Perte de patience devant les caméras : Martin St-Louis passe un message à ses joueurs
Martin St-Louis. Youtube

Perte de patience devant les caméras : Martin St-Louis passe un message à ses joueurs

André Soueidan
Le 2026-10-18

Martin St-Louis n'a pas caché sa frustration après la victoire du Canadien contre les Sabres de Buffalo.

Derrière le soulagement d'une victoire de 4 à 3 en prolongation, l'entraîneur montréalais a livré un discours beaucoup moins confortable pour ses joueurs, revenant directement sur les erreurs mentales qui empêchent son équipe de fermer les matchs.

Cette fois, le message a été transmis devant les médias, avec des mots qui risquent de faire réfléchir dans le vestiaire.

Le scénario commence à devenir familier pour les partisans du Canadien.

Montréal prend les devants 3 à 1, contrôle suffisamment la rencontre pour espérer repartir avec deux points sans prolongation, puis laisse Buffalo revenir dans le match.

Cole Caufield a finalement sauvé la soirée en marquant en prolongation, mais le but gagnant ne fait pas disparaître les problèmes qui ont précédé cette conclusion heureuse.

Le Canadien a encore compliqué une rencontre qu'il avait pourtant bien en main, et St-Louis n'a pas tenté de maquiller cette réalité lorsqu'il s'est présenté devant les journalistes.

Interrogé sur la frustration de devoir encore se rendre en prolongation après avoir disputé une bonne partie du match, le pilote montréalais a reconnu que son équipe devait faire mieux dans certaines situations.

« C'est frustrant, mais on doit être meilleurs de ce côté-là. On joue de bons matchs, mais il y a des petites erreurs mentales qui nous font mal. »

St-Louis ne remet pas en question tout le travail de son groupe, mais il insiste sur des erreurs qui reviennent et qui finissent par coûter cher, même lorsque le Canadien produit suffisamment de bonnes séquences pour gagner.

Puis, il a résumé le problème d'une façon particulièrement directe :

« Quand tu mènes par deux buts, ça devrait être terminé. »

Difficile de mieux exprimer ce qu'un entraîneur attend de ses joueurs lorsqu'ils ont construit une avance de deux buts.

À ce stade, Montréal doit savoir protéger le résultat, gérer la rondelle et éviter de donner à l'adversaire les occasions dont il a besoin pour revenir.

Or, les Sabres ont réussi à ramener le pointage à égalité, forçant encore le Canadien à jouer avec le feu avant de finalement s'en sortir.

Le discours est d'autant plus intéressant que St-Louis a pris soin de souligner sa fierté envers le jeu collectif de son équipe.

« En général, je suis fier de la façon dont on joue comme équipe. »

Le problème, selon ses propres mots, se situe dans ces moments où une erreur mentale vient gâcher une séquence autrement réussie.

L'entraîneur a également insisté sur une occasion manquée de creuser l'écart.

Le Canadien a notamment obtenu un avantage numérique à cinq contre trois alors qu'il menait 3 à 1.

Pour St-Louis, c'était le moment idéal pour porter un coup décisif aux Sabres.

« Ça aurait été le fun de mettre le clou dans le cercueil », a-t-il expliqué.

Au lieu de profiter pleinement de cette occasion, Montréal a laissé Buffalo espérer, et cette ouverture a fini par se transformer en égalité.

Le coach a rappelé que les Sabres sont une équipe qui aime quand le jeu devient ouvert et désordonné, ce qui rend la gestion de la rondelle particulièrement importante contre eux.

Ce genre de déclaration ne constitue pas une attaque personnelle contre un joueur en particulier.

St-Louis n'a nommé personne et n'a annoncé aucune sanction.

Son message vise plutôt les habitudes collectives du Canadien, qui doit apprendre à mieux gérer les moments où il possède l'avantage.

Mais lorsqu'un entraîneur revient publiquement sur les erreurs mentales et affirme qu'une avance de deux buts devrait suffire, ses joueurs savent très bien ce qu'il attend d'eux au prochain match.

La victoire permet à Montréal de respirer, et le but de Caufield en prolongation offre une fin heureuse à une soirée qui aurait pu tourner autrement.

Pourtant, St-Louis n'a pas voulu se contenter du résultat. Il voit les progrès de son équipe, mais il voit aussi les points qui continuent de lui échapper.

À mesure que la saison avance, ces occasions de fermer les matchs devront devenir une habitude plutôt qu'un sujet de conférence de presse.

Le Canadien a gagné samedi soir. Son entraîneur, lui, a clairement indiqué que tout n'était pas réglé… et ses joueurs ont reçu le message.

Ouf…