Le nom d’Adam Fantilli est soudainement sur toutes les lèvres à Montréal.
Il y a quelques semaines encore, personne n’osait même rêver d’un tel scénario. Aujourd’hui, l’idée circule partout.
À BPM Sports, le journaliste Anthony Marcotte a lui-même soulevé la possibilité que Kent Hughes téléphone aux Blue Jackets afin de vérifier si le jeune centre pourrait, un jour, devenir disponible.
Et il pose exactement la bonne question.
Pourquoi ne pas appeler?
Le travail d’un directeur général n’est pas seulement de négocier les joueurs officiellement sur le marché. Son travail consiste à sonder les 31 autres équipes, à identifier les dossiers qui pourraient changer et à frapper avant tout le monde.
Fantilli représente exactement le type de joueur dont rêve le Canadien.
Un centre gaucher de 6 pieds 2 pouces, plus de 200 livres, seulement 21 ans, capable de marquer, de frapper, de jouer dans les deux sens de la patinoire et dont le plafond est encore extrêmement élevé.

Des joueurs comme lui ne deviennent pratiquement jamais disponibles.
Mais Columbus traverse une période trouble.
Le dossier Kirill Marchenko demeure nébuleux.
Zach Werenski continue d’alimenter les rumeurs de transaction.
L’organisation devra bientôt prendre plusieurs décisions importantes quant à l’avenir de son noyau.
C’est précisément dans ce genre de contexte qu’un directeur général comme Kent Hughes doit explorer absolument toutes les avenues.
Une transaction?
Une offre complètement démesurée?
Ou même… une offre hostile?
L’idée fait sursauter plusieurs partisans.
Kent Hughes a toujours répété qu’il n’était pas un grand amateur des offres hostiles. Historiquement, elles compliquent les relations entre directeurs généraux.
Mais la LNH change.
Les Blues ont démontré récemment que cette stratégie pouvait fonctionner.
Et lorsqu’on parle d’un joueur comme Adam Fantilli, toutes les options méritent au moins d’être étudiées.
Évidemment, la réalité demeure complexe.
Les Blue Jackets disposent actuellement d’une importante marge de manœuvre sous le plafond salarial, ce qui leur permettrait vraisemblablement d’égaler une très grosse offre.
Mais une offre hostile n’a pas toujours uniquement pour objectif de voler un joueur.
Elle peut aussi forcer une organisation à investir des sommes gigantesques beaucoup plus rapidement que prévu, bouleverser sa planification financière et compliquer toutes les autres négociations importantes.
Voilà pourquoi ce dossier mérite d’être surveillé.
Le Canadien cherche désespérément un deuxième centre.
Les options disparaissent les unes après les autres.
Robert Thomas n’est plus disponible.
Nico Hischier ne quittera probablement pas le New Jersey.
Dylan Larkin semble hors de portée.
Le marché est pratiquement vide.
Lorsqu’un joueur du calibre de Fantilli apparaît, même très brièvement, dans les discussions, Kent Hughes a le devoir d’au moins explorer la possibilité.
Parce que les joueurs de centre de 21 ans, avec ce gabarit, ce talent et ce potentiel, ne passent pas souvent devant votre porte.
Et si Columbus décidait finalement de réorganiser complètement son avenir, Montréal devra être l’une des premières équipes à téléphoner.
Quitte à déposer l’offre la plus agressive de tout l’été.
Car lorsqu’un joueur de cette trempe devient, ne serait-ce qu’un instant, potentiellement accessible, l’immobilisme n’est plus une option.
Mais attention.
Si le Canadien décide réellement de tenter le coup avec Adam Fantilli, il n’aura pas le luxe d’y aller à moitié.
En cédant son choix de troisième ronde de 2027 pour mettre la main sur Gleb Pugachyov, Kent Hughes s’est lui-même fermé plusieurs scénarios d’offres hostiles.
Les règles de compensation sont claires : le Canadien ne peut plus déposer une offre dans les paliers intermédiaires qui exigent un choix de troisième ronde.

Concrètement, il ne lui reste essentiellement qu'une seule avenue : une offre complètement monumentale de plus de 11,939 millions de dollars par saison, accompagnée de la compensation maximale de quatre choix de première ronde.
Si le CH décide d’y aller, il devra donc frapper un véritable coup de circuit à 7 ans et 12 M$ par année.
Et dans le cas d’Adam Fantilli, on le fait demain matin.
Oui, quatre choix de première ronde représentent un prix colossal.
Mais combien de fois, au cours d’une décennie, un joueur de ce profil devient-il réellement accessible?
Le Canadien passe son temps à chercher un deuxième centre de haut niveau. Avec Fantilli, il réglerait peut-être ce problème pour les dix ou quinze prochaines années.
Il deviendrait rapidement le premier centre avant Nick Suzuki.
À un certain moment, il faut arrêter d’accumuler des choix au repêchage et commencer à transformer ces actifs en joueurs d’impact.
Si Kent Hughes croit réellement qu’Adam Fantilli peut devenir un joueur de concession, alors il ne devrait pas avoir peur de sortir l’artillerie lourde.
Parce que les choix au repêchage donnent de l’espoir.
Les joueurs comme Adam Fantilli changent une franchise.
