Naufrage en direct: Alain Crête a tout perdu
Alain Crête. Cogeco

Naufrage en direct: Alain Crête a tout perdu

David Garel
Le 2026-10-15

Le réveil est pénible pour Alain Crête.

Après plus de 40 ans de carrière, des décennies à décrire les matchs du Canadien de Montréal et un départ de RDS présenté comme une retraite, mais qui sent le congédiement déguisé à plein nez, le vétéran de 67 ans effectuait son retour derrière le micro mercredi soir sur Amazon Prime Video.

Il retrouvait le hockey, les Canadiens et un public qui le connaît depuis des générations. Sauf que la soirée ne s’est pas déroulée comme prévu.

Dès les premières minutes, les critiques ont commencé à pleuvoir. Problèmes de son, erreurs de description, noms mal prononcés, confusion entre des joueurs : les amateurs n’ont pas tardé à relever les ratés de cette première expérience. Et quand on connaît le parcours d’Alain Crête, difficile de ne pas ressentir un malaise.

Comme s'il avait tout perdu... le temps d'une soirée...

Le problème, c’est que les attentes étaient élevées. Amazon débarque dans la diffusion du hockey avec des moyens considérables, une plateforme technologique puissante et l’ambition de bousculer les réseaux traditionnels.

Pour sa première soirée avec le Canadien, le diffuseur avait choisi une voix familière, un homme qui connaît le hockey québécois depuis des décennies et qui a passé une grande partie de sa carrière à raconter les exploits des Nordiques pour devenir ensuite l'animateur principal du Tricolore.

Le vétéran s'est cassé les dents.

Les premiers problèmes sont apparus dès le début de la rencontre contre les Capitals de Washington. Le son ambiant prenait tellement de place que la voix du descripteur passait parfois au second plan.

Le bruit de l’aréna dominait la diffusion, donnant à certaines séquences l’allure d’un match éliminatoire plutôt que celle d’une rencontre de saison régulière disputée un mercredi soir à Washington.

La qualité de l’image était pourtant excellente, mais le son est un élément essentiel d’une diffusion sportive. Quand les amateurs doivent tendre l’oreille pour comprendre le descripteur, l’expérience perd rapidement de son efficacité.

Le son s’est amélioré au fil du match, mais d’autres problèmes ont alimenté les critiques. Plusieurs amateurs ont relevé des erreurs de prononciation, des confusions entre des joueurs et des passages où la description ne semblait pas suivre correctement le déroulement de l’action.

Le cas le plus critiqué concerne Cole Hutson et Cole Caufield. Crête a eu de la difficulté à distinguer les deux joueurs à plusieurs reprises. Pour un descripteur chargé de guider les amateurs à travers l’action, confondre des joueurs adverses est honteux.

Crête n’était pourtant pas un débutant parachuté dans une cabine de diffusion. Il arrivait avec un immense bagage professionnel et une réputation construite sur des milliers de matchs.

Les mots "has been" circulent partout sur la toile.

Le contexte rend cette soirée encore plus délicate pour Alain Crête. Au printemps dernier, RDS avait annoncé son départ après plus de 30 ans au sein du réseau.

L’histoire avait été présentée comme la conclusion d’une longue carrière, avec des hommages et des témoignages soulignant son apport au hockey québécois.

Crête avait lui-même expliqué qu’il ne voulait plus que la Ligue nationale dicte son horaire et qu’il souhaitait profiter de sa retraite.

Puis Amazon est arrivé avec une proposition qui lui permettait de revenir à la description des matchs du Canadien.

Ce retour a inévitablement ravivé les questions sur les circonstances de son départ de RDS. Dans le milieu, plusieurs ont interprété la situation comme une sortie qui n’était pas du tout volontaire, malgré la présentation officielle d’une retraite.

Mercredi soir, il ne revenait pas simplement travailler. Il revenait aussi dans un environnement où chaque erreur allait être scrutée, commentée et comparée à celles de ses collègues des réseaux traditionnels. Pour un homme qui avait quitté RDS après une carrière aussi longue, la pression a eu le meilleur de lui.

Il serait injuste de faire porter à Alain Crête seul la responsabilité de tous les problèmes de la soirée. Le son relève notamment de la production technique, et Amazon doit s’assurer que la qualité de sa diffusion soit à la hauteur de sa plateforme.

Le diffuseur a les moyens de corriger ces lacunes. Il devra aussi examiner les éléments qui ont nui à la description et s’assurer que son équipe dispose des outils nécessaires pour offrir une expérience plus fluide.

D’autres irritants ont également été relevés par les amateurs, notamment l’impossibilité de mettre le match sur pause ou de revenir en arrière.

En 2026, sur une plateforme comme Prime Video, ces limites sont difficiles à comprendre pour des abonnés habitués à profiter des fonctions de lecture à la demande.

Amazon est encore en train d’établir ses repères dans la diffusion du hockey au Québec, mais les attentes sont élevées et les consommateurs ne lui accorderont pas nécessairement une longue période de grâce.

Le public critique une production de manière cinglante et s’acharnent sur un homme ce matin. C'est cruel. commentaires sans pitié.

Le problème, c’est que les réseaux sociaux sont devenus le tribunal populaire. Une erreur devient une séquence virale, une confusion entre deux joueurs devient une blague et une mauvaise soirée se transforme rapidement en jugement définitif sur une carrière.

Pour Crête, le lendemain de veille est dur. Il devra composer avec les critiques, les commentaires négatifs et les questions sur son retour.

À 67 ans, après avoir consacré une immense partie de sa vie au hockey, il se retrouve dans une position où il doit prouver qu’il peut encore accomplir le travail qu’il a fait pendant des décennies.

Il a perdu son héritage et sa crédibilité... en une soirée...

il y a quelque chose de triste à voir un vétéran de cette stature devenir la cible d’autant de moqueries au lendemain de son retour.

Crête aura maintenant l’occasion de corriger le tir lors des prochaines diffusions. Amazon devra régler ses problèmes techniques, et le descripteur devra retrouver ses repères dans ce nouvel environnement.

Mais pour l’instant, le constat est sévère : le retour d’Alain Crête sur Amazon a été un cauchemar, et le vétéran se retrouve au cœur d’une tempête dont il se serait certainement passé.

De quoi lui faire regretter... de ne pas être resté à la retraite...