L’élimination du Canadien de Montréal en cinq matchs face aux Hurricanes de la Caroline continue de faire réagir partout au Québec.
Plus les heures avancent, plus une question revient dans les discussions : Martin St-Louis aurait-il dû secouer davantage son alignement avant qu’il ne soit trop tard?
Pour plusieurs observateurs, la réponse est oui.
Parmi les critiques les plus directes, celles de Norman Flynn ont retenu l’attention.
Lors de son passage à L’Antichambre, l’ancien entraîneur n’a pas attaqué Martin St-Louis personnellement. Son message visait plutôt sa gestion de série et son manque d’ajustements alors que les Hurricanes imposaient leur rythme match après match.
Selon Flynn, le Canadien n’a pratiquement jamais changé sa recette malgré quatre défaites consécutives.
Le constat est difficile à contester.
Martin St-Louis a-t-il manqué le bateau en n'apportant aucun changement à la formation des Canadiens face aux Hurricanes? pic.twitter.com/W6ZFarNXA4
— L'Antichambre (@Antichambre) May 30, 2026
La Caroline dominait territorialement.
La pression en échec avant étouffait les sorties de zone du CH.
Les trios montréalais avaient de la difficulté à générer de l’attaque.
Pourtant, l’alignement demeurait essentiellement identique.
Flynn croit que cette situation démontre aussi une réalité souvent oubliée lorsqu’on parle du Canadien.
Les joueurs apprennent.
L’entraîneur aussi.
« Je ne blâme pas Martin Saint-Louis, il apprend », a expliqué Flynn.
Une phrase qui fait énormément jaser aujourd’hui.
Depuis deux ans, le discours entourant le Canadien tourne constamment autour du développement des jeunes joueurs. Lane Hutson découvre la LNH. Juraj Slafkovsky poursuit son apprentissage. Ivan Demidov s’apprête à faire le saut à temps plein.
Mais derrière le banc, Martin St-Louis vit lui aussi ses premières grandes batailles éliminatoires comme entraîneur-chef.
Flynn estime que cette expérience laissera des traces positives à long terme, mais il croit que certaines leçons ont été apprises à la dure contre Rod Brind’Amour.
L’ancien entraîneur a notamment souligné un aspect précis de la série.
Selon lui, les ajustements doivent parfois être effectués pendant le match et non seulement après.
Pendant une bonne partie de la saison, Martin St-Louis répétait souvent qu’il allait revoir les séquences vidéo avant d’apporter des correctifs.
En séries éliminatoires, tout va beaucoup plus vite.
Les réponses doivent parfois arriver immédiatement.
Les Hurricanes l’ont démontré.
Après le premier match, la Caroline a effectué plusieurs ajustements tactiques et le Canadien n’a jamais réussi à reprendre le contrôle de la série.
C’est précisément ce qui dérange Flynn.
Même lorsque les résultats ne changeaient pas, Montréal revenait avec une formation pratiquement identique.
L’absence de Brendan Gallagher et d’Arber Xhekaj est rapidement devenue un sujet de débat à travers la province.
Personne ne peut affirmer avec certitude qu’un retour de Gallagher ou du Shérif aurait changé l’issue de la série.
Cette réponse, personne ne l’aura jamais.
Par contre, plusieurs se demandent encore pourquoi aucun électrochoc n’a été tenté alors que le club donnait l’impression de manquer d’énergie et de fraîcheur.
Norman Flynn partage visiblement cette réflexion.
Changer un trio.
Modifier un duo défensif.
Insérer un vétéran.
Ajouter de la robustesse.
Créer une réaction.
Toutes ces options étaient disponibles.
Aucune n’a été utilisée.
La critique devient donc inévitable aujourd’hui.
Cela ne change rien à l’excellente progression du Canadien cette saison.
Personne n’aurait prédit une présence en finale de l’Association de l’Est il y a quelques mois.
Mais cette élimination rappelle aussi que le développement ne concerne pas uniquement les joueurs.
Martin St-Louis a énormément grandi derrière le banc depuis son arrivée à Montréal.
Cette série contre la Caroline lui laissera probablement plusieurs enseignements importants pour la suite.
Une chose demeure certaine : lorsque ton équipe perd quatre matchs de suite et que la recette reste la même du début à la fin, les questions finissent toujours par arriver.
Et au Québec, Norman Flynn vient de poser celles que plusieurs partisans se posent encore ce matin.
