Depuis hier, une véritable tempête médiatique et numérique s’abat sur Mark Lafleur, le fils de Guy Lafleur.
Une tempête née d’images et de vidéos devenues virales : on y voit Mark Lafleur monter à bord d’un hélicoptère, avec un chandail ayant appartenu à son père, afin d’aller disperser les cendres de Guy Lafleur au-dessus de Thurso, sa ville natale. Pour accompagner ces images, un simple message : « My dad’s last wishes ».
Le fils de Guy Lafleur va répandre les cendres de son père à Thurso. pic.twitter.com/patBTrYz9b
— hockey30.com (@HOCKEY30_com) January 10, 2026
Puis, on le voit dans l'hélicoptère en train de décoller:
Tempête autour du geste de Mark Lafleur pic.twitter.com/OiGGLiXBWs
— hockey30.com (@HOCKEY30_com) January 10, 2026
C’est tout.
Et pourtant, ça a suffi.
En quelques heures, les réseaux sociaux se sont enflammés. Commentaires cinglants. Jugements expéditifs. Accusations de geste déplacé, de manque de respect, voire d’illégalité.
Certains ont parlé d’un hommage troublant, d’autres d’une dérive indécente. Le débat a quitté le terrain du deuil pour devenir un procès public, souvent sans nuance et sans humanité.
Mais avant de juger, encore faut-il comprendre ce qui s’est réellement passé.
Mark et son frère aîné, Martin Lafleur, étaient ensemble dans l’hélicoptère. Contrairement à ce qui a été laissé entendre dans de nombreux commentaires, ce n’est pas Mark qui a dispersé les cendres, mais bien Martin. Les deux fils étaient réunis pour accomplir l’une des dernières volontés de leur père. Rien de plus. Rien de moins.
Guy Lafleur avait une véritable passion pour les hélicoptères. Une passion connue de tous.. Il détenait un permis de pilote, suivait des formations, volait régulièrement et parlait de pilotage avec le même regard brillant que lorsqu’il évoquait ses années sur la glace.
L’hélicoptère représentait pour lui la liberté, la hauteur, le silence, l’évasion, exactement ce que le hockey lui avait offert autrefois, autrement.
Et Guy Lafleur avait un attachement viscéral à Thurso.
C’est le point de départ. L’endroit où le Démon blond est né avant de devenir une icône nationale. Ce lien est si fort que l’autoroute 50 porte aujourd’hui son nom : l’Autoroute Guy-Lafleur, inaugurée officiellement par François Legault devant des centaines de citoyens.
Chaque fois qu’on circule entre Montréal et Gatineau, chaque fois que ce nom apparaît, Guy Lafleur est encore là. Présent. Rattaché à son territoire.
Disperser ses cendres à Thurso, par hélicoptère, ce n’est donc pas un geste étrange. C’est un geste profondément cohérent. Un retour aux sources. Un cycle qui se referme. La vie. La mort. Le silence. Le ciel.
Alors pourquoi une telle violence dans les réactions ?
Parce que Mark Lafleur porte une histoire lourde, complexe et souloureuse. Et pour certains, ce geste est devenu un prétexte pour rouvrir les plaies, confondre les époques, amalgamer les gestes, effacer toute nuance.
On oublie trop facilement que Guy Lafleur, par amour pour son fils, a lui-même payé le prix fort, allant jusqu’à être accusé pour avoir tenté de le protéger. L’amour d’un père n’est pas toujours parfait. Mais il est total.
Et aujourd’hui, ce fils-là tente, à sa manière, de rendre quelque chose à son père.
Même Réjean Tremblay, très proche de Guy Lafleur, a a pris la défense des deux frères:
" Les cendres de Guy Lafleur font jaser. Je précise que Mark et Martin Lafleur étaient ensemble dans l'hélicoptère, l'autre passion de Guy, et que c'est Martin qui a dispersé les cendres sur les bois entourant Thurso. Ils accomplissaient une des dernières volontés de leur père. Guy est retourné où tout a commencé. Le cycle de la vie et de la mort. "
Rappelons aussi cette image magnifique évoquée par Marcel Dionne, rival sur la glace, ami dans la vie, qui disait espérer que Guy Lafleur se soit rendu au paradis en hélicoptère. Cette phrase résume tout.
Guy Lafleur est retourné là où tout a commencé.
Par les airs.
Entouré de ses fils.
Selon ses volontés.
On peut débattre des perceptions. On peut se questionner sur les règles. Mais il y a une ligne qu’on ne devrait jamais franchir : celle de la cruauté gratuite envers un deuil.
Aujourd’hui, avant de juger, il faudrait peut-être simplement avoir une pensée pour Mark et Martin Lafleur, deux fils qui ont dit adieu à leur père comme il l’avait souhaité. Sans bruit. Sans haine. Avec amour.
