C’est peut-être la plus grosse déception des dernières heures pour les partisans du Canadien de Montréal.
Pendant des semaines, le nom de Matthew Knies a alimenté les rumeurs de transactions. Son profil faisait rêver plusieurs équipes, dont le Canadien. Un ailier de puissance de 6 pieds 3 pouces capable de jouer un hockey robuste, de marquer des buts et de dominer le long des rampes. Exactement le type de joueur que Kent Hughes cherche à ajouter à son noyau.
Mais voilà que le réputé informateur Andy Strickland vient pratiquement fermer le dossier.
« L’attente est que Matthew Knies demeure un Maple Leaf de Toronto. Le prix pour l’obtenir est extrêmement élevé. John Chayka a clairement indiqué à Knies qu’aucune discussion n’a été suffisamment avancée pour laisser croire qu’il était près d’être échangé. »
Cette déclaration confirme ce que plusieurs commençaient déjà à comprendre.
Toronto n’avait jamais réellement l’intention de liquider son jeune attaquant. Les Maple Leafs étaient prêts à écouter, oui, mais seulement si une équipe acceptait de payer un prix complètement démesuré.
Et ce prix était tout simplement hallucinant.
Les Blackhawks de Chicago ont rapidement compris le message lorsque Toronto aurait exigé le quatrième choix au total du dernier repêchage, en plus d’un espoir de premier plan comme Frank Nazar ou Anton Frondell.
Chicago s'est ravisé et a envoyé le 4e choix au total à Buffalo pour Bowen Byram.
San Jose aurait également reçu une demande similaire, les Maple Leafs réclamant le deuxième choix au total dans certaines discussions.
Dans une autre offre, les Leafs ont demandé le 9e choix au total et le défenseur "stud" Sam Dickinson.
Ridicule.
Toronto évaluait Matthew Knies comme un actif ayant la valeur d’un choix top-5 au repêchage et d'un prodige.
Ce qui est complètement fou dans cette histoire, c’est que Matthew Knies est passé à quelques signatures d’être échangé.
On sait maintenant que Dallas et Seattle avaient complété une transaction majeure impliquant Jason Robertson alors que le 7e choix au total prenait le chemin de Dallas.
Les Stars avaient donné la permission au Kraken de négocier une entente avec leur vedette. Seattle est même allé jusqu’à déposer une offre monstre de huit ans évaluée à environ 15 millions de dollars par saison.
Robertson a refusé.
Et ce refus a fait s’écrouler un véritable effet domino à travers la LNH.
Pourquoi? Parce que le septième choix au total, qui devait prendre la direction de Dallas dans cette transaction, devait ensuite servir de pièce maîtresse dans une autre négociation avec Toronto pour Matthew Knies.
Les Stars et les Leafs s'étaient entendus pour envoyer Knies à Dallas, alors que le 7e choix au total et un joueur établi prenait le chemin de Toronto.
Knies est passé à deux doigts de devenir un membre des Stars. Une seule signature manquante a finalement fait dérailler toute la séquence.
Si Robertson acceptait 120 millions sur 8 ans, Matthew Knies débarquait au Texas.
Cette saga confirme surtout une chose : John Chayka ne voulait pratiquement pas de simples choix de première ronde. Ce qu’il recherchait, c’était un véritable actif de calibre top-10. C’est exactement pourquoi le septième choix obtenu de Seattle devenait si précieux dans une éventuelle transaction avec Dallas.
Et cela permet aussi de mieux comprendre pourquoi les discussions avec le Canadien n’ont jamais véritablement décollé.
À la date limite des transactions, Montréal avait présenté une offre importante pour Knies: Alexander Zharovsky, deux choix de première ronde et Bryce Pickford. Sur papier, l’offre était loin d’être ridicule.
L'ex-DG Brad Treliving avait accepté l'offre, mais a soumis le courriel de la transaction à la LNH une minute trop tard (15h01 à la place de 15h).
Aujourd'hui, le nouveau DG John Chayka voulait absolument un choix top-10.
Même si Michael Hage possède aujourd’hui une valeur énorme aux yeux de plusieurs recruteurs, il demeure un choix effectué à l’extérieur du top-10. Pour égaler ce que recherchait Toronto, Kent Hughes aurait probablement dû construire une offre autour de Michael Hage en plus du 28e choix au tota afin de recréer une valeur comparable à celle d’un véritable choix top-10.
Et cela n'aurait même pas été assez. Chayka aurait eu le culot de demander Hage ET Zharovsky,
Ouch.
Les événements des dernières heures démontrent donc que le prix de Matthew Knies n’a jamais baissé.
Au contraire.
Plus les équipes appelaient, plus John Chayka faisait monter les enchères. Et lorsque Dallas a failli mettre la main sur un septième choix au total grâce à Jason Robertson, Toronto croyait enfin avoir trouvé le type d’actif qu’il réclamait depuis le tout début.
Le refus de Robertson a tout fait tomber.
Et, du même coup, les espoirs de plusieurs équipes de mettre la main sur Matthew Knies puisqu'il a été retiré du marché des transactions.
De toute façon, il devenait presque impossible pour le Canadien de Montréal de demeurer dans la course.
Kent Hughes possède plusieurs excellents espoirs, mais il n'était prêt à sacrifier Michael Hage ou à hypothéquer une partie importante de son avenir pour satisfaire les exigences des Maple Leafs.
Et cette nouvelle confirme également une autre tendance qui se dessine depuis 24 heures.
Alexander Zharovsky ne serait plus disponible sur le marché des transactions selon le directeur du recrutement, Nick Bobrov.
Voilà maintenant que Matthew Knies disparaît lui aussi de la liste des cibles réalistes.
Le marché continue donc de se refermer.
Les plus gros noms deviennent pratiquement inaccessibles les uns après les autres, forçant le Canadien à explorer d’autres avenues pour améliorer son attaque.
Kirill Marchenko demeure toujours l’un des dossiers les plus intrigants sur le marché des transactions, tandis que d’autres options comme Vincent Trocheck ou Mason Marchment (agent libre) continuent également d’être surveillées.
Une chose est certaine.
Les partisans du Canadien devront officiellement rayer Matthew Knies de leur liste de souhaits.
L’un des joueurs les plus convoités de toute la LNH devrait finalement poursuivre sa carrière… à Toronto.
On va pouvoir continuer à le détester.
