Nouveau contrat: l'agent d'Ivan Demidov veut se venger de Kent Hughes

Nouveau contrat: l'agent d'Ivan Demidov veut se venger de Kent Hughes

Par David Garel le 2026-03-30

La banque est en train de sauter.

Et Kent Hughes va payer... pour avoir été "cheap"...

Parce qu’au-delà des buts spectaculaires, des comparaisons flatteuses à des joueurs comme Nikita Kucherov ou Pavel Datsyuk, alimentées directement par son agent Dan Milstein, et de l’engouement médiatique autour d’Ivan Demidov, une autre réalité prend de plus en plus de place à Montréal : celle d’un dossier contractuel qui s’annonce explosif.

Un Hockey IQ égal ou supérieur à Datsyuk et Kucherov... ça se paye...

Et tout commence avec ce fameux contrat d’entrée.

Kent Hughes n’a pas été “gentil”. Il a été stratégique. Froid. Calculateur. Il a profité du timing, du contexte, et surtout du fait que Demidov voulait absolument débarquer à Montréal dès que possible après sa libération du SKA. Le joueur voulait jouer. Tout de suite. Et Hughes le savait.

Résultat : une entente de trois ans structurée au millimètre, où chaque dollar en boni est contrôlé.

Le salaire de base est standard, mais les bonus racontent une autre histoire. La première année, celle qui a été brûlée presque automatiquement à cause de son arrivée tardive, a été compressée au maximum. Un boni majeur de 550 000 $… mais conditionnel à un exploit presque irréaliste pour une recrue : gagner le Conn-Smythe.

Un boni qui fait bien sur papier, mais qui n’expose pratiquement aucun risque réel pour l’équipe.

Le vrai nerf de la guerre, il est dans les chiffres, et ils sont loin d’être généreux. Ivan Demidov est lié pour trois ans sur un contrat d’entrée dont la valeur annuelle moyenne atteint environ 2,63 millions de dollars, mais ce chiffre-là est trompeur par définition, parce qu’il est gonflé par des bonis qui, dans les faits, sont extrêmement encadrés.

Le salaire de base tourne autour du maximum permis pour une recrue, mais c’est la structure des bonis qui révèle toute la stratégie de Kent Hughes.

On parle de petits montants d’environ 25 000 $ à 30 000 $ liés à des seuils de matchs joués en séries.

27 500 $ s’il joue au moins 5 matchs de séries

Un autre 27 500 $ s’il atteint 10 matchs de séries

L’an dernier, le Canadien avait réussi à se qualifier en séries et l’aventure s’était arrêtée rapidement, en cinq matchs contre les Capitals de Washington.

Et c’est dans les deux dernières années (cette saison et la suivante) que le vrai contrôle apparaît. Les bonis de performance de base sont présents, mais plafonnés.

Les bonis plus élevés, ceux qui peuvent normalement exploser si le joueur devient dominant, sont limités. Même si Demidov casse tout, le Canadien garde une main sur le volant.

Cette saison, Demidov peut aller chercher jusqu’à 850 000 $ en bonis de type A. Jusque-là, rien d’anormal. Là où Kent Hughes a serré la vis, c’est sur les bonis de type B : au lieu de laisser le plein potentiel autour de 2 millions de dollars, ils sont plafonnés à environ 1 million $ pour cette saison-là. Donc même s’il explose offensivement et coche tous les critères élite, il ne peut pas dépasser ce cap.

Lors de la 3e année (saison prochaine), la structure change en apparence… mais reste contrôlée en profondeur. Les bonis de type A sont encore à 850 000 $, et cette fois, les bonis de type B peuvent théoriquement monter jusqu’à 2 millions $. Sauf qu’il y a une clause clé : le total combiné des bonis de type B sur les années 2 et 3 ne peut pas dépasser environ 2,5 millions $.

Ce qui veut dire concrètement que si Demidov va chercher le maximum cette année (1 M$), mais ne pourra aller chercher que 1,5 M$ la saison suivante, même s’il mérite plus.

C’est un contrat qui donne une illusion de valeur… mais qui est cheap en maudit.

Et ça, Dan Milstein ne l’a pas oublié.

On ne parle pas d'un simple agent. C’est un architecte de carrières. C’est lui qui a accompagné des joueurs comme Kucherov et Datsyuk vers des contrats ponts avant de faire sauter la banque quelques années plus tard. Et quand il place Demidov dans cette même catégorie de QI hockey, ce n’est pas juste un compliment.

C’est un message.

La suite est déjà écrite dans sa tête : contrat à court terme, explosion statistique, négociation maximale.

Et tout ce que Demidov fait en ce moment va dans ce sens-là.

Sur la glace, il produit, il crée, il attire l’attention. Hors glace, il monétise. Tout. Immédiatement. Peu importe la plateforme, peu importe le prestige. Des marques locales, des boissons, des centres d’amusement à Brossard… il accepte tout.

@goplexca Quand l’excellence reconnaît l’excellence. GoPlex vous présente Ivan Demidov, ambassadeur officiel de @goplexca Performance d’élite. Jeu élevé. 🏎️⛳️🎯🪓🕹️ — Excellence recognizes excellence. Introducing Ivan Demidov, official ambassador of @goplexca Where elite performance meets elevated play. 🏎️⛳️🎯🪓🕹️ #GoPlex #IvanDemidov #Demidov #Brossard ♬ original sound - goplexca

Ce n’est pas du hasard. Ce n’est pas de la naïveté.

C’est une stratégie.

Chaque publicité, chaque partenariat, c’est une preuve supplémentaire qu’il comprend déjà sa valeur marchande. Qu’il ne se voit pas comme un espoir. Qu’il se voit comme un actif.

Et ça, dans une négociation, ça change tout.

Parce que pendant que certains, comme Lane Hutson, ont accepté des contrats à long terme sous la barre des 9 millions pour s’inscrire dans un projet collectif, Demidov envoie un signal complètement différent. Lui, il ne construit pas un discours de sacrifice. Il construit un levier.

Et ce levier-là va frapper de plein fouet la direction du Canadien.

Kent Hughes a une ligne claire : ne pas dépasser le salaire de Noah Dobson, fixé à 9,5 millions par saison. C’est devenu une référence interne. Un plafond psychologique autant que financier.

Mais du côté de Demidov, l’objectif est ailleurs.

On parle déjà d’un camp qui vise plus de 10 millions par année. Et avec Milstein aux commandes, ce ne sera pas une demande timide. Ce sera structuré, appuyé, comparé, argumenté avec des précédents. Avec des statistiques. Avec du marketing. Avec de la perception.

Et possiblement, avec une autre arme classique : le contrat pont.

Signer à plus court terme, accepter un salaire temporairement inférieur, mais garder la porte ouverte pour exploser encore plus fort quelques années plus tard. C’est une méthode éprouvée. Et dans ce cas-ci, elle ferait peur à n’importe quel directeur général.

Parce que si Demidov continue sur sa trajectoire actuelle, le prix dans trois ans pourrait devenir complètement hors de contrôle.

Et c’est là que le vestiaire entre en jeu.

Parce qu’un joueur qui pousse pour devenir le mieux payé de l’équipe, qui maximise déjà chaque dollar à l’extérieur, qui arrive avec une approche assumée du business… ça peut créer des frictions.

Surtout dans une organisation où tout le monde a accepté de laisser de l’argent sur la table. (Hutson, Caufield, Slafkovsky).

Demidov, lui, ne semble pas construit comme ça.

Le Canadien pensait avoir sécurisé son joyau avec un contrat d’entrée parfaitement maîtrisé. En réalité, il n’a fait que repousser le vrai test.

Et à la vitesse où les choses évoluent, ce test-là s’en vient beaucoup plus vite que prévu.

Kent Hughes va regretter d'avoir été cheap...