Le Canadien de Montréal aurait tout intérêt à régler rapidement le dossier d’Alexandre Carrier.
Pendant que l’attention se porte souvent sur les vedettes offensives et les grosses acquisitions de Kent Hughes, le défenseur québécois continue de faire le travail dans l’ombre. Sa prestation contre les Sabres de Buffalo, mardi soir au Centre Bell, vient rappeler pourquoi il pourrait devenir un élément important des plans à long terme du Tricolore.
En fin de prolongation, alors que Montréal risquait de perdre le point supplémentaire, Carrier s’est placé devant un tir sur réception de Tage Thompson. Le défenseur a bloqué le puissant lancer, permettant à ses coéquipiers de survivre aux dernières secondes avant de finalement l’emporter en tirs de barrage.
Ce geste a provoqué une réaction immédiate sur le banc et dans le vestiaire. Carrier c'est un gars d'équipe. Un joueur qui veut faire la différence pour gagner.
Ce n’est pas le genre de séquence qui apparaît toujours dans les statistiques, mais elle résume parfaitement ce que Carrier apporte à son équipe. Il accepte de payer le prix, prend des décisions rapides et comprend ce que son entraîneur attend de lui.
Dans une équipe qui cherche à franchir une nouvelle étape, ce type de fiabilité peut faire une réelle différence.
Alexandre Carrier, c'est pas compliqué... C'est une police d'assurance constante pour le CH.
C’est précisément le genre de contribution qui amène Jean-Charles Lajoie, de TVA Sports, à plaider en faveur d’une prolongation de contrat. Dans son billet de saison publié mercredi soir à l'émission JiC, il avance qu’une entente de quatre ou cinq saisons pourrait convenir au défenseur. À plus de cinq millions de dollars par année, la facture totale pourrait approcher les 25 millions et plus.
Le montant peut faire sourciller certains partisans, surtout pour un joueur qui ne figure pas parmi les grands producteurs offensifs de la LNH. Pourtant, réduire la valeur d’un défenseur à ses buts et à ses passes serait une erreur.
Carrier protège bien sa zone, limite les mauvaises décisions et peut prendre davantage de responsabilités lorsque les circonstances l’exigent.
Son utilisation contre Buffalo illustre aussi cette confiance. Avec Mike Matheson absent, Carrier a été appelé à jouer un rôle important aux côtés de Kaiden Guhle. Les deux défenseurs ont offert une présence rassurante, et Guhle n’a pas caché son appréciation pour son partenaire.
Martin St-Louis a également souligné la qualité du jeu de Carrier, dont plusieurs interventions profitent à l’équipe sans nécessairement attirer les projecteurs.
La composition de la brigade défensive constitue une autre raison de s’intéresser à son avenir. Noah Dobson occupe déjà une place importante à droite, tandis que David Reinbacher doit encore démontrer ce qu’il pourra apporter au plus haut niveau. Carrier représente une solution connue et fiable, capable d’aider le Canadien pendant que ses jeunes défenseurs poursuivent leur progression.
Le calendrier contractuel rend ce dossier encore plus important.
Selon PuckPedia, Carrier gagne actuellement 3,75 millions de dollars par saison et termine la dernière année de son entente. Sans prolongation, il pourrait tester le marché des joueurs autonomes à l’été 2027. Montréal devra donc déterminer si le défenseur fait partie de ses plans avant de risquer de le voir partir sans compensation.

Un salaire annuel supérieur à cinq millions ne serait pas négligeable, mais le marché de la LNH évolue avec la hausse du plafond salarial. Les contrats deviennent plus coûteux, même pour des joueurs dont la principale force repose sur la constance et la polyvalence. Cela dit, le chiffre de 25 millions avancé dans le débat demeure une projection, et aucune entente de cette valeur n’a été annoncée.
Carrier possède aussi des attaches personnelles au Québec. Son épouse québécoise exerce la médecine à Montréal, et le défenseur semble bien installé dans son milieu. Ces éléments ne garantissent rien, mais ils rendent une association prolongée tout à fait envisageable.
Kent Hughes devra éventuellement trancher : Alexandre Carrier mérite-t-il une place dans le noyau à long terme du Canadien?
Pour un défenseur qui accepte les missions difficiles et qui répond présent dans les moments importants, une prolongation de quatre ou cinq ans pourrait représenter un investissement logique.
La proposition de Jean-Charles Lajoie ouvre le débat, et Montréal aurait de bonnes raisons de ne pas attendre trop longtemps avant d’y réfléchir sérieusement.
À suivre...
