Patrik Laine devient un problème comptable. Kent Hughes n’a plus le luxe d’attendre
À Montréal, on parle beaucoup du malaise sportif entourant Patrik Laine. De son absence de rôle. De son divorce silencieux avec Martin St-Louis. De son avenir ailleurs, possiblement à Los Angeles ou en Caroline.
Mais ce que peu de partisans réalisent, c’est que Laine est maintenant devenu quelque chose de bien plus grave qu’un joueur inutile dans l’alignement.
Il est devenu un problème de gestion salariale.
Et un gros.
Comme l’a brillamment expliqué Nicolas Cloutier dans son reportage à TVA Sports, Kent Hughes n’est pas obligé, techniquement, d’échanger Laine avant le 6 mars. Après cette date, la limite de 23 joueurs disparaît. Et en séries, si Laine ne joue pas, son salaire ne compte même plus sur la masse.
Pourquoi gaspiller un choix au repêchage pour échanger Laine quand on peut l'enlever de la liste des blessés sans restriction après le 6 mars?
— Nicolas Cloutier (@NCloutierTVA) February 23, 2026
Parce que le CH s'expose à une pénalité sur sa masse salariale l'an prochain. Explications. https://t.co/8JIxW0jVZY
Sur papier, ça semble simple : tu le gardes, tu le fais asseoir, et tu évites de donner un choix au repêchage pour t’en débarrasser.
Sauf que la réalité est beaucoup plus tordue.
D’abord, tant que le contrat de Laine reste dans les livres, le Canadien est pratiquement paralysé à la date limite. En ce moment, Montréal ne peut absorber qu’environ 1,18 M$ de salaire supplémentaire. Même pas assez pour ajouter un simple défenseur de profondeur. Le CH est déjà l’une des équipes les plus coincées financièrement de toute la LNH.
Résultat? Tant que Laine est là, Hughes ne peut rien faire. Aucun renfort. Aucun ajustement. Aucun coup tactique.
Mais le vrai piège est ailleurs.
Il est en 2026-2027.
Même si le contrat de Laine expire le 1er juillet prochain, ses conséquences pourraient encore frapper la masse salariale du Canadien l’an prochain à cause des bonis de performance des jeunes.
Ivan Demidov.
Lane Hutson.
Oliver Kapanen.
Trois joueurs sous contrat d’entrée, donc admissibles à des bonis. Et selon les projections actuelles, ces bonis pourraient atteindre environ 1,65 million $ combinés.
Le problème?
Si Montréal termine la saison trop près du plafond (ce qui est présentement le cas) ces bonis deviennent une pénalité reportée sur la masse salariale de 2026-2027.
De l’argent mort.
Selon les calculs cités par TVA Sports, le Canadien pourrait perdre autour de 1,3 million $ d’espace salarial l’an prochain, simplement pour avoir gardé Patrik Laine sur une tablette sans le faire jouer.
Pour un joueur que ton entraîneur ne veut plus habiller.
C’est là que tout bascule.
En échangeant Laine maintenant, même avec 50 % de rétention salariale, Montréal sauverait près de 900 000 $ sur la fin de la saison. Ce qui réduirait drastiquement la pénalité liée aux bonis, la ramenant à quelque chose de presque négligeable.
Ce n’est pas une décision émotionnelle.
C’est de la comptabilité froide.
Et c’est exactement pour ça que le statu quo n’est plus une option raisonnable.
Oui, Hughes pourrait garder Laine.
Mais ce serait accepter : d’être paralysé à la date limite, de sacrifier de l’espace salarial l’an prochain, de maintenir un malaise dans le vestiaire, de garder un joueur que St-Louis ne veut plus utiliser.
Tout ça… pour éviter de donner un choix de milieu de repêchage.
À ce stade-ci, ça n’a plus de sens.
C’est aussi pour ça que le nom de Laine circule encore activement du côté des Kings de Los Angeles et des Hurricanes de la Caroline.
Pas parce qu’il est redevenu une vedette. Mais parce qu’il est devenu un outil de mathématiques dans une ligue obsédée par le plafond salarial.
Pour certaines équipes, Laine représente un pari offensif à court terme.
Pour Montréal, il représente une pénalité financière à retardement.
Et Kent Hughes le sait.
Il est rendu exactement au même point que Martin St-Louis : incapable de justifier sa présence.
Ce n’est plus un dossier hockey.
C’est un dossier de gestion.
Et plus ça traîne, plus ça coûte.
Voilà pourquoi Patrik Laine sera échangé.
Pas seulement parce qu’il ne joue plus.
Mais parce que le garder est devenu, objectivement, une mauvaise décision d’affaires.
