Rejet public: Steven Stamkos envoie promener Pierre Lebrun

Rejet public: Steven Stamkos envoie promener Pierre Lebrun

Par David Garel le 2026-02-27

On vient d’assister à quelque chose qu’on ne voit pratiquement jamais dans la LNH moderne : une superstar qui corrige publiquement, frontalement, un journaliste de l’envergure de Pierre LeBrun.

On ne parle pas d'un blogueur. On ne parle pas d'un insider secondaire.

On parle de Pierre LeBrun. Une référence. Une institution. Un des journalistes les plus respectés et branchés du hockey nord-américain depuis plus de vingt ans. Et Steven Stamkos vient littéralement de dire que son information était fausse.

La séquence est renversante.

LeBrun avait rapporté que Stamkos pourrait être prêt à lever sa clause de non-mouvement pour trois équipes précises : le Lightning, les Stars et le Wild. Certains murmuraient même que les Devils pouvaient faire partie du portrait.

Immédiatement, la machine à rumeurs s’est emballée. Montréal n’était pas dans la liste. Donc, conclusion rapide : Stamkos ne voudrait pas du Canadien.

Sauf que voilà.

Dans une entrevue rapportée par Alex Daugherty, Stamkos a démenti catégoriquement. Pas à moitié. Pas en langage diplomatique. Pas en laissant une porte entrouverte. Il a dit qu’il n’a eu « zéro » discussion avec Barry Trotz concernant une transaction et qu’il n’a aucune intention de lever sa clause de non-mouvement. Aucune. Il a ajouté qu’il aime être à Nashville et que le groupe veut rester ensemble.

C’est énorme.

Parce que ce n’est pas juste un joueur qui calme le jeu. C’est un joueur qui envoie un message clair : ce qui circule ne vient pas de lui.

Et là, il faut comprendre une chose fondamentale : c’est extrêmement rare qu’un journaliste du calibre de Pierre LeBrun se fasse publiquement contredire de cette façon.

On parle d’un insider qui valide ses informations, qui protège ses sources, qui ne sort pas des choses à la légère. Dans ce milieu-là, les démentis existent, mais ils sont généralement plus flous, plus politiques. Là, c’est direct.

Alors la question devient : pourquoi Stamkos est-il aussi ferme?

D’abord, il trouve inacceptable qu’on insinue qu’il ne voudrait pas jouer pour Montréal. Ça, c’est majeur. Il respecte Martin St-Louis au plus haut point. Leur relation est réelle, profonde, construite à Tampa. Insinuer qu’il aurait exclu le Canadien revient à suggérer qu’il fermerait la porte à son ancien coéquipier et mentor. Ça, visiblement, il ne l’accepte pas.

Ensuite, il y a l’autre élément : l’idée qu’il voudrait quitter Nashville. Là aussi, il a été clair. Il veut faire les séries. Il veut jouer des matchs significatifs.

Les Predators sont encore dans la course. Pas largués. Pas morts. À deux points d’une place en séries. Dans sa tête, il n’est pas en train de demander la sortie de secours. Il est en train de pousser son équipe vers le printemps.

Et ça, ça change la narration.

Parce que si Stamkos dit vrai et en se positionnant aussi fermement, il sait très bien qu’il s’expose à l’accusation d’hypocrisie s’il est échangé la semaine prochaine, alors la dynamique devient complètement différente.

On n’est plus dans un joueur qui manœuvre pour rejoindre un contender. On est dans un vétéran de 36 ans qui protège son vestiaire et qui refuse d’alimenter un cirque médiatique.

Mais soyons lucides : on est à une semaine de la date limite.

Dire aujourd’hui qu’il n’y a « zéro » chance de lever sa clause, c’est une déclaration lourde. Très lourde. Si dans cinq jours il accepte une transaction, l’image sera écornée. Il le sait. C’est pour ça que sa sortie est si puissante. Elle n’est pas improvisée. Elle est calculée. Elle vise à tuer la rumeur.

Maintenant, il y a un autre facteur à considérer : le contexte organisationnel à Nashville. Barry Trotz a annoncé qu’il quittera son poste.

Un changement de direction est imminent. Dans ce genre de climat, un DG sortant peut choisir d’y aller mollo et de laisser le prochain homme décider du sort des dossiers explosifs. Stamkos le sait. Peut-être que malgré tout, le téléphone sonne. Peut-être que des équipes appellent. Mais publiquement, il trace une ligne.

Et c’est là que Montréal revient dans le portrait.

Parce que contrairement à ce que plusieurs ont interprété, rien dans la sortie de Stamkos ne ferme la porte au Canadien.

Au contraire. En niant qu’il aurait une liste fermée de trois équipes, il enlève l’idée qu’il exclurait certains marchés. Il ne dit pas qu’il veut partir. Il ne dit pas qu’il veut Montréal. Il dit qu’il veut rester.

Ce qui est très différent.

Ce dossier devient donc beaucoup plus nuancé que la rumeur initiale. Ce n’est plus « Stamkos veut quitter Nashville pour trois équipes spécifiques ». C’est « un journaliste a rapporté une possibilité, et le joueur la nie fermement ».

Et dans toute cette séquence, ce qui marque, c’est la stature de l’événement. Voir Pierre LeBrun être publiquement contredit de cette façon, c’est rarissime.

Ça secoue le microcosme médiatique. Ça soulève des questions sur la source initiale. Ça rappelle aussi que même les insiders les plus respectés peuvent se faire utiliser par des agents, des dirigeants ou des dynamiques internes.

En bout de ligne, une chose est certaine : Steven Stamkos n’est pas un joueur en train de faire ses valises en silence. Il est un vétéran fier, qui vient de défendre son nom, son engagement et son vestiaire. Est-ce que ça garantit qu’il finira la saison à Nashville? Non. Dans la LNH, rien n’est garanti.

Mais une chose est claire : s’il quitte, ce ne sera pas parce qu’il aura publiquement orchestré son départ. Et s’il reste, il aura prouvé qu’il ne fuit pas la tempête.

Et dans tout ça, Montréal n’est peut-être pas exclu.

Il n’a jamais dit le contraire.