Perte de la chambre: Martin St-Louis se met le vestiaire à dos
Derek Lalonde et Martin St-Louis. NHL.com

Perte de la chambre: Martin St-Louis se met le vestiaire à dos

David Garel
Le 2026-10-09

Martin St-Louis est-il en train de perdre sa chambre?

Le coach doit commencer à se poser de sérieuses questions. Après une nouvelle défaite du Canadien de Montréal, le traitement réservé à certains joueurs soulève un problème qui pourrait devenir beaucoup plus important que les résultats eux-mêmes : la méritocratie n'existe pas derrière le banc du Canadien.

Comment expliquer à Zachary Bolduc qu’il doit gagner chaque minute de temps de glace, alors que Mike Matheson peut commettre une erreur coûteuse et retourner immédiatement sur la patinoire?

Comment demander à Arber Xhekaj de jouer avec discipline, si la moindre erreur risque de lui coûter sa place dans l’alignement? Le message envoyé au vestiaire donne mal au coeur.

Pourquoi Mike Matheson joue pratiquement 24 minutes hier soir? Le problème, c’est la manière dont Martin St-Louis gère les conséquences de ses erreurs.

Contre les Predators de Nashville, le défenseur a commis un autre revirement horrible et a ensuite écopé d’une pénalité coûteuse en troisième période, alors que le Canadien avait encore une chance de gagner.

Nashville a profité de son avantage numérique pour prendre les devants. Pourtant, Matheson a été envoyé sur la glace tout de suite après et a terminé la rencontre en restant les deux dernieres minutes sur la glace.

Pendant ce temps, d’autres joueurs doivent constamment surveiller leurs arrières.

C’est exactement ce qui alimente la frustration des partisans et de plusieurs joueurs dans la chambre : les règles ne sont pas les mêmes pour tout le monde.

HFTV a été cinglant après la défaite. Le média estime que Montréal aurait dû être en mesure de battre Nashville, même sans Ivan Demidov et Kaiden Guhle. Il remet surtout en question le fait que Matheson ait retrouvé la glace après une pénalité qui a contribué à faire basculer la rencontre.

Son constat est sévère : les erreurs comptent pour certains joueurs, mais pas pour d’autres. Il ajoute que le Canadien n’a pas changé ses mauvaises habitudes, qu’il manque de discipline, qu’il protège mal le devant de son filet et qu’il a tendance à reculer lorsqu’il prend les devants. Selon lui, rien ne changera tant que quelque chose ne changera pas réellement. (voir la suite sur la tension dans la chambre après message de HFTV)

Ce commentaire touche à une question fondamentale pour Martin St-Louis. Un entraîneur peut avoir ses chouhcous, faire confiance aux vétérans et donner davantage de responsabilités à ceux qui ont gagné sa confiance. C’est normal dans la LNH. Mais cette confiance doit avoir des limites.

Si les mêmes joueurs sont toujours protégés, peu importe leurs erreurs, tandis que les plus jeunes sont rapidement punis, le message devient toxique dans le vestiaire.

Prenons le cas de Zachary Bolduc. Le jeune attaquant a démontré qu’il pouvait apporter de l’énergie et contribuer offensivement, mais il doit encore composer avec un rôle tellement frustrant lorsqu’il a l’impression que ses erreurs sont davantage sanctionnées que celles des vétérans.

Matheson, lui, continue d’occuper une place centrale dans les plans de son entraîneur, mais si c'est le pire joueur sur la glace,

Un vestiaire ne se construit pas uniquement avec des discours sur la confiance. Il se construit aussi avec le sentiment que tout le monde est soumis aux mêmes exigences.

C’est là que Martin St-Louis doit faire attention. L’entraîneur va perdre chambre. Le vestiaire va se retourner contre lui. Son autorité et la cohérence de son message puent au nez.

Le Canadien vient d’accorder 17 buts en quatre matchs. Son avantage numérique est en difficulté, son désavantage numérique ne fait pas mieux et les erreurs individuelles continuent de coûter cher. Malgré tout, les joueurs les plus utilisés restent souvent les mêmes, tandis que les jeunes doivent gagner chaque occasion qu’on leur donne.

Kent Hughes porte lui aussi une part de responsabilité. Le directeur général a accordé à Martin St-Louis une prolongation de contrat de quatre ans et un salaire annuel supérieur à 6 M$ par année.

Les journalistes doivent aussi poser les questions difficiles. Pourquoi Matheson est-il retourné sur la glace aussi rapidement après sa pénalité? Pourquoi continue-t-il à jouer autant lorsque ses erreurs coûtent des buts? Comment St-Louis explique-t-il les différences de traitement entre ses chouchous et ses bouc-émissaires? Et surtout, comment compte-t-il corriger les problèmes qui se répètent depuis plusieurs rencontres?

Les médias se couchent devant Martin St-Louis comme s'il était un dieu tout-puissant.

Eux aussi manquent de crédibilité à force de manque de courage devant "Napoléon St-Louis".

Le coach ne doit plus être protégé par ses amis les journalistes.

Ça devient ridicule.