Elias Pettersson se rapproche de Montréal?
Il y a encore quelques mois, personne n’aurait sérieusement envisagé ce scénario. Le contrat était trop gros, les performances trop décevantes et Vancouver semblait encore convaincu de pouvoir reconstruire autour de son centre vedette. Aujourd’hui, la conversation a complètement changé.
Le nom de Pettersson circule plus que jamais dans l’entourage du Canadien. Darren Dreger a confirmé que Montréal s’est informé auprès des Canucks.
David Pagnotta rapporte de son côté que plusieurs équipes, dont le Canadien, ont manifesté de l’intérêt depuis que Vancouver a ouvert la porte à une transaction.
Et voilà que Maxim Lapierre a lui-même alimenté le débat en expliquant qu’un changement d’environnement pourrait complètement relancer la carrière du Suédois.
"J'ai toujours détesté l'idée mais depuis quelques jours j'y pense. Ce qui me passe par la tête c'est la différence entre le Eichel à Buffalo et celui à Vegas. Je dis pas que je le fais, mais ça me chatouille... surtout si on est capable de l'avoir pour 8-9 millions. Si on a été capable d'avoir Laine pour ce prix là... pourquoi pas lui?"

Le détail qui transforme ce dossier est évidemment la retenue salariale.
Pendant longtemps, le contrat de 11,6 millions de dollars par saison représentait un mur pratiquement impossible à contourner.
Or, selon les informations qui circulent présentement dans la LNH, les Canucks seraient prêts à retenir jusqu’à trois millions de dollars par année afin de faciliter une transaction. Tout à coup, Pettersson ne coûte plus 11,6 millions. Il coûte environ 8,6 millions.
Cette différence change complètement la nature de la discussion.
À 11,6 millions, le Canadien devait fuir le dossier. À 8,6 millions, voire 9 millions, Kent Hughes est obligé d’au moins écouter ce que Vancouver a à offrir.
L'informateur Marc-Olivier Beaudoin envoie aussi Elias Pettersson à Montréal:
" Combien d'exemples on a de joueurs qui ont relancé leur carrière en changeant d'environnement? Il demeure un incroyable passeur, sur un 2e trio avec Demidov ça pourrait faire des flammèches! Et c'est pas comme si les options de 2e centre étaient nombreuses. Le fit parfait est pratiquement introuvable. Va falloir concéder des critères à quelque part!"

La situation des Canucks en dit également long sur la valeur actuelle du joueur.
Lorsque Marco D’Amico de RG Média. affirme que les meilleurs espoirs du Canadien ne seraient pas inclus dans une transaction, le Québec s'enflamme.
On ne parle plus du Pettersson qui flirtait avec les 100 points et qui figurait parmi les centres les plus dangereux de toute la LNH. On parle d’un joueur dont la valeur a fondu au cours des deux dernières saisons au point où son organisation cherche activement des solutions pour s'en débarrasser.
Selon les informations du journaliste, Brendan Gallagher pourrait être impliqué dans la transaction sous le thème indésirable vs indésirable:

Les chiffres expliquent facilement pourquoi la valeur du Suédois est en chute libre.
Une récolte de 51 points en 74 matchs l’an dernier.
Une saison précédente de 46 points en 64 rencontres.
Deux campagnes consécutives qui soulèvent davantage de questions qu’elles n’apportent de réponses.
Sans parler de ses problèmes de santé mentale.
Vancouver ne cherche plus à vendre un joueur de concession. Vancouver cherche à transférer un risque.
C’est précisément ce qui rend le dossier aussi polarisant à Montréal.
D’un côté, le Canadien cherche encore un centre capable d’occuper un rôle offensif important derrière Nick Suzuki. Le marché est pratiquement vide. Robert Thomas n’est plus disponible. Nico Hischier va demeurer au New Jersey. Dylan Larkin ne veut rien savoir de Montréal. Plusieurs autres options sont soit inaccessibles, soit entourées d’incertitudes importantes. (Mason McTavish, son coup de patin lent et sa paresse défensive).
De l’autre côté, Pettersson demeure un pari.
Le talent n’a jamais disparu.
La confiance, elle, semble avoir disparu depuis longtemps.
À Vancouver, il a hérité d’une pression énorme après les bouleversements vécus par l’organisation. On lui demandait d’être le visage de l’équipe, le leader offensif, le joueur capable de porter une franchise entière sur ses épaules. Les résultats n’ont jamais été à la hauteur des attentes.
Montréal lui offrirait un environnement complètement différent.
Le capitaine s’appelle Nick Suzuki.
La vedette offensive s’appelle Ivan Demidov.
Lane Hutson attire déjà une énorme partie de l’attention médiatique.
Pettersson n’aurait pas à devenir le sauveur du Canadien. Il aurait simplement à redevenir un bon joueur de hockey.
C’est exactement l’argument utilisé par Maxim Lapierre lorsqu’il compare la situation à celle de Jack Eichel lors de son arrivée à Vegas. Plusieurs avaient des doutes à l’époque. Une nouvelle organisation, un nouveau rôle et un environnement plus stable ont complètement changé la trajectoire du joueur.
La comparaison n’est évidemment pas parfaite. Eichel n’avait jamais connu une chute de production aussi marquée. Le parallèle demeure intéressant lorsqu’on tente d’imaginer ce que pourrait devenir Pettersson loin de Vancouver.
Une autre dimension mérite d’être considérée.
Ivan Demidov.
Partout dans la ligue, plusieurs personnes sont convaincues que le jeune phénomène russe possède déjà la capacité de transformer les joueurs qui l’entourent. Son intelligence offensive, sa créativité et sa vision du jeu font rêver plusieurs dirigeants.
Si Montréal croit réellement que Demidov est destiné à devenir une superstar, l’idée de lui associer un joueur du talent naturel de Pettersson devient beaucoup plus séduisante.
Le prix demandé demeure évidemment la grande inconnue.
Il faudra rajouter des éléments au "salary dump" que représente Brendan Gallagher, mais on parle de "peanuts" tellement les Canucks veulent se débarrasser du salaire du Suédois pour entamer leur reconstruction.
Il n'y a pas de fumée sans feu.
Le simple fait que le Canadien continue d’explorer sérieusement le dossier Pettersson démontre jusqu’à quel point la recherche d’un centre est devenue prioritaire à l’interne.
Kent Hughes ne regarde plus seulement les solutions parfaites.
Il analyse maintenant les solutions imparfaites qui possèdent encore suffisamment de talent pour changer le visage de son équipe.
La différence entre un coup de génie et une catastrophe financière pourrait tenir à une seule question.
Le vrai Elias Pettersson existe-t-il encore?
Si la réponse est oui, Vancouver pourrait être sur le point de commettre une erreur monumentale.
Si la réponse est non, le Canadien doit avoir la discipline de refermer le dossier avant qu’il ne devienne son prochain contrat impossible à déplacer.
Car tu ne veux pas un Patrik Laine 2.0 pour encore 5 ans...
