Le scandale entourant Jonathan Huberdeau prend une tournure malaisante.
Le directeur général des Flames de Calgary, Craig Conroy, vient carrément de s’excuser publiquement auprès de son joueur.
Il reconnaît qu’il n’aurait jamais dû employer les mots qu’il a utilisés quelques jours plus tôt.
Alors que Jonathan Huberdeau tente de revenir d’une importante opération à la hanche, Conroy avait laissé entendre que le Québécois avait subi un « recul » dans son processus de réadaptation.
Immédiatement, l’inquiétude avait explosé. Une rechute? Un problème physique supplémentaire? Une complication? À 33 ans, avec une opération majeure et une carrière déjà en difficulté, les mots du directeur général avaient fait très peur.
Mais voilà que Craig Conroy recule maintenant.
Dans une entrevue avec le journaliste Eric Francis, le DG des Flames a reconnu que ses propos étaient un mauvais choix de mots.
« C’était un mauvais choix de mots de ma part. Ce n’est pas qu’il y a eu un recul. C’était plutôt l’espoir que j’avais qu’il soit prêt pour le camp. Ce que je voulais dire, c’est que c’était un recul dans le sens où il ne sera probablement pas prêt pour la première journée du camp. C’est là que j’ai fait mon erreur. » (voir la suite du scandale après la déclaration du DG).

Ouf.
Imaginez Jonathan Huberdeau.
Le gars est tranquillement en train de récupérer d’une opération à la hanche. Toute la planète hockey commence à se demander si sa carrière est en danger. Les médias parlent d’une rechute. Les partisans paniquent. Et tout cela parce que son propre directeur général a utilisé le mauvais mot.
Une véritable catastrophe de communication.
Pendant quelques jours, le cauchemar de Jonathan Huberdeau a pris une dimension encore plus inquiétante. Sa situation à Calgary était déjà suffisamment difficile sans que son directeur général ajoute de l’incertitude concernant son état physique.
Et il faut rappeler dans quel contexte Huberdeau se retrouve aujourd’hui.
Son arrivée à Calgary devait représenter le début d’une nouvelle ère.
Les Flames venaient de perdre Matthew Tkachuk. En retour, ils avaient obtenu Jonathan Huberdeau, qui sortait d’une saison absolument phénoménale avec les Panthers de la Floride.
115 points.
L’un des meilleurs fabricants de jeux de toute la LNH.
Une véritable superstar.
Calgary avait donc décidé de sortir le chéquier.
Huit ans.
84 millions de dollars.
10,5 millions de dollars par année.
Le contrat devait faire de Jonathan Huberdeau le visage de l’organisation.
Aujourd’hui, cette entente ressemble à un immense boulet financier.
Huberdeau n’a jamais réussi à retrouver son niveau de la Floride. Il n’a jamais dépassé la barre des 62 points depuis son arrivée chez les Flames. La saison dernière, avant que son année ne soit interrompue par sa blessure et son opération, il n’avait récolté que 25 points en 50 rencontres.
Pour un joueur payé 10,5 millions de dollars par saison, la situation donne mal au cœur.
Alors, lorsqu’on a entendu Craig Conroy parler d’un possible « recul », tout le monde pensait qu’il allait annoncer sa retraite.
Certains accusent le DG d’avoir voulu influencer le pauvre Québécois à prendre sa retraite.
Calgary est encore lié à Huberdeau jusqu’en 2031. Tout le monde voudrait qu’il aille sur la liste des blessés à long terme, pour que les assurances payent son salaire immonde et qu’il ne compte pas sur la masse salariale.
Craig Conroy s’est excusé, mais son erreur démontre également à quel point la situation est devenue toxique entre le joueur et Calgary.
Chaque mot concernant Jonathan Huberdeau pue au nez.
Le Québécois vit déjà sous une pression immense à cause de son contrat et de sa carrière qui a “choké”.
Il n’avait certainement pas besoin que son propre directeur général laisse croire publiquement qu’il était proche d’accrocher ses patins.
Pauvre gars…
