Mauvaise nouvelle pour les Canadiens de Montréal.
Mauvaise nouvelle aussi pour les Sabres de Buffalo.
Pendant que les deux équipes s’arrachent littéralement la tête dans une série qui promet déjà d’être longue, physique et émotionnellement épuisante, les Hurricanes de la Caroline, eux, sont déjà installés confortablement en finale de l’Association de l’Est.
Et ça change complètement le portrait.
Les Hurricanes viennent de balayer les Flyers de Philadelphie en quatre matchs avec une victoire de 3-2 en prolongation samedi soir.
Une autre démonstration de sang-froid. Une autre démonstration d’une machine parfaitement huilée. Huit victoires. Aucune défaite. Une fiche parfaite de 8-0 depuis le début des séries éliminatoires.
Seulement cinq équipes dans toute l’histoire de la LNH ont commencé un printemps avec huit gains consécutifs.
Les Hurricanes viennent d’entrer dans un territoire historique.
Pendant ce temps, Montréal et Buffalo sont encore au cœur d’une guerre qui risque d’être longue.
Et plus cette série s’étire, plus la Caroline sourit.
Imaginons simplement le scénario.
Si cette série Canadiens–Sabres se rend au septième match, le calendrier devient complètement fou : dimanche, mardi, jeudi, samedi, lundi.
Minimum dix jours de repos pour les Hurricanes.
Dans le hockey des séries, plusieurs aiment répéter qu’un trop long congé peut créer de la rouille. C’est une théorie qui revient chaque printemps.
Mais dans la vraie vie du hockey, avoir dix jours pour récupérer les bobos, analyser vidéo sur vidéo, observer chaque faiblesse de son futur adversaire et laisser souffler les corps amochés, c’est un luxe monumental.
Surtout pour une équipe qui semble déjà rouler à plein régime.
Frederik Andersen joue probablement le meilleur hockey de sa carrière en séries avec une moyenne de buts alloués ridicule et un pourcentage d’arrêts presque irréel.
Taylor Hall ressemble à un joueur transformé. Jackson Blake vient d’exploser offensivement. Logan Stankoven marque pratiquement à volonté.
Cette équipe n’a donné que dix buts en huit matchs.
Pendant que Montréal et Buffalo se frappent à coups de bâton, de mises en échec et de provocations, Rod Brind’Amour et son groupe vont tranquillement s’installer devant leur télévision.
Et observer.
Chaque système.
Chaque faiblesse.
Chaque blessure.
Chaque émotion.
Pour les Sabres, l’inquiétude est immense parce qu’ils jouent un style qui demande énormément d’énergie physique.
Jordan Greenway frappe tout ce qui bouge. Zach Benson joue comme un petit rat permanent. Tage Thompson semble déjà amoché physiquement. Lindy Ruff commence même à paniquer assez pour brasser ses unités d’avantage numérique après un seul mauvais match.
Le carburant finit par manquer rapidement dans une longue série.
Du côté montréalais, le portrait n’est pas plus rassurant.
Les Canadiens de Montréal jouent déjà au-dessus de leurs limites physiques depuis des semaines. Survivre contre le Lightning de Tampa Bay a laissé des traces.
La série contre Buffalo ressemble déjà à une bataille de rue. Josh Anderson joue amoché chaque printemps. Cole Caufield se fait cibler physiquement chaque soir au point de disparaître. Mike Matheson et Noah Dobson jouent blessés. Lane Hutson est surutilisé, tout comme Nick Suzuki.
Et au bout de ça?
Une Caroline reposée.
Une Caroline structurée.
Une Caroline qui n’a pas perdu un seul match depuis le début des séries.
Le plus fou dans tout ça, c’est que Montréal demeure probablement l’équipe que les Hurricanes veulent le moins affronter.
Les Canadiens de Montréal ont balayé la saison contre la Caroline avec une fiche parfaite de 3-0. Nick Suzuki et Cole Caufield leur ont fait mal offensivement. Ivan Demidov a trouvé de l’espace. Lane Hutson a créé des problèmes partout sur la glace. Jakub Dobeš a remporté ses trois départs.
Les Hurricanes savent très bien que le Canadien peut devenir leur pire casse-tête.
Mais ils savent aussi une chose importante : peu importe qui va survivre entre Buffalo et Montréal, cette équipe risque d’arriver usée mentalement et physiquement.
Et pendant ce temps, eux?
Ils seront assis à regarder le chaos.
Reposés.
Préparés.
Et tellement dangereux.
La Caroline a déjà un pied en finale de la Coupe Stanley. Pendant ce temps, Buffalo et Montréal vont se maganer.
Misère...
