La Ligue nationale de hockey vient de rendre sa décision dans le dossier de Mathieu Olivier, et le montant de la sanction risque de faire grincer des dents.
Après avoir frappé le défenseur des Panthers de la Floride Uvis Balinskis entre les jambes avec son bâton, l’attaquant des Blue Jackets de Columbus écope d’une amende de 5 000 $... Aucune suspension ne lui a été imposée. Pour un geste de cette nature, plusieurs partisans auraient espéré une conséquence beaucoup plus sévère.
L’incident s’est produit mardi soir, pendant une défaite de 7 à 3 des Blue Jackets contre la Floride. Après une bataille pour la rondelle le long de la bande, Olivier a réagi en assénant un coup de bâton à Balinskis alors que le défenseur lui tournait le dos.
L’officiel n’a pas hésité à lui décerner une pénalité majeure de cinq minutes accompagnée d’une inconduite de partie.
La séquence était difficile à regarder. Balinskis s’est immédiatement effondré sur la glace, visiblement en douleur, après avoir reçu le coup dans une région particulièrement vulnérable. Le défenseur a brièvement quitté la rencontre avant de revenir au jeu. Heureusement, il a pu reprendre sa place, mais le geste aurait pu avoir des conséquences beaucoup plus sérieuses.
Mercredi, le Département de la sécurité des joueurs de la LNH a annoncé une amende de 5 000 $ pour Olivier. Le montant maximal prévu par la convention collective pour une amende individuelle de ce type contribue à expliquer cette limite. La question demeure toutefois entière : une sanction financière de cette ampleur est-elle suffisante pour décourager un joueur de poser un geste aussi dangereux?
Un coup de bâton dans les bijoux de famille...
Pour un joueur de la LNH, 5 000 $ ne représentent pas nécessairement une somme capable de modifier ses comportements. Une suspension aurait entraîné une perte de salaire et envoyé un message différent aux joueurs du circuit. Dans ce dossier, la ligue a choisi de s’en tenir à une amende, une décision qui risque de relancer le débat sur l’efficacité de son système disciplinaire.
Il faut également reconnaître qu’Olivier n’a pas tenté de se dérober après la rencontre. Le Québécois a admis sa responsabilité devant les médias et présenté ses excuses à ses coéquipiers. Il a reconnu que son geste était mauvais, affirmant qu’il n’avait aucune explication à offrir et qu’il devait prendre du recul pour comprendre ce qui lui arrivait.
Cette réaction mérite d’être soulignée. Toutefois, assumer ses actes après coup ne change pas la nature du geste ni ses conséquences potentielles pour l’adversaire. Les excuses publiques constituent une première étape, mais elles ne remplacent pas les sanctions que la ligue juge nécessaires pour protéger ses joueurs.
Olivier est pourtant un joueur apprécié pour son intensité, sa robustesse et son engagement. Son style physique fait partie de son identité sur la glace, et il a su gagner sa place dans la LNH grâce à cette approche. Cependant, un coup de bâton porté entre les jambes d’un adversaire qui s’éloigne dépasse les limites du hockey physique. Le fait qu’il porte un « A » d’assistant-capitaine rend également cette situation difficile à défendre.
La soirée a d’ailleurs été pénible pour Columbus. Les Panthers menaient déjà 3 à 1 au moment de la pénalité et ont profité de l’avantage numérique pour porter la marque à 4 à 1. Après la rencontre, l’entraîneur-chef Rick Bowness a vivement critiqué la performance de son équipe, affirmant que ses joueurs devaient être suffisamment honteux de leur prestation pour réagir.
La décision concernant Olivier ajoute donc une autre controverse à une soirée déjà difficile pour les Blue Jackets. La LNH avait l’occasion d’imposer une suspension et de rappeler clairement les limites à ne pas franchir.
En choisissant une amende de 5 000 $, elle laisse maintenant les partisans débattre d’une question essentielle : cette sanction est-elle réellement à la hauteur du geste posé?
Misère...
