Maxim Lapierre voit rouge,
Pendant que certains cherchaient encore des raisons de se rassurer avec des statistiques avancées, Lapierre, lui, a regardé le match avec ses yeux. Et ce qu’il a vu, ça l’a mis hors de lui.
À un moment donné, tu peux sortir tous les graphiques du monde, parler de “great chances”, de possession, de détails ou de probabilités, mais quand tu finis un match de finale d’association avec 12 tirs au but, dont pratiquement rien pendant de longues séquences, il y a un problème majeur. Surtout à domicile. Surtout avec une foule du Centre Bell qui attend une réponse émotionnelle d’une équipe censée jouer sa saison.
Et Lapierre n’a pas tourné autour du pot en répliquant à Dave Morissette, l'éternel optimiste, de manière cinglante.
Lapierre a tout simplement envoyé promener Dave Morissette en direct.
Morissette tentait de relativiser la performance des Canadiens de Montréal avec les statistiques de “grosses chances de marquer”, laissant entendre que le CH avait généré davantage qu’on le pensait et que le portrait n’était peut-être pas aussi catastrophique qu’il en avait l’air.
Mais Lapierre n’était visiblement pas d’humeur à embarquer dans cette logique-là. On sentait chez lui une impatience et une exaspération devant ce qu’il percevait comme une tentative de maquiller une performance insuffisante avec des tableaux Excel de statistiques avancées.
La réplique de Lappy... donne des sueurs froides dans le dos...
“Dave, tu peux me sortir la cassette puis toutes les statistiques du monde, si t’as 12 lancers par match, y’a quelque chose que tu fais de pas correct. T’as bien beau être la meilleure équipe de l’histoire de la Ligue nationale de hockey, 12 lancers à la maison, c’est inacceptable!”
"Un moment donné, va falloir le pointer du doigt l'effort. Il y a des gars qui en donnent pas assez puis on ne se débat pas assez dans les batailles à 1 contre 1, puis on va pas assez au filet puis on dérange pas assez puis on frappe pas assez."
Un moment donné, faut arrêter de se cacher un p'tit peu!"
Il a raison. Complètement raison. Ouch. La face de Dave Morissette... en direct.
Voici la séquence vidéo sans pitié:
@qc_news 12 tirs ce n'est pas assez #Qc #hockey #habs #canadiens #qcn ♬ original sound - Qc_News
Comme il est un bon jack, Dave a encaissé... et n'a pas envenimé la situation.
Il y a une différence entre se faire battre par une machine structurée comme la Caroline et pratiquement accepter de jouer leur match sans jamais vraiment les déranger.
Les Hurricanes étouffent, suffoquent, rendent les espaces inexistants. Tout le monde le sait. Mais à quel moment les Canadiens de Montréal ont-ils décidé de répondre physiquement?
À quel moment ont-ils décidé d’aller salir le devant du filet? À quel moment quelqu’un s’est présenté pour compliquer la vie de Frederik Andersen?
Le but gagnant des Hurricanes résume exactement le problème. Sebastian Aho laissé seul devant Samuel Montembeault, sans véritable résistance, pendant que la couverture défensive s’effondre.
Slafkovsky? Beaucoup vont le pointer du doigt et ce n’est pas sans raison. Le jeune ailier a semblé lent à réagir à plusieurs moments, incapable de dégager son homme ou de faire sentir sa présence physiquement.
Il y a eu des passes imprécises, des décisions hésitantes, des séquences où l’urgence semblait absente. Et en séries, contre une équipe comme la Caroline, tu snooze une seconde et tu te fais punir.
Phil Danault, qui connaît pourtant mieux que personne le style des Hurricanes, a tenté après le match de calmer le jeu en avançant une lecture complètement différente de la rencontre.
“Je pense qu’on a plus de "grade A" qu’eux en nombre (chances de marquer dangereuses). Donc, ils ont beaucoup de chance.”
C’est là que Lapierre aurait probablement levé les yeux au ciel.
Parce que dans quelle planète tu vis pour regarder ce match-là et penser que les Canadiens de Montréal ont eu plus de grosses occasions que les Hurricanes de la Caroline?
Oui, il y a eu quelques moments en prolongation. Oui, il y a eu certaines ouvertures. Mais pendant de trop longues portions du match, les Hurricanes avaient le contrôle territorial, la rondelle, le rythme et surtout la capacité de faire mal dès qu’une erreur survenait.
Et Lapierre a frappé là où ça fait mal.
“Un moment donné, va falloir le pointer du doigt l’effort. Y’a des gars qui en donnent pas assez puis on ne se débat pas assez dans les batailles à 1 contre 1, puis on va pas assez au filet puis on dérange pas assez puis on frappe pas assez.”
Voilà.
C’est ça le cœur du problème.
Les Canadiens de Montréal ont été trop gentils. Trop propres. Trop passifs. On a vu une équipe qui semblait parfois espérer une belle pièce de jeu au lieu de créer le chaos.
La Caroline, elle, n’attend rien. Elle te rentre dedans, elle te vole ton espace, elle récupère chaque rondelle libre et te fait payer la moindre erreur mentale.
Même Danault l’a admis indirectement.
“Des petits détails, des fois, on snooze une seconde et les autres vont en profiter.”
Et cette seconde de trop, les Canadiens de Montréal la donnent constamment dans cette série.
Le plus frustrant dans tout ça? Lapierre ne descend pas les Canadiens de Montréal gratuitement. Il les challenge parce qu’il sait qu’ils sont capables de mieux et parce qu’il refuse cette tendance québécoise à trouver des excuses quand l’effort n’est pas au rendez-vous.
À un moment donné, il faut arrêter de se cacher derrière le concept du “on est encore dans le match”.
Oui, le score était serré.
Oui, ils ont tenu le coup.
Mais être encore vivant au tableau indicateur ne veut pas dire que tu joues bien.
Et Maxim Lapierre a eu le courage de le dire pendant que d’autres préféraient parler de statistiques avancées.
La vérité est... que le CH n'avance plus...
