Perte de patience: Frederik Andersen est tanné des médias québécois

Perte de patience: Frederik Andersen est tanné des médias québécois

David Garel
Le 2026-05-21

Frederik Andersen en a visiblement assez.

Depuis le début médiatique de cette finale de l’Est entre les Canadiens de Montréal et les Hurricanes de la Caroline, une bonne partie du discours médiatique au Québec tourne autour d’un même argument : le supposé maillon faible des Hurricanes se trouverait devant le filet.

Trop fragile. Trop inconstant. Trop marqué psychologiquement par ses années cauchemardesques avec les Maple Leafs de Toronto. Un gardien qui finirait, tôt ou tard, par craquer sous la pression. Et visiblement, le principal intéressé a tout entendu.

Cette fois, Andersen n’a pas simplement laissé les critiques glisser. Il a répliqué.

Et dans son message envoyé aux médias de la Caroline, il y avait une réalité claire : les médias québécois parlent d’un gardien qu’ils ne connaissent même plus.

Dans sa tête, ceux qui le critiquent continueraient de juger la version torontoise de Frederik Andersen. Celle d’un gardien qui traînait le poids immense d’un marché incapable d’accepter les échecs en séries, celle d’un joueur qui devait vivre avec une pression constante, un microscope braqué sur chacune de ses erreurs et une réputation de gardien incapable de livrer quand ça compte vraiment.

Mais Andersen insiste : ce gardien-là n’existerait plus.

Selon lui, la Caroline l’aurait complètement transformé, autant mentalement que personnellement. Il aurait appris à gérer la pression autrement, à retrouver du plaisir dans le hockey et, surtout, à redevenir solide psychologiquement après des années difficiles.

Lui-même reconnaît avoir traversé des périodes compliquées, y compris sur le plan mental et avec sa santé physique, mais il croit aujourd’hui être dans un tout autre état d’esprit.

Et franchement, quand on regarde les chiffres des présentes séries, difficile de dire qu’il n’a pas un point.

En huit matchs avant d’affronter les Canadiens de Montréal, Andersen affiche des statistiques tout simplement dominantes, avec une moyenne de buts alloués parmi les meilleures du circuit et un taux d’efficacité qui le place au top de la LNH.

8 victoires en 8, moyenne de buts alloués de 1,12 et pourcentage d'efficacité de 950. Comment demander mieux?

Pendant que plusieurs au Québec cherchaient déjà le point faible des Hurricanes, lui continuait simplement à gagner.

Pourtant, ici, plusieurs experts continuaient de croire que sa chute est imminente.

Sur les ondes du 98,5 Sports, Stéphane Waite, ancien entraîneur des gardiens des Canadiens de Montréal, n’a pas caché ses inquiétudes face au gardien danois.

Selon lui, Andersen a été horrible en saison régulière et risque d’être davantage exposé contre une équipe plus dangereuse offensivement.

Waite rappelle aussi qu’avec une moyenne de buts alloués de 3,05 et un taux d’efficacité de ,874 pendant la saison, le gardien des Hurricanes peut difficilement maintenir éternellement son rythme des séries.

Même chose du côté de Dany Dubé, Simon "le Snake" Boisvert et José Théodore, qui ont tous soulevé des doutes sur sa capacité à poursuivre sur cette lancée contre une équipe montréalaise beaucoup plus explosive émotionnellement et portée par l’énergie d’un parcours inattendu.

Mais Andersen, lui, semble presque nourri par ces critiques.

Son message était limpide : si son nom n’était pas associé aux Maple Leafs de Toronto, peut-être que le ton serait différent au Québec. Peut-être que les observateurs regarderaient davantage le gardien qu’il est devenu plutôt que le gardien qu’il était autrefois.

Au fond, donner du carburant mental à un gardien qui se sent personnellement attaqué, ce n’est pas toujours une bonne idée. Surtout quand ce gardien traverse possiblement le meilleur moment de sa carrière en séries.

Andersen n’a pas minimisé Jacob Dobes non plus, mais il a admis connaître très peu le jeune gardien des Canadiens de Montréal sur le plan psychologique.

“Je sais qu’il est bon”, aurait-il essentiellement laissé entendre, tout en ajoutant qu’il ne le connaissait pas suffisamment pour savoir comment il réagirait sous une pression de cette ampleur.

Encore une fois, un message subtil, mais cinglant : les séries changent tout, et le mental finit souvent par décider du reste.

Au Québec, plusieurs continuent de croire que Frederik Andersen redeviendra éventuellement le gardien fragile aperçu à Toronto.

Lui semble convaincu du contraire. Il croit être un homme différent, un gardien différent, et surtout un compétiteur qui n’a plus rien à voir avec celui que plusieurs aiment encore ridiculiser.

Attention : si les Canadiens de Montréal veulent l’ébranler, ils devront faire plus que ressortir les vieux fantômes torontois.

À entendre Andersen, ces fantômes-là seraient restés loin derrière, bien avant son arrivée en Caroline.