Jakub Dobes au bord des larmes: Martin St-Louis au bord de la crise de nerfs
Martin St-Louis et Jakub Dobes. Captures d’écran-youtube

Jakub Dobes au bord des larmes: Martin St-Louis au bord de la crise de nerfs

David Garel
Le 2026-10-14

La défaite de 5 à 4 contre les Capitals de Washington a laissé des traces. Jakub Dobes avait l’air complètement démoli devant les journalistes, au point où on avait l’impression qu’il pouvait éclater en sanglots à tout moment.

La scène était triste à voir:

Le gardien du Canadien de Montréal venait de laisser filer une rencontre dans laquelle son équipe avait marqué quatre buts, et il savait très bien qu’il n’avait pas livré la marchandise.

Ses réponses étaient lourdes d’émotion, sa voix trahissait sa frustration et son discours revenait constamment au même point : il devait faire davantage pour aider ses coéquipiers.

C’était le discours d’un joueur qui venait de prendre une claque et qui avait énormément de difficulté à l’encaisser.

« C’est mon travail d’être prêt. J’ai simplement l’impression de ne pas avoir réussi à donner d’élan à l’équipe, alors nous avons passé la rencontre à courir après le pointage. Je dois être meilleur comme coéquipier et comme gardien. En ce moment, ça fait mal. »

Dobes n’a pas cherché à se cacher derrière les circonstances. Il a reconnu que certains buts avaient été déviés, mais il a immédiatement ramené la responsabilité sur ses épaules. Pour lui, les explications ne changent rien au résultat : le Canadien a perdu, et il n’a pas réalisé les arrêts nécessaires pour empêcher cette défaite.

C'est comme s'il avait un double-discours. Celui du perdant coupable... et celui du perdant qui se cherche des excuses.

Pathétique.

« Deux des buts ont été déviés, mais ça ne change rien. Le hockey est un sport d’erreurs, et chaque seconde compte. Malheureusement, même si je me sentais plutôt bien dans certaines situations, j’ai quand même accordé cinq buts. Les gars en ont marqué quatre. Je dois simplement faire quelques arrêts de plus pour eux. »

Lorsque Dobes est aussi dur envers lui-même, la frontière entre la frustration sportive et l’effondrement émotionnel devient parfois très mince.

On pensait vraiment qu'il allait brailler comme l'a saison dernière.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé dans quels aspects précis de son jeu il devait s’améliorer, le gardien n’a pas tenté d’improviser une réponse. Il voulait revoir les images avant de poser un diagnostic sur sa propre performance.

« Je dois revoir ça. C’est difficile, parce que je n’ai pas les reprises sous les yeux. Je n’ai pas revu la rencontre. C’est surtout une impression pour le moment. Je ne pense pas qu’il s’agisse de grand-chose, mais certains détails doivent être meilleurs. »

Certains détails? Il niaise. Il n'est pas capable d'arrêter un ballon de plage le pauvre.

Si Dobes semblait au bord des larmes, Martin St-Louis, lui, donnait l’impression d’avoir atteint sa limite. L’entraîneur du Canadien était sur le bord d'exploser devant les caméras, mais ses réponses étaient courtes, son ton était sec et il n’avait visiblement aucune envie de s’éterniser sur les questions des journalistes.

Il venait de voir son équipe perdre une rencontre dans laquelle elle avait pourtant produit offensivement. Quatre buts n’ont pas suffi, et la discussion a rapidement ramené l’attention sur les lacunes devant le filet.

St-Louis a d’abord défendu le travail collectif de son équipe, particulièrement pendant les deux premières périodes.

« Pendant les deux premières périodes, nous avons joué du très bon hockey et nous n’avons pas accordé grand-chose. C’est en troisième période qu’ils ont obtenu plusieurs de leurs occasions. C’est une équipe qui utilise beaucoup les écrans et les déviations pour marquer. »

L’entraîneur a également souligné que ses joueurs avaient livré de bonnes batailles au cours des dernières rencontres, même lorsque les résultats n’étaient pas à la hauteur de leurs efforts.

Il estime que Montréal joue suffisamment bien pour espérer de meilleures récompenses, mais il n’a pas caché sa frustration devant la manière dont le match lui a échappé.

Le moment le plus tendu est survenu lorsqu’on lui a demandé directement comment il évaluait la performance de Dobes. Le gardien venait d’accorder cinq buts, mais St-Louis n’a pas voulu le condamner publiquement.

« Je ne sais pas. Quand tu accordes cinq buts, c’est toujours difficile de gagner. Mais je dois revoir la rencontre, parler à Marco (Marciano) et évaluer précisément sa performance. »

Cette réponse en dit long sur la situation. St-Louis aurait pu défendre son gardien avec une déclaration enthousiaste ou, au contraire, reconnaître clairement qu’il devait faire mieux. Il a choisi de ne pas trancher devant les journalistes et de laisser le travail d’évaluation suivre son cours.

C’est une façon de protéger Dobes, mais aussi de ne pas alimenter davantage un dossier qui devient de plus en plus toxique à Montréal.

Lorsqu’on lui a demandé s’il remettait en question la capacité du gardien à rebondir, il a maintenu la même ligne.

« Ce n’est pas quelque chose que je remets en question pour le moment. Marco va examiner la situation. Nous savons qu’il est capable de faire mieux. »

St-Louis ne voulait donc pas transformer cette défaite en procès public contre son gardien. Mais il n’a pas non plus profité de l’occasion pour le défendre avec conviction. Le message était clair : il sait que son gardien a "choké".

Même notre grand-mère le sait.

La conférence de presse a également abordé les buts inscrits contre le Canadien à la suite de rondelles déviées par ses propres joueurs. Après les deux buts contre son camp de mardi, la rencontre contre Washington a de nouveau donné lieu à une situation semblable avec Josh Anderson. Un journaliste a demandé à St-Louis si ces erreurs relevaient d’un manque d’attention dans les détails.

La réponse de l’entraîneur a été sèche et cinglante.

« Non, je ne pense pas que ce soit une question de détails. Parfois, la rondelle frappe l’un de nos joueurs. Ce n’est pas intentionnel. »

Son visage de mépris voulait tout dire.

St-Louis a insisté sur le fait que son équipe avait bien joué à cinq contre cinq et qu’elle avait livré plusieurs bonnes performances récemment. Il estime que Montréal n’a pas toujours été récompensé pour le travail fourni.

Une façon de rendre son gardien coupable subtilement.

« Dans l’ensemble, nous jouons du bon hockey. Nous avons de la difficulté à obtenir les résultats que nous pensons mériter compte tenu du travail que nous faisons. Mais nous sommes là où nous sommes, et nous allons continuer à travailler. »

Le Canadien vient de perdre un match qu’il devait gagner. Dobes en ressort profondément affecté, et son entraîneur est déjà au bout de la crise de nerfs.

Rien ne va plus.