Les Blue Jackets de Columbus ont-ils complètement perdu le nord?
Si les informations qui circulent depuis quelques jours sont exactes, Kent Hughes vient de recevoir une demande qui frôle l’absurde dans le dossier Kirill Marchenko.
Selon ce qui se dit autour de la LNH, Columbus aurait demandé David Reinbacher, Michael Hage et un choix de première ronde en 2027 pour accepter d’ouvrir sérieusement les discussions.
Une demande qui explique pourquoi le dossier n’a pratiquement pas avancé malgré l’intérêt très réel du Canadien de Montréal.
Il faut pourtant être clair dès le départ. Le Canadien adore Kirill Marchenko. Plus les semaines passent, plus les journalistes les mieux branchés confirment que Montréal continue de suivre le dossier de près.
RG Média l’a dit sans détour : si Columbus décidait réellement d’ouvrir la porte, le Canadien serait « all over it ». Kent Hughes sauterait immédiatement dans les négociations. Ce n’est donc pas un manque d’intérêt qui bloque les discussions. C’est le prix demandé.
Et ce prix est gigantesque.
Marchenko n’est pas un joueur ordinaire. À 26 ans, le Russe vient d’enchaîner deux saisons qui prouvent qu’il appartient maintenant au cercle des meilleurs ailiers offensifs de la LNH.
Après une campagne de 31 buts et 74 points, il a récidivé avec 27 buts et 67 points en seulement 76 matchs. Son contrat de 3,85 millions de dollars jusqu’à la fin de la prochaine saison est probablement l’un des meilleurs rapports qualité-prix de toute la ligue.
Imaginez maintenant ce joueur aux côtés d’Ivan Demidov. Deux Russes créatifs, deux joueurs capables de transformer un match en quelques secondes, deux talents qui pourraient former l’un des duos offensifs les plus dangereux de la conférence Est pendant des années.
Voilà pourquoi Kent Hughes continue d’appeler Don Waddell.
Mais il existe une énorme différence entre payer cher… et hypothéquer complètement l’avenir de l’organisation.
Parce que lorsque le nom de David Reinbacher apparaît dans une négociation, la conversation change immédiatement de dimension.
Le défenseur autrichien demeure l’un des piliers de la reconstruction montréalaise. Il est appelé à jouer de grosses minutes pendant une décennie. Dans les bureaux du Canadien, on ne le voit pas simplement comme un excellent espoir. On le voit comme un futur défenseur numéro un ou numéro deux capable d’accompagner Lane Hutson pendant des années.
Puis il y a Michael Hage.
Malgré toutes les rumeurs de l’été, malgré les histoires entourant son retour dans la NCAA et les revenus NIL qui lui permettent de gagner énormément d’argent au Michigan (il a choisi le cash avant le CH), le Canadien continue de le considérer comme son meilleur espoir au centre. Toute l’organisation espère encore qu’il deviendra éventuellement le fameux deuxième centre recherché depuis des années.
Sacrifier Reinbacher.
Sacrifier Hage.
Ajouter un choix de première ronde.
Pour un seul joueur?
Même si ce joueur s’appelle Kirill Marchenko, on comprend immédiatement pourquoi Kent Hughes aurait refusé de pousser plus loin cette avenue.
D’autant plus que le contexte favorise encore Montréal.
Eric Engels, de Sportsnet, a rappelé un détail absolument crucial : le 16 septembre représente une date charnière. Jusqu’à cette date, une équipe qui acquiert Marchenko peut immédiatement lui offrir une prolongation de contrat de huit ans. Après l’entrée en vigueur de la nouvelle convention collective, cette possibilité disparaît.
« Vous avez un joueur qui est encore admissible à une prolongation de huit ans jusqu’au 16 septembre. S’il ne veut pas signer cette prolongation avec Columbus, mais qu’il accepterait de la signer ailleurs, cela pourrait mettre une véritable horloge sur la situation si une transaction doit avoir lieu », expliquait Engels.
Cette phrase change énormément de choses.
Si Marchenko refuse toujours de prolonger son séjour à Columbus, Don Waddell devra éventuellement choisir entre deux scénarios : réussir à le convaincre… ou récupérer la meilleure valeur possible pendant que sa valeur demeure maximale.
Officiellement, Waddell continue pourtant de fermer la porte.
Aaron Portzline l’a répété à plusieurs reprises : le directeur général des Blue Jackets tient essentiellement toujours le même discours aux équipes qui appellent.
« Nous vous appellerons. Ne nous appelez pas. »
Une réponse qui ressemble autant à une stratégie de négociation qu’à une véritable fermeture.
Après tout, quel directeur général annoncerait publiquement qu’il est prêt à échanger un attaquant de premier trio?
Plus Waddell affiche une position ferme, plus il protège la valeur de son joueur.
Mais Kent Hughes connaît aussi les règles du jeu.
Il sait que si Marchenko ne signe toujours pas d’ici quelques semaines, la pression commencera tranquillement à changer de camp.
C’est précisément pour cette raison que Montréal refuse de paniquer.
Le Canadien est prêt à faire une offre majeure.
Mais pas une offre suicidaire.
Selon ce qui circule dans plusieurs cercles de la LNH, Columbus apprécie énormément Alexander Zharovsky. Son nom revient constamment lorsqu’il est question des discussions entre les deux organisations. Et contrairement à Reinbacher ou Hage, le jeune attaquant russe semble appartenir à une catégorie différente dans la hiérarchie des actifs montréalais.
Voilà pourquoi plusieurs croient qu’une transaction réaliste pourrait davantage tourner autour de Zharovsky, accompagné d’un autre espoir B comme Bryce Pickford, ainsi que d’un ou même deux choix de première ronde.
Ce serait déjà un prix extrêmement élevé.
Mais au moins, Montréal conserverait les deux joueurs que plusieurs considèrent comme les véritables fondations de son avenir : David Reinbacher et Michael Hage.
Parce qu’il ne faut jamais oublier une chose.
Une reconstruction ne se gagne pas seulement en ajoutant des vedettes.
Elle peut aussi se perdre en sacrifiant trop rapidement ceux qui doivent devenir les prochaines vedettes.
Kent Hughes l’a répété à plusieurs reprises : il est prêt à surpayer pour le bon joueur.
Pas à vider complètement son coffre.
Marchenko vaut énormément.
Probablement plus que n’importe quel autre ailier actuellement disponible.
Mais demander Reinbacher, Hage et un premier choix, c’est demander au Canadien de renoncer simultanément à son futur défenseur numéro un, à son futur deuxième centre et à une autre pièce de premier plan.
À ce prix-là, ce n’est plus une transaction.
C’est un démantèlement.
Et malgré toute l’admiration que Kent Hughes peut avoir pour Kirill Marchenko, il semble avoir envoyé un message très clair à Don Waddell.
Le Canadien est prêt à faire très mal à sa banque d’espoirs.
Mais il ne sacrifiera jamais deux de ses joyaux dans la même transaction.
