur le 4e trio.
Comme s’il voulait le casser.
La confiance du jeune attaquant s’était effondrée.
Et voilà que St-Louis recommence son comportement de « boss » qui veut enfoncer son employé jusqu’au cou.
Oui, le coach a le complexe de Napoléon. Et ça nous pue au nez.
Bolduc n’est plus un jeune joueur qu’on peut envoyer sur le quatrième trio pendant des semaines simplement parce qu’on veut lui faire comprendre qu’il doit mériter chaque minute de glace en bien jouant défensivement.
À un moment donné, il faut aussi reconnaître ce que le joueur te donne.
Et actuellement, Bolduc donne des buts.
C’est précisément ce dont le Canadien a besoin.
Ivan Demidov est blessé. Le Canadien vient de perdre son match d’ouverture locale. L’offensive manque de constance. Plusieurs joueurs peinent à produire. Le jeu de puissance n’a pas été à la hauteur malgré des occasions extraordinaires.
Dans ce contexte, punir Bolduc, ton meilleur joueur sur la glace, est vraiment honteux.
Bolduc continue de marquer pendant que son entraîneur continue de le cacher.
Ce n’est plus une question de mérite.
C’est une question de manque de respect.
Zachary Bolduc ne mérite pas de se faire maltraiter ainsi.
