Cauchemar pour Arber Xhekaj: le shérif écarté par le nouveau shérif

Cauchemar pour Arber Xhekaj: le shérif écarté par le nouveau shérif

David Garel
Le 2026-08-07

Le cauchemar d’Arber Xhekaj est sans fin.

Pendant tout l’été, les partisans ont surtout regardé les négociations contractuelles entre Arber Xhekaj et le Canadien de Montréal. Pourquoi ça traîne? Pourquoi Kent Hughes ne règle-t-il pas un dossier qui semblait pourtant simple? Après tout, le CH dispose encore d’espace sous le plafond salarial et Xhekaj ne possède pratiquement aucun levier comme joueur autonome avec compensation.

Mais plus les jours passent, plus une autre hypothèse prend de l’ampleur.

Et elle porte un nom : Owen Protz.

Le défenseur de 20 ans ne fait peut-être pas encore partie de l’alignement du Canadien, mais il commence déjà à influencer les décisions de l’organisation.

Sa signature de contrat d’entrée au printemps dernier était la première étape. Son invitation parmi les meilleurs espoirs canadiens, son développement fulgurant dans la OHL, son profil physique et les éloges qu’il reçoit de partout changent tranquillement la dynamique à gauche de la défensive montréalaise.

Le plus inquiétant pour Xhekaj? Protz ne ressemble pas à un défenseur offensif qui devra complètement réinventer son jeu avant d’atteindre la LNH.

Il ressemble au type exact de défenseur que le Canadien recherche déjà : gros, robuste, intimidant, capable de fermer le jeu dans sa zone et de faire réfléchir les attaquants avant de s’aventurer dans son territoire.

Et surtout, il va te passer sur le corps si tu t'attaques à l'un de ses coéquipiers:

C’est précisément ce qui rend la situation aussi délicate.

Depuis son arrivée dans la LNH, Arber Xhekaj occupait une niche pratiquement unique dans l’organisation. Il était le Shérif. Le protecteur. Le défenseur qui pouvait changer l’atmosphère d’un match avec une seule mise en échec ou un seul combat.

Son histoire personnelle, celle d’un joueur non repêché passé par Costco avant de forcer le Canadien à lui offrir un contrat, en avait fait un favori absolu des partisans. Son fameux récit racontant comment il avait supplié l,es coach-adjoint, Brad Richardson, de lui donner un dernier match avant d’être retranché est devenu une véritable légende à Montréal.

« Je me doutais que mon aventure était terminée quand j’ai vu que tous mes bâtons avaient été entourés de ruban adhésif. À ce moment-là, je me suis dit que je serais renvoyé à la maison. Il ne restait qu’un seul match préparatoire, contre Ottawa.

Lors du dernier entraînement, je me suis dit que je n’avais absolument plus rien à perdre. Je suis allé voir Brad Richardson, qui travaillait avec les défenseurs, et je lui ai lancé : “Écoute, j’ai besoin d’une autre chance. Fais ce qu’il faut, mais donne-moi un autre match. Ça faisait presque deux ans que je n’avais pas joué. Je ne cherche pas d’excuses, je veux juste une dernière occasion de montrer ce que je peux faire.”

Il est probablement allé transmettre mon message au groupe d’entraîneurs en leur disant que je voulais vraiment cette opportunité. Finalement, ils ont accepté de m’envoyer dans l’alignement contre Ottawa.

Après avoir signé, les entraîneurs m’ont même confié que leur décision était déjà prise avant ce match. Selon eux, je devais quitter le camp après le match intra-équipe.

J’ai connu un bon match contre Ottawa et, une fois la rencontre terminée, on m’a demandé de passer au bureau. Là, on m’a annoncé qu’on voulait me faire signer un contrat d’entrée. J’étais tellement sous le choc que j’ai demandé qu’on me le répète.

Je suis ensuite retourné à l’hôtel où mes parents m’attendaient. En ouvrant la porte, je leur ai simplement dit : “On l’a fait.” Ma mère a fondu en larmes et mes deux parents se sont mis à pleurer. C’est probablement le plus beau souvenir de toute ma carrière : ce moment où j’ai pu partager cette nouvelle avec eux.

Cette histoire ne disparaîtra jamais.

Mais dans les bureaux d’une équipe de la LNH, les décisions se prennent rarement avec le cœur.

Elles se prennent avec la profondeur organisationnelle.

Et aujourd’hui, cette profondeur commence sérieusement à menacer Xhekaj.

Les statistiques avancées de Protz impressionnent les recruteurs. Il figure parmi les meilleurs défenseurs de la OHL pour les jeux défensifs, les récupérations de rondelle, les passes de transition et les interceptions.

Son différentiel parle également de lui-même. Contrairement à plusieurs défenseurs uniquement physiques, il ne se contente pas de distribuer des mises en échec spectaculaires. Il ferme son côté de patinoire, lit bien le jeu et joue avec beaucoup plus de discipline que ce qu’on retrouve normalement chez un jeune défenseur aussi robuste.

Et il corrige ceux qui s'en prennent à ses frères:

C’est exactement l’aspect qui pourrait séduire Martin St-Louis.

Car le véritable problème de Xhekaj n’a jamais été son courage.

C’est la confiance de son entraîneur.

La saison dernière, on l’a vu être cloué au bout du banc dans plusieurs fins de matchs serrés. On l’a vu être laissé de côté dans certaines rencontres importantes. Son temps de glace a chuté. Son utilisation est devenue de plus en plus limitée. Même durant les séries éliminatoires, son rôle est demeuré extrêmement honteux, au point de passer un match au complet sur le banc.

Pendant ce temps, Owen Protz continue d’accumuler les arguments.

Son style rappelle Xhekaj… mais avec un profil qui semble déjà plus structuré défensivement. Et ses talents de boxeur sont incroyables:

Voilà pourquoi le camp d’entraînement pourrait devenir explosif.

Si Protz surprend tout le monde, comme Xhekaj l’avait lui-même fait en 2022, le Canadien devra prendre des décisions difficiles. Lane Hutson et Kaiden Guhle sont intouchables. Mike Matheson est toujours en place avec son contrat de 5 amsé Jayden Struble, Adam Engström et David Reinbacher poussent également très fort. Les places deviennent extrêmement rares.

Et soudainement, le fait que le contrat d’Arber Xhekaj ne soit toujours pas signé commence à faire énormément jaser.

Est-ce simplement une négociation qui traîne?

Ou Kent Hughes attend-il de voir ce que certains jeunes défenseurs seront capables de démontrer avant d’engager davantage son organisation envers le Shérif?

Une chose est certaine : Owen Protz ne représente plus seulement un espoir de quatrième ronde.

Il représente une véritable pression interne.

Et si son ascension se poursuit au même rythme, le Canadien pourrait bientôt se retrouver devant une question qu’il ne pensait jamais devoir se poser aussi rapidement :

Arber Xhekaj est-il encore indispensable… ou Owen Protz est-il déjà en train de devenir le shérif de demain?