Triste évènement au Québec: nos pensées sont avec Gilbert Delorme
Gilbert Delorme. La Presse, Le Journal de Montréal

Triste évènement au Québec: nos pensées sont avec Gilbert Delorme

David Garel
Le 2026-10-18

On assiste à un triste événement au Québec depuis hier soir.

Gilbert Delorme est dans la tourmente. L’ancien défenseur du Tricolore, qui n’a jamais eu peur de dire le fond de sa pensée, se retrouve dans la mire des partisans après avoir osé s’attaquer à Cole Caufield.

Le problème? Monsieur Samedi soir a répondu de la seule manière qui compte au hockey : avec deux buts, dont le but gagnant en prolongation!

Sur les réseaux sociaux, Delorme se fait ramasser de tous les côtés. Les partisans n’ont pas oublié ses critiques envers le numéro 13 et ils prennent maintenant un plaisir méchant à lui rappeler ce qui s’est passé sur la glace.

Certains commentaires désobligeants vont trop loin.

On ne peut pas répéter la nature de ces commentaires tellement ils sont inacceptables. On ne peut que condamner ces propos déplacés.

Il ne faudrait pas oublier que Gilbert a une femme et une famille. Pensons aux proches qui lisent ces commentaires avant de le traiter de tous les noms possibles.

Au Québec, si tu attaques Cole Caufield, tu deviens une cible provinciale.

Pour comprendre pourquoi la réaction est aussi intense, il faut revenir aux propos de Delorme. L’analyste avait sévèrement critiqué le début de saison de Caufield sur les ondes de RDS, affirmant qu’il le trouvait invisible sur la glace.

Après sept rencontres (avant le match d'hier soir), l’attaquant avait récolté quatre points, dont trois buts, et sa production était loin de correspondre aux attentes placées en lui.

Mais Delorme ne s’était pas contenté de regarder la feuille de pointage. Il avait soulevé des questions beaucoup plus embarrassantes sur le jeu de Caufield, notamment sa capacité à se faire remarquer lorsque les matchs deviennent physiques et que les adversaires lui imposent un défi plus robuste.

Il le traitait de lâche et de peureux.

Le message était tellement cinglant : le petit attaquant pouvait faire parler son talent, mais qu’arrivait-il lorsqu’il fallait se battre pour chaque rondelle, encaisser les contacts et affronter une équipe qui ne lui donnait aucun espace?

La critique touchait directement à la réputation de Caufield. Dans le monde du hockey, traiter un marqueur de "bambi effrayé" est déjà sévère.

Mais laisser entendre qu’il disparaît et devient une poule mouillée lorsque le jeu devient plus robuste, c’est attaquer une autre dimension de son jeu : son courage et sa dignité.

C’est précisément ce qui a mis le feu aux poudres.

Delorme a donc touché une corde sensible. Il ne parlait plus seulement de buts, de passes ou de tirs au but. Il remettait en question les principes et les valeurs de l'attaquant.

Caufield a livré une performance spectaculaire au moment même où les commentaires de l’analyste étaient encore frais dans les mémoires. Le résultat est cruel pour Delorme, qui doit maintenant encaisser une avalanche de réactions négatives.

On connaît pourtant le personnage. Gilbert Delorme est un bon Jack, un gars passionné qui vit le hockey à fond et qui n’a jamais été du genre à se cacher derrière des formules diplomatiques.

Il a joué dans la LNH, il connaît ce milieu et il assume généralement ses opinions. Mais lorsqu’on décide de critiquer l’un des joueurs les plus populaires du Canadien, surtout un marqueur de la trempe de Caufield, il faut être prêt à vivre avec les conséquences.

Cette fois, le retour de balancier est particulièrement violent.

Le timing est absolument terrible pour Delorme. Alors que les discussions entourant les performances de Caufield alimentaient les débats, l’attaquant du Canadien a choisi le meilleur moment pour rappeler pourquoi il est aussi important à Montréal.

Deux buts. Une victoire. Un but décisif en prolongation.

Dans les dents de Delorme.

Caufield possède cette capacité de faire basculer un match en quelques secondes. Il peut traverser une période plus tranquille, entendre les critiques et se retrouver au cœur de l’action dès que l’occasion se présente.

C’est aussi ce qui explique pourquoi les partisans sont aussi protecteurs envers lui. Quand quelqu’un s’en prend à leur marqueur vedette, ils ne tardent pas à réagir, surtout lorsque celui-ci livre une performance pareille.

Delorme avait exprimé son opinion avant le match. Caufield lui a donné une réponse spectaculaire sur la glace. Depuis, les réseaux sociaux se chargent du reste.

Une critique sportive peut faire partie du jeu, mais Internet transforme parfois une opinion en procès public. Les réactions s’accumulent, les commentaires deviennent de plus en plus mécjants et la personne visée finit par se retrouver au centre d’une tempête qui dépasse largement la discussion initiale.

Delorme connaît pourtant les règles du métier. Il sait que les joueurs sont critiqués, que les analystes doivent parfois prendre des positions impopulaires et que les partisans ont le droit de contester les opinions exprimées à la radio ou à la télévision.

Mais il y a une différence entre accepter la controverse et devenir la cible d’une véritable avalanche de haine.

Le ton monte, les moqueries se multiplient, on le traite de "has been" et d'autres insultes qu'on ne peut répéter.

Il faut toutefois se rappeler une chose : Gilbert Delorme n’est pas un ennemi du Canadien. C’est un ancien joueur qui a consacré une partie de sa vie au hockey et qui exprime ses opinions avec la passion qui le caractérise.

Attention avant d'envoyer un homme au bûcher public.

Nos pensées sont avec lui en ce dimanche d'octobre.