Conférence de presse ridicule: Martin St-Louis ne veut pas s’inspirer de Rob Brind'Amour

Conférence de presse ridicule: Martin St-Louis ne veut pas s’inspirer de Rob Brind'Amour

David Garel
Le 2026-05-30

Le plus inquiétant dans lÉlimination du CH, ce n’est même pas le fait que les Hurricanes de la Caroline aient complètement étouffé le club pendant pratiquement toute la série.

Le vrai malaise, il est aussi dans la façon dont Martin St-Louis a traversé cette catastrophe sans jamais vraiment être confronté.

Où étaient les vraies questions?

Sérieusement.

À quel moment un journaliste s’est levé pour demander pourquoi il n’y a eu pratiquement aucun ajustement pendant quatre matchs?

À quel moment quelqu’un lui a demandé pourquoi Brendan Gallagher n’a jamais eu droit à un dernier combat dans l'uniforme du CH alors que l’équipe manquait visiblement d’émotion, d’énergie et de caractère?

À quel moment quelqu’un a demandé pourquoi Arber Xhekaj est resté dans les gradins pendant qu’on regardait Kaiden Guhle tenter de survivre blessé et qu’on se faisait intimider physiquement soir après soir et que Jayden Struble jouait comme un défenseur de la ligue améircaine?

Silence radio.

On a eu droit aux mêmes questions prudentes, aux mêmes formulations confortables, aux mêmes portes grandes ouvertes pour permettre à Martin St-Louis de répéter les mêmes réponses : apprendre, grandir, expérience, progression, identité.

« Tu ne grandis pas sans vivre de l’inconfort. Te faire étirer mentalement et physiquement pendant sept semaines, c’est une belle occasion de grandir », a-t-il affirmé après l’élimination.

Oui, apprendre fait partie du processus. Oui, cette expérience va servir au noyau des Canadiens de Montréal. Mais à quel moment quelqu’un lui a demandé si le temps de l’apprentissage devait aussi passer par des ajustements concrets derrière le banc?

Quand ton équipe est incapable de générer de l’attaque, quand elle se fait étouffer match après match, quand elle perd pratiquement toutes les batailles à un contre un, la discussion ne peut pas seulement tourner autour de la croissance du groupe.

Encore une fois, personne ne lui a demandé pourquoi il n’avait jamais vraiment changé sa recette.

St-Louis a pu revenir à ses grands thèmes : « Je suis fier du groupe », « Je suis content qu’on ait vécu ça », « Ces matchs-là, on ne peut pas les imiter ».

Mais où était la question simple : pourquoi avoir continué avec exactement le même alignement?

Pendant ce temps, les Hurricanes roulaient leurs quatre trios, imposaient leur rythme, forçaient les erreurs, contrôlaient chaque centimètre de glace et donnaient une véritable leçon de hockey collectif aux Canadiens de Montréal.

Martin St-Louis, lui, a continué avec le même alignement. Les mêmes combinaisons. Les mêmes décisions. Les mêmes joueurs surutilisés. Aucun changement de philosophie. Aucun sentiment d’urgence visible derrière le banc. Et personne ou presque n’a semblé vouloir le confronter sérieusement là-dessus.

Le paradoxe devient difficile à ignorer. Depuis des mois, plusieurs journalistes traitent Martin St-Louis comme une figure presque intouchable.

On analyse ses réponses. On admire sa vision. On parle de sa pédagogie. Mais après une série où ton équipe se fait étouffer du début à la fin, où tu refuses pratiquement toute adaptation, où tu maintiens les mêmes choix malgré les résultats, les questions devraient devenir plus difficiles.

Pourquoi ne pas avoir tenté autre chose? Pourquoi refuser de secouer le groupe? Pourquoi rester aussi fidèle à une formule qui ne fonctionnait plus? Pourquoi ne jamais avoir essayé de casser le rythme imposé par la Caroline?

Le plus dérangeant, c'est qu'il a pratiquement fermé la porte à toute inspiration venant de Rob Brind'Amour.

« Il n’y a pas qu’une seule façon de gagner ».

: « On cherche encore un peu notre identité, mais avec les jeunes joueurs talentueux qu’on a, la façon dont on veut jouer est claire. »

Pardon? Tu cherches ton identité en finale de conférence?

Pour admettre enfin que les Hurricanes étaient supérieurs dans les détails.

« On pouvait voir que c’était une équipe d’expérience par les détails dans leur jeu. C’est ce que ça nous prend ».

Ce que ça te prend, pendant quatre matchs?

À Montréal, on aime dire que le marché est exigeant. Que la pression médiatique est unique. Pourtant, dans ce dossier précis, on a parfois eu l’impression inverse.

Comme si plusieurs avaient peur d’aller dans l’inconfort avec Martin St-Louis. Comme si le grand héros québécois bénéficiait d’un coussin que plusieurs entraîneurs avant lui n’ont jamais eu.

La vérité, c’est qu’un entraîneur aussi aimé soit-il ne devrait jamais être au-dessus des vraies questions.

Surtout après une série honteuse comme celle qui vient de passer sous nos yeux.