Quelque chose vient de se casser à Montréal… et cette fois, ce n’est pas simplement une transaction inscrite froidement sur une feuille de papier de la Ligue nationale.
Avec le départ de Brendan Gallagher vers les Canucks de Vancouver, Kent Hughes vient de tourner l’une des dernières pages émotionnelles de toute une génération du Canadien.
On parle d’un joueur qui n’a jamais été le plus talentueux du vestiaire, jamais le plus gros, jamais le plus flashy… mais pendant plus d’une décennie, personne n’a incarné le bleu-blanc-rouge avec autant de courage, de souffrance et de loyauté que lui.
Le choc est immense.
Repêché en 5e ronde en 2010, 147e au total, Gallagher n’était jamais censé devenir ce qu’il est devenu à Montréal.
Trop petit, trop dérangeant, trop intense, trop tannant pour les défenseurs adverses… les experts de l’époque voyaient un joueur de profondeur.
Le Canadien, lui, a découvert un guerrier qui allait consacrer pratiquement toute sa carrière professionnelle à faire une seule chose… tout laisser sur la glace.
Pendant treize saisons, Brendan Gallagher s’est littéralement sacrifié soir après soir.
Coups au visage, fractures aux mains, blessures au dos, mâchoire abîmée, doigts cassés, opérations multiples… le numéro 11 a accepté un niveau de souffrance que peu de joueurs modernes accepteraient encore aujourd’hui.
Il fonçait toujours dans les zones sales, recevait les punitions physiques, revenait encore… puis recommençait.
Montréal vient de perdre beaucoup plus qu’un attaquant.
Avec 911 matchs disputés sous l’uniforme du Canadien, 246 buts, 241 passes et 487 points, Gallagher aura traversé plusieurs époques.
Il a connu Carey Price au sommet de son art, Shea Weber comme capitaine de guerre, les années difficiles, les reconstructions interminables… puis surtout ce printemps 2021 que personne n’oubliera jamais.
Cette année-là, alors que le Canadien surprenait toute la planète hockey avec une improbable présence en finale de la Coupe Stanley, Gallagher était encore fidèle au poste.
Amoché, ralenti, déjà usé par toutes ces années de combat… mais toujours présent. Toujours prêt à encaisser pour les autres.
Ce n’était plus seulement un joueur.
C’était devenu l’identité même du vestiaire.
Puis soudainement, Kent Hughes a décidé que le moment était arrivé.
Direction Vancouver.
Et le détail qui fait énormément jaser… Montréal accepte de retenir 50% de son salaire.
Une décision qui n’a rien d’émotif.
Selon les informations qui circulent actuellement, cette transaction libère maintenant plus de 14 millions de dollars sous le plafond salarial pour le Canadien à seulement 48 heures de l’ouverture du marché des joueurs autonomes.

Le message envoyé est limpide.
Kent Hughes prépare quelque chose.
Le directeur général savait très bien qu’échanger Gallagher allait provoquer une onde de choc chez les partisans. Ce n’est pas un simple contrat qu’on vient d’évacuer.
On vient de déplacer un morceau historique de l’organisation.
Un vétéran respecté à travers toute la ligue. Un leader silencieux qui portait encore énormément de poids dans ce groupe malgré la baisse évidente de sa production offensive.
Puis dans toute cette histoire… difficile de ne pas penser à l’homme derrière le joueur.
Originaire d’Edmonton en Alberta, Gallagher retrouve finalement l’Ouest canadien en toute fin de parcours.
Vancouver n’est qu’à quelques heures de sa famille, de ses racines, de son univers.
Après avoir tout donné physiquement à Montréal pendant plus de dix ans, plusieurs diront que le Canadien lui offre en quelque sorte une sortie digne, respectueuse… presque un dernier geste de reconnaissance envers un joueur qui n’a jamais triché.
Rarement un départ aura fait aussi mal.
Le Centre Bell a vu passer de grandes vedettes au fil des décennies… mais des combattants comme Brendan Gallagher, on n’en fabrique plus beaucoup.
Une page immense vient de se tourner.
Et Montréal ne réalisera probablement que plus tard tout ce qu’il vient réellement de perdre.
Amen…
