Jason Robertson commence à ressembler au symbole parfait d’un marché qui est en train de devenir complètement fou.
Depuis des mois, Kent Hughes répète qu’il ne veut pas brûler d’étapes, qu’il ne fera pas de transaction simplement pour faire plaisir aux partisans.
Depuis des lunes, la direction parle de patience, de discipline salariale et de développement interne.
Pourtant, à mesure que l’été avance, une impression commence à s’installer autour de la LNH.
Le Canadien surveille absolument tout, appelle partout, vérifie chaque dossier disponible.
Kent Hughes et Jeff Gorton cherchent désespérément une façon d’améliorer son top-6.
Et lorsque le nom de Jason Robertson continue de revenir dans les discussions malgré tous les obstacles évidents, plusieurs recruteurs commencent à se poser une question toute simple.
Kent Hughes commence-t-il à manquer d’options?
La situation devient difficile à ignorer.
Montréal a besoin d’un centre top-6, d'un ailier gauche top-6 et d'un défenseur droitier top-4 à gros gabarit.
Surtout, Montréal a besoin d’un joueur capable d’évoluer avec Ivan Demidov, qu'il joue au centre ou à l'aile, tant qu'on parle d'un talent offensif capable de rivaliser avec les monstres qui se trouvent maintenant dans la division Atlantique.
Pendant que le Canadien analyse le marché, la Floride vient d’ajouter Brady Tkachuk à une équipe qui possédait déjà Aleksander Barkov, Matthew Tkachuk, Sam Reinhart, Sam Bennett, Brad Marchand, Anton Lundell, Seth Jones et compagnue.
Toronto a rajouté Darren Raddysh et continue de chercher des solutions pour redevenir dangereux.
Tampa Bay refuse de disparaître et vont signer John Carlson sur le marché des agents libres.
La fenêtre du Canadien est ouverte, mais la conférence de l’Est n’attendra pas gentiment que le développement fasse tout le travail.
C’est dans ce décor que le dossier Robertson attire autant l’attention.
Selon ce qui circule, Montréal continue de surveiller la situation.
Le Canadien n’est pas seul.
Ottawa regarde aussi, mais le clan Robertson a déjà fait savoir qu'il ne voulait rien savoir des Sénateurs.
Plusieurs équipes demeurent attentives.
La différence, c’est que peu de formations possèdent les actifs nécessaires pour compléter une transaction de cette ampleur.
Kent Hughes possède encore tous ses choix de première ronde, des espoirs de qualité (Michael Hage, Alexander Zharovsky, David Reinbacher), des espoirs secondaires, mais qui restent intéressaants (Bryce Pickford), des joueurs établis qui peuvent embellir un "package deal" (Oliver Kapanen, Kirby Dach, Alex Newhook) et des joueurs établis premium comme Kaiden Guhle.
Kent Hughes possède encore suffisamment d’espace sous le plafond salarial pour rêver à un scénario qui paraissait impossible il y a quelques années.
Mais plus on analyse le dossier, plus la facture devient inquiétante.
Selon plusieurs informations qui circulent présentement dans le milieu, Robertson aurait déjà refusé une offre qui tournait autour de 12 millions de dollars par saison à Dallas.
Douze millions.
Au Texas.
Dans un marché où la pression médiatique n’a rien à voir avec Montréal.
Dans un État où les impôts sont parmi les plus avantageux du sport professionnel.
Si cette somme n’est pas suffisante, combien faudrait-il offrir pour convaincre Robertson de venir jouer au Québec?
14 millions? 15 millons?
La simple question donne des maux de tête aux gestionnaires de la ligue.
Une offre de 14 millions de dollars changerait complètement la structure salariale du Canadien.
Pendant des années, l’organisation a vendu l’idée du sacrifice collectif, alors que les dirigeants ont insisté sur l’importance d’une hiérarchie salariale cohérente.
Accorder 14 millions à Robertson reviendrait à renverser cette philosophie d’un seul coup.
C’est ce qui rend le dossier si excitant... et paniquant...
Le Canadien continue de surveiller la situation, de rester informé, mais plusieurs personnes autour de la ligue ont de la difficulté à croire que Kent Hughes est prêt à aller jusque-là.
Une transaction coûterait déjà une fortune.
Une offre hostile coûterait 4 choix de première ronde.
Et derrière tout ça, il faudrait encore signer le joueur à un montant qui pourrait redéfinir complètement l’économie du vestiaire montréalais.
Voilà pourquoi plusieurs recruteurs continuent de croire que Montréal garde surtout un œil sur le dossier au cas où quelque chose changerait rapidement.
Un revirement.
Une négociation qui dérape.
Une ouverture inattendue du clan Robertson.
Une baisse des demandes salariales.
Un changement de stratégie chez les Stars.
Pour l’instant, rien n’indique qu’on soit rendu là.
Ce qui est certain, c’est que le simple fait de voir le Canadien encore associé à Jason Robertson démontre à quel point le marché est devenu compliqué.
Les centres de premier plan coûtent une fortune.
Les ailiers élites coûtent la lune.
Les jeunes vedettes sont pratiquement impossibles à sortir de leur organisation.
Et lorsqu’une rare occasion se présente, les prix atteignent des niveaux qui auraient semblé absurdes il y a seulement quelques années.
Kent Hughes continue donc de surveiller.
Mais plus les chiffres circulent, plus une autre question commence à prendre toute la place.
Le Canadien cherche-t-il réellement Jason Robertson?
Ou le Canadien est-il simplement rendu au point où il doit regarder tous les dossiers disponibles parce que les autres portes sont en train de se fermer une à une?
Ça sent la panique... à plein nez...
