Effondrement de Jakub Dobes: l’été de débauche a tout gâché
Jakub Dobes. Imagn Image

Effondrement de Jakub Dobes: l’été de débauche a tout gâché

David Garel
Le 2026-10-14

Cinq buts sur 23 tirs. Un pourcentage d’efficacité de .794. Une prestation catastrophique qui fait mal au Canadien, mais qui soulève surtout une question embarrassante : pourquoi Kent Hughes a-t-il donné plus de 16 millions de dollars à Jakub Dobes avant de savoir s’il était réellement capable de maintenir son niveau de jeu?

Jakub Dobes est en train de vivre un réveil brutal. Celui qui avait fait rêver les partisans du Canadien de Montréal pendant les dernières séries éliminatoires est méconnaissable. Il accorde des ballons de plage, il paraît inconfortable devant son filet et il donne l’impression d’être complètement en panique.

Sa défaite d’aujourd’hui donne mal au cœur:

Avec une moyenne de 4,63 et un pourcentage d’efficacité de .842, il est l’un des pires gardiens de la LNH… sinon le pire…

On ne parle plus d’un petit passage à vide : on parle d’un gardien au fond du trou mentalement, physiquement, en méforme physique complète, un taux de gras beaucoup trop élevé pour un athlète professionnel.

Il semble en dépression. Il allait pleurer en entrevue d'après-match:

Le plus inquiétant, c’est sa manière de se déplacer. Dobes paraît mal positionné, il n’est pas toujours carré devant les tireurs et il éprouve des difficultés à se relever après ses déplacements.

Il manque de souffle. Comme s’il suait toutes les toxines de cet été. Un gardien peut connaître une mauvaise soirée, ça arrive à tous les joueurs de la LNH. Mais lorsque les problèmes techniques s’accumulent (sa mitaine est atroce) et que tu n’es pas assez en « shape » pour survivre physiquement, les questions sont inévitables. Qu’est-ce qui se passe avec lui?

Après avoir terminé la saison dernière comme un héros, Dobes a profité de l’été montréalais et de l’attention qui accompagne désormais son statut de joueur du Canadien. Il a notamment été aperçu dans des événements festifs, dont le concert de Luke Combs et une soirée au Beachclub, en compagnie d’autres joueurs de l’organisation, dans un état second avancé.

Les histoires qui circulent dans le milieu au sujet de ses sorties, de soirées à l’hôtel avec des femmes de fête alimentent aussi les discussions autour de son été.

Ce qui s’est passé cet été a brisé Dobes de l’intérieur.

Il devait arriver prêt à jouer et démontrer que sa préparation lui permet de performer au niveau de la LNH. Il a fait le contraire.

Le Canadien lui a accordé une prolongation de contrat de trois ans d’une valeur totale de 16,07 millions de dollars, soit un salaire annuel moyen de 5,36 millions. Cette entente entrera en vigueur en 2027-2028. Montréal a donc choisi de miser sérieusement sur Dobes après ses performances en séries éliminatoires, convaincu d’avoir trouvé un gardien capable de contribuer aux succès de l’équipe pendant plusieurs saisons aux côtés du prodige Jacob Fowler.

Sauf que les héros des séries éliminatoires, il y en a chaque année. Un gardien peut connaître trois ou quatre rencontres exceptionnelles, devenir la coqueluche des partisans et donner l’impression qu’il est prêt à porter une équipe.

Cela ne garantit absolument pas qu’il possède la constance nécessaire pour devenir un véritable numéro un dans la LNH.

Dobes a connu des moments extraordinaires au printemps, mais on pouvait tous voir qu’il était un gardien écervelé devant son filet.

Eh bien, il a eu le même défaut dans les nuits nocturnes estivales : écervelé.

Kent Hughes aurait-il dû attendre avant de lui offrir une telle somme? C’est la question qui commence à prendre de l’ampleur.

Si le directeur général avait patienté, il aurait pu observer Dobes pendant plusieurs mois supplémentaires avant de déterminer sa véritable valeur.

Il aurait également pu négocier à partir d’un portrait beaucoup plus complet de ses capacités et de son éthique de travail.

Bref, il aurait pu le payer des peanuts. Au lieu de cela, Montréal a engagé plus de 16 millions de dollars sur un « one-hit wonder »?

Ce qui rend la prestation de Dobes encore plus difficile à avaler, c’est la facilité avec laquelle les tirs semblent le battre du côté du bloqueur et de la mitaine.

Lorsqu’une équipe repère une faiblesse chez un gardien, elle ne tarde pas à l’exploiter. Les Capitals ont pu insister sur ces deux zones, et Dobes n’a pas réussi à leur donner une raison de changer de stratégie.

Jacob Fowler n’a pas besoin de se penser une vedette ou de faire la fête l’été. Il arrête les rondelles, il gagne des matchs et il donne à ses coéquipiers une raison de croire en lui.

Tout le monde savait que c’était lui, le gardien numéro un du CH.

Dobes aurait pu devenir une pièce importante dans une transaction cet été et permettre au CH d’aller chercher la lune.

Aujourd’hui, sa valeur est en chute libre.

Le dossier devient encore plus frustrant lorsqu’on pense aux possibilités qui auraient pu s’offrir à Kent Hughes. Des rumeurs ont associé les Blue Jackets de Columbus à Dobes, et l’organisation aurait manifesté un intérêt sérieux pour le gardien dans les négociations pour Kirill Marchenko.

Imaginez si Hughes avait réussi à utiliser Dobes avec Alexander Zharovsky et d’autres éléments pour tenter de mettre la main sur Kirill Marchenko.

Évidemment, rien ne garantit que Columbus aurait accepté une telle proposition, car Matthew Knies était leur priorité.

Mais la question mérite d’être posée : le Canadien a-t-il manqué une occasion de vendre Dobes au sommet de sa valeur?

Poser la question, c’est y répondre.

Après son été de rockstar, Dobes se retrouve devant une réalité beaucoup moins glamour.

Le héros des séries est en train de devenir un flop de la saison 2026-2027.

Triste.