La gestion des trios de Martin St-Louis ne tourne pas rond, et Alex Newhook vient d’en faire les frais de façon spectaculaire.
Pendant que tout le monde surveille le dossier Ivan Demidov, qui n’a toujours pas recommencé à patiner après plusieurs semaines d’absence, une autre situation mérite sérieusement qu’on s’y attarde : le traitement réservé à Newhook à l’entraînement de lundi.
Demidov devait manquer de deux à quatre semaines lorsque le Canadien a annoncé sa blessure. Demain, cela fera exactement quatre semaines.
Pourtant, le jeune Russe n’a toujours pas repris le patinage. Son retour ne paraît donc pas imminent, et l’organisation ne donne pas beaucoup de raisons de croire qu’il sera bientôt de retour dans l’alignement.
C’est une mauvaise nouvelle pour Montréal, qui perd une arme offensive importante au moment où l’équipe cherche encore à stabiliser ses combinaisons.
Mais pendant que Demidov reste à l’écart, c’est Alex Newhook qui a encaissé le coup à l’entraînement. Avec Nick Suzuki de retour sur le premier trio, Jake Evans conservant sa place au centre du deuxième et Kirby Dach toujours absent parce qu’il est malade, Newhook s’est retrouvé à l’aile du quatrième trio. Le Canadien a choisi de préserver ses autres combinaisons, notamment celle de Chris Kreider avec Evans et Josh Anderson et le trio ds Frenchies.

Sur le plan des exercices, on peut comprendre la logique. Sur le plan du message envoyé à Newhook, c’est une autre histoire.
Le pauvre Newhook n’a certainement pas mérité de se retrouver dans cette situation. Il a déjà été mêlé aux rumeurs de transaction entourant le Canadien, notamment dans les discussions sur Dylan Larkin.
Son nom a circulé comme un joueur que Montréal a inclus dans au moins deux offres soumises aux Red Wings de Détroit.
Depuis, chaque décision qui le fait reculer dans la hiérarchie repart la machine à rumeurs
Est-ce simplement une décision temporaire pour ne pas chambouler les trios? Ou Newhook est-il devenu une carte que Kent Hughes est prêt à jouer sur le marché des transactions?
Il faut regarder la situation avec les yeux d’un joueur. Tu arrives à l’entraînement, ton capitaine revient, un autre centre est absent, et plutôt que de te donner une occasion de monter dans la formation, on t’envoie sur le quatrième trio.
Pendant ce temps, Chris Kreider, invisibe depuis le début de la saison, demeure avec Evans et Anderson. Newhook a très bien pu comprendre qu’il n’était pas la priorité dans les plans du personnel entraîneur. Il l’a visiblement très mal pris, et on peut difficilement lui reprocher de se poser des questions.
Un joueur qui veut contribuer et qui se retrouve soudainement relégué dans les dernières combinaisons ne va pas applaudir la décision.
Le plus délicat, c’est que les rumeurs de transaction donnent une autre dimension à cette situation. Quand un joueur voit son nom associé à des scénarios d’échange, puis qu’il se retrouve dans un rôle nettement inférieur à l’entraînement, il peut commencer à se demander si son avenir à Montréal est réellement assuré.
Plusieurs partisans peuvent maintenant se demander si Newhook n’est pas devenu la fameuse carte cachée du Canadien dans les négociations.
Il possède de la vitesse, de l’expérience dans la LNH et un profil qui pourrait intéresser une autre organisation. Il pourrait donc servir à compléter une transaction majeure, particulièrement si Montréal cherche à mettre la main sur un joueur d’impact.
Mais la possibilité existe, et son nom a déjà été évoqué dans les discussions entourant Larkin. Si Hughes prépare une grosse opération, Newhook pourrait faire partie des joueurs sacrifiables aux yeux de la direction.
Surtout que son contrat de 4 ans et 4,5 M$ par année ne contient aucune clause de nnon-échange.
Pendant ce temps, le dossier David Reinbacher ajoute une autre couche aux décisions difficiles de l’organisation. Le défenseur avait été renvoyé dans la Ligue américaine après avoir disputé son premier match de la saison avec Montréal, mais le CH ne veut aucunement le rappeler.
Adam Engström et Arber Xhekaj jouent bien, ce qui explique en partie pourquoi le Canadien ne souhaite pas modifier sa brigade défensive.
Mais le message envoyé à Reinbacher est clair : il doit continuer à progresser à Laval avant de réclamer une place permanente dans la LNH. Montréal préfère miser sur les défenseurs qui sont déjà en place plutôt que de forcer son développement.
Pour un 5e choix au total de 22 ans, disons que le portrait est triste comme jamais.
Surtout avec Matvei Michkov en feu. (8 buts à ses 8 derniers matchs).
En attendant, ça brasse à Montréal. Suzuki est de retour, Dach devrait éventuellement être disponible (et envoyé dans les gradins) et les places dans l’alignement vont se faire rares.
Owen Beck et Florian Xhekaj devront défendre leur poste, mais Newhook devra lui aussi retrouver sa place dans la hiérarchie. Après avoir été associé aux rumeurs de transaction, le voir commencer aussi bas dans les combinaisons n’a rien de rassurant.
Le Canadien traverse une période où plusieurs décisions semblent envoyer des messages contradictoires à ses joueurs.
Demidov ne patine toujours pas, Reinbacher reste à Laval malgré les besoins à la droite de la défense et Newhook se retrouve sur le quatrième trio après avoir été mentionné dans des scénarios d’échange.
À Montréal, on peut parler de simples décisions d’entraînement. Dans le vestiaire, ces décisions sont vécues par de vrais joueurs qui cherchent à comprendre quelle place ils occupent dans les plans de l’organisation.
Et dans le cas de Newhook, il y a de bonnes raisons de croire que le message est très mal passé.
Juste à voir son visage à l'entraînement, il avait envie de tout casser.
