Peine pour Pierre-Karl Péladeau: Maripier Morin lui fait payer

Peine pour Pierre-Karl Péladeau: Maripier Morin lui fait payer

Par David Garel le 2025-08-29

Il fut un temps pas si lointain où Maripier Morin était l’enfant chérie de TVA. Reine des tapis rouges, vedette omniprésente sur les ondes du réseau, ambassadrice de Buick, animatrice adulée d’émissions à succès, elle incarnait à elle seule l’ascension fulgurante d’une génération de femmes modernes, assumées, rassembleuses. Et puis… tout s’est effondré.

En pleine tourmente du mouvement #moiaussi, son altercation avec la chanteuse Safia Nolin a déclenché un raz-de-marée médiatique.

TVA, en parfait donneur de leçons opportuniste, fut le premier à larguer Maripier. D’un coup sec, brutal, sans nuance, sans droit de rédemption. Elle a été effacée. Gommée du paysage. Jetée comme une variable gênante.

Mais le destin est cruel avec ceux qui manquent de vision. Car aujourd’hui, alors que TVA est au bord du précipice et que TVA Sports s’apprête à perdre les droits télé de la LNH, Maripier Morin, elle, trône à nouveau sur le sommet du divertissement québécois, cette fois… du côté de Bell.

Bell surfe. TVA coule. Et au centre de ce rapport victoire-défaite : Maripier Morin.

Bell, qui avait jadis laissé le terrain médiatique francophone à TVA, revient en force avec une offensive culturelle assumée, multiplateforme, grand public… et sexy.

Et qui retrouve-t-on au cœur de cette relance? Maripier Morin, plus rayonnante, plus authentique et plus redoutable que jamais.

À Rythme FM, elle donne une nouvelle vie aux midis québécois avec Les Filles du lunch, ramenant chaleur, humour et vulnérabilité dans un créneau saturé de radio molle.

Sur Crave, elle est à la tête de OD : Tentations au soleil, le dérivé d’Occupation Double qui sauve littéralement la franchise d’un naufrage complet après une dernière saison jugée “fade”, “plate” et “trop gentille” sur Noovo.

Et comme si ce n’était pas suffisant, elle revient en égérie de Buick, la même marque qui l’avait abandonnée en 2020, dans une campagne publicitaire nationale, avec le soutien de GM Canada et de l’agence Cossette. Une revanche magistrale. Une leçon de marketing et une gifle monumentale à TVA.

Depuis qu’elle a expulsé Maripier Morin de son trône, TVA n’a plus jamais été le même réseau. Les émissions de variété perdent leur mordant. Les talk-shows n’ont plus d’âme. Les productions maison s’essoufflent. Et surtout, TVA Sports agonise, sans modèle d’affaires, sans rentabilité, sans avenir.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

TVA Sports a perdu plus de 230 millions $ depuis sa création.

Le deal de 720 millions $ signé avec Rogers pour la diffusion francophone de la LNH expire en 2026… et ne sera pas renouvelé.

RDS (Bell) reprendra les droits télévisés, cette fois en partenariat stratégique avec Crave, Amazon ou Apple.

TVA perd son produit d’appel, son oxygène et son seul argument de survie.

La “guerre du hockey” qu’avait promise Pierre Karl Péladeau est perdue. Bell gagne. TVA meurt. Et dans les ruines de ce conflit télévisuel, Maripier Morin ressuscite chez le concurrent qu’on pensait hors-jeu.

TVA a parié sur la peur. Bell a parié sur le courage.

TVA a choisi la voie du confort. De la prudence. Du beige, inodore et incolore.

Et les résultats sont spectaculaires.

Les Filles du lunch a remonté les parts de marché de Cogeco.

Buick enregistre déjà un regain de visibilité.

Crave, Noovo, Canal Vie… tout Bell surfe sur la vague Maripier.

Et pendant ce temps, TVA licencie, coupe, pleure et réclame des subventions. Le roi est nu. Et sa reine est maintenant au château d’en face.

Le plus ironique dans tout ça? C’est que Maripier Morin, elle, n’a jamais attaqué TVA. Elle ne s’est jamais plainte. Elle n’a pas mené de croisade. Elle a pardonné sans jamais le dire. Elle a avancé, pendant que Québecor s’enfonçait dans l’amertume et la victimisation.

Alors que Pierre Karl Péladeau implore le gouvernement, le CRTC et Ottawa de “sauver la télévision privée”, pendant qu’il touche près de 20,5 millions $ de rémunération annuelle, Maripier Morin réécrit sa légende sur des bases sobres, solides et humaines.

Pendant que PKP multiplie les demandes d’aide gouvernementale, la patronne de Bell Média au Québec, Karine Moses, elle, n’a rien demandé à personne.

Bell n’a jamais demandé qu’Ottawa ou Québec paie la note. Parce que Bell est en affaires. Et c’est là où Péladeau échoue.

À force de pleurnicher sur la mort de la culture québécoise, il a oublié de l’investir. Il a tourné le dos à Maripier Morin au lieu de miser sur son retour.

Et aujourd’hui, elle lui fait payer, non pas avec rancune, mais avec succès. Un succès commercial, visible, rentable… que TVA aurait pu revendiquer, mais qu’elle regarde désormais passer de l’autre bord du fleuve.

Elle n’est plus la star flamboyante d’hier. Elle est une femme, une mère, une survivante. Et surtout : un pilier du redressement culturel de Bell Média.

TVA ne voulait pas d’une rédemption. Bell en a fait son moteur.

Maripier Morin a cinq ans de sobriété.

Elle vit à Granby, loin de Montréal.

Elle prône la spiritualité, la discipline, la responsabilité.

Et pourtant, c’est cette femme-là que TVA a jugé indigne de revenir à l’écran.

Quelle vision étroite. Quelle erreur stratégique. Quelle faute de jugement. Et maintenant, il est trop tard.

Car Bell ne va pas seulement dominer le hockey télévisé en 2026. Elle va aussi dominer la télé-réalité (OD), la fiction (Crave), les midis radiophoniques (Rythme FM), le contenu numérique (Noovo.ca) et bientôt… toutes les émotions des Québécois.

Et Maripier sera au centre de ce renversement.

Dans une société qui réclame de plus en plus d’authenticité, les excuses sincères valent de l’or. Maripier l’a compris. Elle a montré que l’on peut tomber, se relever, changer, et revenir… non pas comme avant, mais mieux.

TVA, incapable de reconnaître cette transformation, s’est accrochée à ses propres angoisses. Elle a choisi la censure au lieu de l’accompagnement. Le silence au lieu du dialogue. Et maintenant que les fleurs repoussent ailleurs, elle veut blâmer le climat.

Le Québec a soif de rédemption. Il veut voir des trajectoires cabossées, mais humaines. Il veut des histoires vraies, des parcours imparfaits, mais réels. Et Maripier incarne exactement ça.

TVA aurait pu l’avoir. Elle l’avait.

Mais elle a préféré la peur.

Aujourd’hui, c’est Bell qui récolte.