Moment tendu sur le banc: Martin St-Louis coupe la question de François Gagnon

Moment tendu sur le banc: Martin St-Louis coupe la question de François Gagnon

Par David Garel le 2026-05-14

À 3 buts accordés sur les 4 premiers tirs, tout le monde pensait la même chose : c’est fini. Martin St-Louis va tirer la plug. Jacob Fowler s’en vient. Le KeyBank Center était en feu, les Sabres avaient le momentum, puis le Canadien avait l’air complètement désorganisé.

Et pourtant, le vrai point tournant du match n’a pas été un but.

Ça été un regard.

Un regard de Martin St-Louis vers Trevor Letowski au banc.

Tout le monde l’a vu.

Tout le monde s’est demandé la même chose : « Est-ce qu’on sort Dobes? »

Et c’est là qu’entre en scène un homme dont personne ne parle assez aujourd’hui : Marco Marciano.

L’entraîneur des gardiens a peut-être pris la plus grosse décision du match… peut-être même de la série.

Martin St-Louis l’a admis lui-même après la rencontre : ce n’est pas lui qui a pris la décision de garder Dobes dans le filet.

L’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal a raconté comment, après le troisième but des Sabres, tout le monde s’est rapidement consulté.

Letowski, avec son oreillette, était en communication avec les entraîneurs plus haut, dont Marco Marciano, l’entraîneur des gardiens.

« La première période a été très chaotique. Très chaotique », a répété St-Louis.

« Il faut enlever les émotions. On a parlé à notre coach des gardiens, Marco. On a demandé son opinion et il a dit de le laisser, fait qu’on l’a laissé. »

Puis Martin a avoué que cette décision dépassait son expertise personnelle.

« C’est un petit peu en dehors de ma juridiction. »

En séries, avec la pression, l’émotion et un match aussi énorme, combien d’entraîneurs auraient paniqué?

Combien auraient immédiatement retiré Jakub Dobes après trois buts sur quatre tirs?

Marco Marciano, lui, a mis sa tête sur le billot.

Il a dit : non.

On le garde.

Et Martin St-Louis lui a fait confiance.

Le journaliste François Gagnon a tenté de pousser Martin vers un piège.

Après avoir entendu St-Louis expliquer que Marciano avait demandé de garder Dobes, Gagnon l'a confronté :

« Je suis en train de comprendre que si c’était toi qui avais décidé… tu l’aurais ressorti? »

Et Martin a immédiatement coupé court avant même que Gagnon ne termine sa question.

« Non. NON. »

Wow. Tension. Voici l'extrait vidéo:

La réaction de Gagnon: Ok. Il y avait juste un aparté là-dedans.

Ishhhh... malaise...

St-Louis est sans pitié.

Fini.

Pas d’ambiguïté.

Pas de controverse.

Pas question de laisser croire qu’il avait perdu confiance en son gardien.

Encore une fois, Martin St-Louis a montré cette capacité presque chirurgicale à couper un narratif avant qu’il ne prenne vie.

Ce n’était pas un coach qui voulait sortir son gardien.

C’était un coach qui refusait de laisser l’émotion prendre le contrôle.

« Si tu veux tout contrôler, puis tu laisses tes émotions décider, tu ne prendras peut-être pas la meilleure décision. »

Bang. Dans les dents de Gagnon.

« La position de gardien est probablement celle où je peux le moins aider. J’essaie de ne pas trop m’en mêler. »

« Je préfère redonner le pouvoir aux personnes qui ont la compétence pour le faire. »

Marciano a eu raison... sur toute la ligne...

32 arrêts consécutifs.

Et Martin St-Louis n’a même pas attribué le vrai tournant du match aux 6 buts.

Pour lui, le moment qui a tout changé est arrivé tôt en deuxième période.

L’échappée de Tage Thompson.

Buffalo pouvait faire 4-2.

Le match pouvait basculer.

Mais Dobes réalise l’arrêt.

« Je pense que l’arrêt de Dobes sur Thompson en breakaway… après ça, on a commencé à renverser le momentum », a dit St-Louis.

Pendant ce temps, Dobes lui-même révélait avoir reprogrammé complètement son état mental après le premier entracte.

« On s’est parlé dans le vestiaire. On a reset ça. »

Puis il a admis avoir appris une leçon énorme.

« Je dois avoir un meilleur langage corporel pour les gars. Je ne peux pas leur montrer que je ne me sens pas à mon meilleur. »

Et après le match?

Dobes avait un message pour son entraîneur.

« Je lui ai dit merci de m’avoir laissé rester dans le match. »

Le merci va à Marco Marciano.

Et François Gagnon semble toujours aussi certain que St-Louis aurait appelé Fowler.

On ne saura jamais la vérité. À la défense du journaliste, St-Louis avait vraiment la tête d'un homme qui voulait changer de gardien.

Mais parions que Gagnon ne lui posera pas la question à nouveau. Ouch.