Pauvre Jakub Dobeš.
Le Québec ne croit plus en lui. On a déjà vu ça avec des entraîneurs, des vétérans, des jeunes en panne de confiance. Mais rarement aura-t-on vu un phénomène devenir aussi méchant, aussi vite qu’avec Jakub Dobeš, dont la dernière prestation en Caroline aura servi d'électrochoc à une avalanche de moqueries qui disent tout sur l’état du ménage à trois, sur la patience du public, mais surtout sur l’image que projette aujourd’hui le jeune gardien du CH.
Tout a commencé avec Maxime Talbot, qui s’est permis, en direct à L'Antichambre, une comparaison cruelle en évoquant Dobeš comme un ange dans la neige, une image qui sous-entend un gardien couché, inefficace, battu avant même que le tir parte.
Une métaphore qui a frappé l’imaginaire parce qu’elle résume exactement ce que plusieurs voient chez le gardien : un style déstructuré, un déséquilibre permanent, une panique dans les jambes qui transpire à l’écran.
Talbot a mis des mots sur ce que les partisans ressentent mais n’osaient pas dire : Dobeš nage, Dobeš glisse, Dobeš perd ses repères, et parfois, Dobeš semble chercher où est la rondelle une seconde après qu’elle a déjà traversé la ligne.
Mais si Talbot avait amorcé la cassure avec les médias d'ici, Maxim Lapierre l’a transformée en fracture ouverte.
Car Lapierre, lui, n’a pas parlé d’anges, de glissades ou de maladresse poétique. Il a frappé fort, très fort, en déclarant que Dobeš avait l’air de porter un casque de bain, comme un nageur incapable de garder la tête hors de l’eau. Ouch.
« Hier, il avait son casque de bain pis toute là » 🏊♂️🥅@Lappy14 @pascal_leclaire pic.twitter.com/TrUzR5Vtk5
— La Poche Bleue (@lapochebleue) January 3, 2026
Imaginez le mépris. Lapierre décrit le Tchèque comme un gardien submergé par chaque action, chaque tir, chaque déviation.
La moquerie a circulé partout, elle est devenue une joke virale instantaneé, elle s’est incrustée dans la conversation québécoise, et elle dit quelque chose de profondément révélateur : le Québec ne veut plus voir Jakub Dobeš à Montréal.
Parce qu’il est devenu trop stressant, trop imprévisible, trop émotif (on se souvient qu'il a pleuré devant tout le Québec), trop fragile dans un rôle où le public veut de la stabilité et où la province veut un tandem Montembeault-Fowler.
Lorsque les images de Jakub Dobeš en larmes ont circulé, ce moment où des joueurs adverses l’ont même nargué en mimant des pleurs, José Théodore s'était aussi moqué du gardien.
« S’il pleure en novembre, il va manquer de larmes s’il joue 16 ans comme moi. »
Le match contre la Caroline l’a illustré mieux que n’importe quelle analyse technique. Cinq buts sur 25 tirs, un pourcentage d’arrêts de .800, un gardien qui semblait flotter plutôt que contrôler son demi-cercle, et malgré tout, une victoire offert par une attaque en feu. En d’autres termes : le CH a gagné malgré lui, et tout le monde l’a vu.
C’est là que le discours bascule.
Parce que, pendant que Dobeš cherchait son souffle, Jacob Fowler, lui, incarne le futur et la sérénité, le futur. Même dans une défaite en fusillade, il inspirait plus de confiance que Dobeš dans une victoire.
Pendant que Dobeš s’effondrait sous la pression médiatique, Samuel Montembeault ressuscitait en Floride, retrouvant ses repères, son aplomb, sa force mentale, et surtout l’amour d’un vestiaire qui l’attendait depuis des semaines.
Voilà pourquoi, aujourd’hui, le ménage à trois n’est plus un casse-tête : il est un couperet qui descend lentement mais sûrement vers une seule tête, celle de Jakub Dobeš.
Le marché québécois a fait son choix. Les analystes aussi. Les partisans, n’en parlons même pas.
On dit dans les coulisses que Fowler doit jouer à Montréal. On dit que Montembeault vient de sauver sa saison. On dit que le jeune Dobeš doit aller travailler avec Marco Marciano à Laval.
Mais ce que personne n’avait dit encore, c’est ceci : le Québec n’a plus d’affection pour lui.
Et ça, dans ce marché, c’est souvent la première étape avant un exil.
Parce qu’en vérité, ce match en Caroline a confirmé quelque chose de brutal :
Même quand il gagne, Dobeš se fait détruire médiatiquement.
Lapierre l’a moqué. Talbot l’a ridiculisé. Le public a renchéri.
Dobes n'est plus le bienvenu au Québec... qui l’a déjà jugé.
Le casque de bain va peut-être le renvoyer à Laval plus vite que son dernier pourcentage d’arrêts. Reouch.
