William Trudeau envoie un message cinglant à Arber Xhekaj : « Regarde-moi et comprends »
Ouch,
Il y a quelque chose de particulièrement troublant dans le départ de William Trudeau de Montréal. Pendant quatre saisons, le défenseur québécois a attendu patiemment une véritable occasion avec le Canadien.
Il a joué, travaillé, progressé et accepté de passer année après année par Laval, en regardant d’autres défenseurs obtenir les rappels qu’il espérait.
Puis, lorsqu’il est finalement devenu évident que la porte ne s’ouvrirait probablement jamais à Montréal, le Canadien et lui ont convenu qu’un nouveau départ était préférable. Quelques semaines plus tard, Trudeau parle déjà de New York comme d’une meilleure opportunité.
À TVA Sports, il a reconnu qu’il aurait évidemment aimé réussir à Montréal, mais que la réalité l’avait forcé à regarder ailleurs.
« Je voulais avoir ma chance dans la Ligue nationale et au fil des années, ce n’est pas arrivé à Montréal. Je pense que ce sera une meilleure opportunité. »
Trudeau a compris quelque chose qu’Arber Xhekaj devrait peut-être commencer à comprendre lui aussi : parfois, il faut arrêter d’attendre que quelqu’un décide finalement de croire en vous.
Le cas de Trudeau est sans pitié parce qu’il ne quitte pas Montréal après avoir abandonné. Au contraire, il affirme avoir tout donné pour l’organisation qui l’avait repêché en 2021.
Il a participé aux camps, aux matchs préparatoires, a connu quatre saisons à Laval et a continué de travailler sur son jeu. Mais la profondeur du Canadien à gauche de la défense a fini par lui fermer complètement la porte.
Lane Hutson. Mike Matheson. Kaiden Guhle, Arber Xhekaj. Jayden Struble. Adam Engström. Puis toute une nouvelle génération d’espoirs qui pousse derrière.
Surtout Owen Protz, la copie conforme de Xhekaj, qui veut devenir le nouveau shérif à Montréal
Trudeau appartenait à une ancienne génération du projet. Alors les deux parties ont finalement compris qu’il valait mieux arrêter de perdre du temps.
Et c’est exactement ce que Xhekaj devrait observer, lui qui a été trouvé par Marc Bergevin et qui est méprisé par Martin St-Louis depuis la rencontre des deux hommes.
Le dossier est différent, évidemment. Arber Xhekaj possède un profil beaucoup plus rare. Son gabarit, sa robustesse et sa capacité à imposer une présence physique font de lui un joueur que plusieurs organisations veulent l'acquérir.
Son potentiel demeure réel (surtout considérant à quel point Martin St-Louis le maltraite) et, contrairement à Trudeau, il a déjà démontré qu’il pouvait jouer régulièrement dans la LNH.
Mais justement.
Pourquoi rester éternellement dans une situation où son rôle demeure celui d'un moins que rien.
Son agent Brian Bartlett a récemment confirmé que le clan Xhekaj aime Montréal et souhaiterait poursuivre l’aventure avec le Canadien.
L'agent a aussi rajouté que Kent Hughes était très dur avec son client. Même trop dur. Le clan Xhekaj veut un salaire annuel entre 2,5 et 3 M$ par année, alors que le CH lui offre entre 1,7 et 2,1 M$.
Reste que le shérif ne veut pas partir et c'est pour cette raison qu'il se fait avoir.
Il se fait flouer par son coach sur la glace... et par son DG à la table des négociations.
C’est parfaitement compréhensible qu'il veuille rester quand même. Jouer pour le Canadien, devant sa famille et les partisans québécois, représente une situation tellement spéciale.
Mais une carrière de hockeyeur dure beaucoup moins longtemps qu’on le pense. Surtout pout un "boxeur" qui a déjà 25 ans.
Et le cas Trudeau démontre qu’un changement d’air est nécessaire, même lorsqu’un joueur aurait préféré rester.
Trudeau ne cache d’ailleurs pas qu’il voit maintenant New York comme une véritable occasion de repartir à zéro. Il pourra tenter de se faire une place avec les Rangers sans porter le poids des années passées à Laval et sans avoir constamment devant lui la liste des défenseurs que Montréal privilégie.
Il a même pu compter sur les conseils d’Alex Belzile, qui connaît bien l’organisation new-yorkaise.
« Il a joué là deux ans et n’avait que de bons mots pour l’organisation, que ce soit à Hartford ou à New York. Ça aide un peu ma transition », a expliqué Trudeau.
C’est ça, un nouveau départ.
Arber Xhekaj devrait en exiger un... et ordonner au CH de l'échanger.
Car pendant que Trudeau accepte de tourner la page, Xhekaj continue d’attendre et se faire marcher dessus.
Il attend que son rôle change. Il espère davantage de confiance. Il prie pour que Martin St-Louis finisse par voir en lui ce que les partisans et certains dirigeants de la LNH voient depuis longtemps.
Cette occasion en viendra jamais.
Il devrait se réveiller et comprendre à quel point sa valeur est élevée dans la LNH.
Trudeau lui montre de manière cinglante ce qui peut arriver lorsqu’un joueur reconnaît qu’une porte est fermée et décide d’aller en ouvrir une autre.
D’ailleurs, le principal reproche qui peut être formulé à Trudeau durant son passage à Montréal est justement son manque d’identité claire. Pascal Vincent l’avait très bien expliqué lorsqu’il travaillait avec lui à Laval : un joueur doit être capable de démontrer clairement ce qu’il apporte.
Pour Trudeau, le message était simple : devenir plus solide défensivement, être physique et permettre au gardien de voir la rondelle.
S’il parvient à imposer cette identité à New York, il pourrait enfin obtenir cette fameuse chance dans la LNH.
Et c’est peut-être exactement ce que Xhekaj doit faire avec la sienne.
Arrête d’attendre.
Si Montréal croit réellement en toi, que l’organisation le démontre. Si le rôle qu’on te réserve demeure celui d'un porteur d'eau, regarde ailleurs.
William Trudeau vient de comprendre qu’il ne pouvait pas attendre éternellement le Canadien.
Arber Xhekaj devrait comprendre la même chose.
Le Québécois part vers New York avec une seule chose en tête : enfin obtenir l’occasion qu’il attend depuis quatre ans.
Xhekaj, lui, possède déjà cette occasion entre les mains.
Qu'il ait le courage... de partir...
